L’économie marocaine doit croître d’au moins 3,6% par an pour inverser la courbe du chômage (étude)
Malgré les efforts déployés, l’économie marocaine peine à créer suffisamment d’emplois pour absorber l’offre de travail, qu’il s’agisse des actifs en quête d’insertion ou des nouveaux arrivants sur le marché. Cette incapacité met en lumière un profond désajustement entre la dynamique de croissance et la capacité d’absorption de l’emploi.
Créer de l’emploi ne relève pas d’un mécanisme autonome. Il s’agit, avant tout, d’une retombée de la croissance économique. Or, au Maroc, de nombreuses études ont mis en lumière la faible élasticité emploi-croissance, c’est-à-dire la faible capacité de l’économie à transformer la croissance du PIB en opportunités d’emplois.
Une étude récente du Policy Center for the New South chiffre cette élasticité à seulement 0,23. Autrement dit, une hausse de 1% du PIB réel ne génère en moyenne qu’une progression de 0,23% de l’emploi. Ce ratio, relativement faible, est insuffisant pour répondre aux besoins démographiques et sociaux du pays.
Dans ce contexte, une étude publiée le 23 avril 2025 dans la revue "Applied Economics Letters" apporte un éclairage quantitatif utile. Intitulée "Required economic growth for job creation : application to some MENA countries", cette étude, signée par l’économiste El Mostafa Bentour, enseignant-chercheur à l’Université Grenoble Alpes, estime, pour plusieurs pays de la région MENA, le seuil de croissance réelle minimale à partir duquel une économie parvient à réduire durablement son taux de chômage, en créant suffisamment d’emplois pour absorber la progression de la population active.Au Maroc, la croissance réelle minimale permettant de faire baisser le chômage est estimée à 3,6 %Pour le Maroc, ce seuil de croissance est estimé à 3,6%. Cela signifie que ce n’est qu’au-delà de cette croissance que le tissu économique marocain est susceptible de générer un volume d’emplois suffisant pour absorber les flux d’entrants sur le marché du travail tout en réduisant progressivement le stock de chômeurs. Une croissance inférieure à ce seuil n'aurait donc, selon l’étude, qu’un effet limité, voire nul, sur la résorption du chômage.
L’analyse distingue également des sous-périodes pour le cas marocain. Entre 1996 et 2006, avec une croissance moyenne de 4,8%, supérieure au seuil de 3,6%, le chômage a connu une baisse significative, passant de 15,5% à 9,7%. La tendance s’est poursuivie entre 2007 et 2011, bien que de manière plus modérée.
En revanche, sur la période 2012-2019, la croissance moyenne est retombée à 3,2%, en deçà du seuil critique, ce qui s’est accompagné d’une remontée du chômage.
De même, la croissance économique réelle entre 2019 et 2024 a atteint son pic en 2023 avec 3,4%, en excluant le rebond mécanique de 2021 consécutif à l’année 2020 marquée par la pandémie de Covid-19. Une telle croissance, de 3,4%, reste inférieure au seuil minimal requis, ce qui explique pourquoi le taux de chômage a continué de se creuser au cours des cinq dernières années.
À découvrir
à lire aussi
Article : Maroc-Canada : Ouahbi assume le statut de “prétendant”, Marsch refuse de réduire le match au 3-0
Après la qualification marocaine pour les quarts, les deux sélectionneurs ont livré deux lectures opposées du huitième de finale : côté marocain, la maîtrise retrouvée après la pause et l’ambition d’aller plus loin ; côté canadien, le sentiment d’avoir dominé longtemps avant de céder sur les détails.
Article : Coupe du monde 2026. Le Maroc en quart pour la deuxième fois de son histoire (3-0)
Après un premier acte tendu et angoissant, l’équipe nationale s’est difficilement sortie du piège tendu par les Canadiens grâce à un doublé d’Azzedine Ounahi et une réalisation signée Soufiane Rahimi, ce samedi 4 juillet à Houston. Le Maroc affrontera en quart, jeudi 9 juillet, le vainqueur du huitième opposant, la France au Paraguay.
Article : Croisières : Celestyal ajoute Casablanca et Tanger à ses itinéraires d’hiver
Le programme “Mediterranean Odyssey” prévoit deux départs de Barcelone, les 5 et 19 décembre 2026, pour un circuit de 14 nuits à bord du Discovery, entre Malaga, Gibraltar, Cadix, Lisbonne, Valence, Palma de Majorque et Sète.
Article : Maroc-Allemagne : avant son 30e anniversaire, l’AHK renouvelle ses instances
À Casablanca, l’assemblée générale du 29 juin a confirmé Mehdi El Boury à la présidence de la Chambre. La direction générale passe, depuis le 1er juillet, de Katharina Felgenhauer à Silke Kunstreich, tandis que l’ancien président Mazen Sowan est nommé président d’honneur.
Article : Jeunesse : coup d’envoi des colonies de vacances 2026 à Bouznika
Organisée sous le thème “Les colonies éducatives, une nouvelle vision pour construire la vie”, l’édition 2026 du programme national de camping doit bénéficier à 210.000 enfants et jeunes, avec un dispositif élargi aux séjours fixes, de proximité, thématiques et itinérants.
Article : Maroc-Canada : Ouahbi reconduit son onze-type, Halhal remplace Riad en défense
À Houston, les Lions de l’Atlas s’appuieront sur leurs cadres pour tenter de poursuivre leur parcours face au pays coorganisateur.