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GITEX 2025

Orange accélère sur l’inclusion financière en Afrique à travers le mobile money et les services digitaux

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À l’occasion du GITEX Africa 2025, Médias24 s’est entretenu avec Jérôme Hénique, directeur général d’Orange Afrique et Moyen-Orient. Il revient sur les leviers d’accélération de l’inclusion financière, les spécificités du marché marocain et les nouvelles frontières des services digitaux : du microcrédit à l’assurance, en passant par les paiements QR code.

Orange accélère sur l’inclusion financière en Afrique à travers le mobile money et les services digitaux
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Le 15 avril 2025 à 18h44 | Modifié 17 avril 2025 à 22h26

Présent au GITEX Africa 2025, Orange met en avant son rôle croissant dans l’inclusion financière sur le continent. Depuis plus de quinze ans, l’opérateur déploie des services financiers à travers le mobile money.

Dans un contexte où les inégalités d’accès persistent entre zones rurales et urbaines, entre pays à forte ou faible bancarisation, Orange capitalise sur son réseau, la puissance de sa marque et sur des partenariats avec les fintechs, les banques et les assureurs pour bâtir un écosystème multiservice.

À la tête de cette stratégie pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Jérôme Hénique détaille pour Médias24 les grandes orientations du groupe, les freins à lever et les innovations en cours pour accélérer la digitalisation financière du continent.

Médias24 : Quels sont, selon vous, les leviers les plus efficaces pour accélérer cette inclusion financière à grande échelle ?

Jérôme Hénique : Il faut d'abord reconnaître que les opérateurs télécoms ont accompli un travail remarquable depuis une vingtaine d'années. Tout a commencé au Kenya avec M-Pesa. Chez Orange, nous avons lancé nos premières offres de mobile money en Côte d'Ivoire en 2008, il y a donc dix-sept ans, dans le but de favoriser l'inclusion financière, partant du constat que moins de 30% des populations en Afrique subsaharienne avaient accès à un compte bancaire.

L’objectif était de permettre, grâce au téléphone mobile, de disposer d’un équivalent de compte de dépôt pour stocker son argent de manière sécurisée, effectuer des paiements et des transferts de personne à personne.

Le bilan 2024 de la GSMA, l’Association mondiale des opérateurs télécoms, montre qu’il y avait, à la fin 2024, plus de 500 millions de comptes mobile money actifs dans le monde, dont 165 millions en Afrique subsaharienne. Cette région est aujourd’hui le cœur du mobile money.

Orange est fier de compter 40 millions d’utilisateurs actifs mensuels d’Orange Money parmi ces 165 millions

Ces clients utilisent le service pour déposer, retirer de l’argent, transférer des fonds et effectuer des paiements. Le marché évolue de plus en plus vers le règlement de factures – eau, électricité et télécoms – mais également vers les paiements auprès des commerçants, y compris informels, dans les marchés. Cela renforce l’inclusion financière et participe à la digitalisation du continent.

- Quels sont, selon vous, les principaux freins à l’adoption des services financiers digitaux, notamment du mobile money, dans un pays comme le Maroc où leur déploiement reste encore limité ?

- Le développement du mobile money a d’abord émergé dans les marchés les moins bancarisés, ce qui n’est pas le cas du Maroc, dont le taux de bancarisation est nettement plus élevé que la moyenne africaine.

Un autre facteur clé réside dans la réglementation. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, le mobile money s’est développé rapidement grâce à un cadre relativement souple, là où le Maroc, à juste titre, a appliqué une réglementation plus stricte encadrée par Bank Al-Maghrib.

Cela dit, les récentes évolutions réglementaires, notamment l’élargissement des comptes de premier niveau grâce à un assouplissement des exigences liées à l’identité des clients, ouvrent désormais la voie à une accélération.

En somme, le retard relatif du Maroc s’explique à la fois par un environnement initial plus mature et par une approche réglementaire plus prudente.

- Dans quelle mesure les technologies comme l’intelligence artificielle, la blockchain ou la biométrie peuvent-elles favoriser l’inclusion financière, en particulier dans les zones rurales ?

- C’est un service en perpétuelle innovation, vous avez raison de le souligner. On le constate à travers nos propres solutions, mais aussi via l’écosystème des fintechs très présentes sur ce GITEX africain. L’innovation naît justement de la collaboration entre les acteurs traditionnels — banques commerciales, banques centrales, opérateurs télécoms — et ces jeunes pousses.

Prenons l’exemple du microcrédit. En 2020, Orange a lancé Orange Bank Africa en Côte d’Ivoire, avec une offre baptisée TicTac.

Elle compte aujourd’hui 1,7 million de clients, qui peuvent obtenir un prêt en moins de 10 secondes grâce à l’intelligence artificielle qui calcule un score de crédit en temps réel. Il s’agit de microcrédits allant de 7 à 1.500 euros, permettant à de nombreux commerçants de financer leur stock, de développer leur activité et de réemprunter ensuite avec des montants plus élevés. C’est une réelle contribution à l’inclusion financière et au développement économique local.

Les services de paiement évoluent aussi, grâce à des partenariats avec des acteurs comme Mastercard (présent dans 7 pays) ou Visa, qui permettent d’émettre des cartes virtuelles. Ces outils ouvrent l’accès au e-commerce, local et international, répondant à une demande croissante des clients.

- Comment Orange articule-t-elle sa stratégie pour répondre aux grands enjeux de l’inclusion financière ?

- Chaque marché a ses spécificités, avec des réglementations propres définies par les banques centrales, parfois communes, comme c’est le cas pour les pays de l'UEMOA avec la BCEAO.

Face à cette diversité, nous avons choisi depuis quelques années de structurer notre approche autour d’un support centralisé. C’est ainsi qu’est née Orange Money Group, basée à Abidjan, qui regroupe notre activité FinTech pour l’ensemble de nos 18 pays. Cette entité fournit des services communs comme le développement applicatif, mais aussi des fonctions de conformité, notamment le contrôle des transactions dans un centre mutualisé au service de toutes nos filiales.

Notre stratégie repose donc sur un double principe : agir localement, car chaque Orange Money est une entité régulée dans son pays, mais aussi penser globalement, en mutualisant l’innovation et le support opérationnel depuis notre hub d’Abidjan.

- Au-delà des services de base comme le transfert ou le paiement, quels usages plus avancés (épargne, crédit, assurance) développez-vous pour renforcer votre impact ?

- On assiste aujourd’hui à un basculement vers le paiement marchand, un axe stratégique majeur. Beaucoup reste à faire pour équiper les commerçants, notamment informels, afin qu’ils puissent accepter le mobile money. Cela passe par des solutions simples comme le paiement via QR code, qui permet de régler en scannant le code du vendeur depuis son application. C’est un chantier en cours, appelé à s’intensifier.

Au-delà du crédit et du microcrédit, nous travaillons aussi à la distribution de produits d’assurance, notamment santé, en partenariat avec les principaux assureurs et banques locales. L’idée n’est pas de tout faire nous-mêmes, mais de collaborer avec les partenaires appropriés.

Enfin, les partenariats avec des fintechs sont clés pour faire évoluer l’offre. Par exemple, nous collaborons avec Ezra, une start-up spécialisée dans le scoring de crédit, qui permet d’affiner les critères d’octroi. Ce sont ces synergies entre opérateurs, institutions financières et fintechs qui rendent possible l’élargissement des usages.

- Vous intervenez dans des contextes très divers. Comment adaptez-vous vos offres aux réalités locales, qu’il s’agisse de la maturité digitale, du cadre réglementaire ou des besoins sociaux ?

- Il existe bien sûr des similarités, notamment sur le plan technologique : nos plateformes sont communes, qu’il s’agisse de la gestion des transactions ou des outils de conformité.

En revanche, les produits financiers varient selon les pays, en fonction des usages locaux. Par exemple, les offres de microcrédit en Côte d’Ivoire diffèrent de celles déployées au Sénégal, simplement parce que les habitudes de recours au crédit ne sont pas les mêmes.

Le pricing, la distribution et les modes d’accès restent donc profondément locaux. C’est d’autant plus crucial pour l’inclusion financière, car cela implique d’assurer une présence de proximité, y compris en zone rurale, à travers des points de contact accessibles et des parcours digitaux adaptés.

- Comment voyez-vous évoluer le rôle d’un opérateur télécom comme Orange dans l’écosystème des services financiers en Afrique dans les prochaines années ?

- Le rôle d’un opérateur télécom dépasse largement la fourniture de services de communication. Cela fait plus de quinze ans que nous proposons aussi des services financiers, et nous avons étendu notre activité à d’autres domaines comme l’énergie, à travers notre entité Orange Énergie.

Nos atouts, notamment notre réseau de distribution et la force de notre marque, bien implantée sur le continent, nous positionnent comme un véritable acteur multiservice, capable de proposer des services digitaux du quotidien utiles aussi bien aux populations qu’aux entreprises.

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Le 15 avril 2025 à 18h44

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