L'inclusion des femmes rurales au Maroc peut générer un gain économique de 25,3 MMDH (HCP)
Le Haut-commissariat au plan (HCP) a dévoilé, mardi 25 mars à Rabat, les conclusions de trois études sur l’autonomisation des femmes et leur intégration économique. Selon les données révélées, une approche intégrée des réformes pourrait ainsi générer un gain de 2,2% à 3% du PIB d’ici 2035.
Le Haut-commissariat au plan (HCP) a présenté, mardi 25 mars à Rabat, les résultats de trois études portant sur l'autonomisation des femmes et leur intégration dans le marché du travail. Ces résultats ont été présentés lors d'une conférence-débat organisée par le HCP, en partenariat avec ONU Femmes et avec l'appui de la délégation de l'Union Européenne (UE), sur l'"Autonomisation des Femmes au Maroc : comprendre les défis pour mieux agir".
Un gain de 2,2% à 3% du PIB
Ainsi, la première étude prend la forme d'un policy report analysant l'impact des politiques publiques en faveur de l'égalité des sexes et de l'autonomisation économique des femmes. Il s'agit d'un benchmark des effets de plusieurs mesures sur la participation des femmes à l’emploi, ainsi que de leur impact sur les indicateurs socio-économiques. À travers un nouveau cadre analytique, ce policy report évalue les politiques de réduction des écarts salariaux, d'amélioration de la productivité des femmes, de réallocation du temps des femmes entre tâches domestiques et professionnelles et de réduction des biais à l'embauche fondés sur le genre. L'étude met en évidence que les politiques isolées ont un impact limité et que seule une approche intégrée et cohérente peut produire des résultats significatifs.
La combinaison de plusieurs interventions dans un cadre politique cohérent permettrait d'accroître la participation des femmes de 9 points de pourcentage et d'augmenter le PIB de 3% en 2035 par rapport au scénario de maintien des mêmes tendances économiques et sociales.
S'agissant de la 2e étude, elle traite des coûts d'opportunité de l'autonomisation des femmes rurales, mettant en lumière les bénéfices socio-économiques d'une meilleure inclusion.
Cette étude porte un regard spécifique sur la participation des femmes à la vie économique en milieu rural. Celles-ci sont confrontées à des emplois non rémunérés, à un faible accès aux services de santé et d'éducation, ainsi qu'à des difficultés d'accès à la propriété et au financement.
L'étude fournit une analyse de la dynamique démographique et socioéconomique des femmes rurales à partir des données du Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) 2024 et des enquêtes nationales sur l'emploi et modélise leur participation au marché du travail pour estimer le manque à gagner lié à leur autonomisation à l'aide de méthodes économétriques. Cette modélisation a révélé que l'inclusion de ces dernières pourrait générer un gain économique de 25,3 milliards de DH, soit 2,2% du PIB.
ODD et égalité des genres
La troisième étude a permis, quant à elle, de compléter un certain nombre d'indicateurs ODD (objectifs de développement durable), à partir des données issues de l'enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages 2022, notamment ceux relatifs aux droits fonciers, aux ressources économiques et aux soins de santé reproductive.
Elle a permis de mettre en évidence les liens entre les différents ODD liés à l'égalité des genres, soulignant leur interdépendance et la nécessité d'approches intégrées pour accélérer les progrès vers une égalité durable. Des avancées sur les indicateurs de genre contribuent directement à la réalisation des autres ODD, en renforçant la résilience économique et sociale du pays.
Les panels organisés dans le cadre de cette rencontre ont permis aux décideurs, aux experts et aux chercheurs de débattre des enjeux de l'inclusion économique des femmes, d'échanger sur les résultats des études mentionnées et d'approfondir la compréhension des dynamiques en jeu.
(Avec MAP)
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