Malgré la levée de l’interdiction d’accès à Casablanca, des camionneurs font grève
La grève dans le secteur du transport routier de marchandises a bien eu lieu à Casablanca, malgré la suspension de la décision interdisant l'accès des camions à certaines zones de la ville. Certains transporteurs refusent de mettre fin au mouvement tant que leurs revendications ne sont pas prises en compte.
Lundi 18 février, l'ODTL, l'un des signataires du communiqué annonçant une grève ouverte des opérateurs du transport à partir du 19 février, nous confirmait le report de celle-ci. Le report de la grève faisait suite, précisait notre source, à la décision des autorités locales de suspendre l'entrée en vigueur de l'interdiction aux camions d'entrer en ville.
Tous les transporteurs n'étaient pas de cet avis, à en croire la suite des événements. Ce mercredi 19 février, des transporteurs ont bien entamé une grève.
Ils semblent donc tiraillés entre la suspension de la décision et la poursuite de la grève et attendent une "position claire des autorités". D'après les sources contactées ce jour, certains ont été informés, d'autres non.
Khalid Aba Yaich, secrétaire général du Poids lourd au Syndicat démocratique des transports, a confirmé à Médias24 que la grève se poursuivait malgré les tentatives des autorités pour apaiser la situation dans la soirée du mardi 18 février.
Selon lui, les autorités ont proposé de couvrir temporairement les panneaux installés comme solution provisoire, mais cette mesure n'a pas convaincu les transporteurs, qui ont décidé de maintenir leur mouvement.
"Une solution claire et officielle est nécessaire, sous forme d’un communiqué écrit, proposant soit des itinéraires alternatifs viables, soit le retrait définitif des panneaux", a-t-il affirmé.
Plus tôt ce matin, Mustapha El Karkouri, secrétaire général de la Coordination des syndicats nationaux du secteur du transport routier de marchandises, regroupant des syndicats affiliés à la CDT, l'UGTM, l'UMT et l'UNTM, nous a également confirmé qu'ils faisaient grève ce mercredi 19 février. "La grève continue et rien n'a changé. Aucune des parties concernées n’a communiqué avec nous. Donc, la grève se poursuit", a-t-il déclaré.
Parmi les principales revendications de la Coordination des syndicats figurent l'annulation de l'interdiction d'accès aux zones urbaines ainsi que le retrait des panneaux interdisant la circulation des transporteurs sur certaines routes essentielles à leur activité, précise Mustapha El Karkouri. Ils réclament également l’ouverture d'un dialogue pour discuter des décisions futures.
Pour rappel, cette grève a été lancée en réaction à une décision des autorités, le vendredi 14 février, interdisant aux camions semi-remorques de 16 mètres d'accéder à la ville en empruntant certains itinéraires, y compris l'autoroute urbaine.
Des panneaux interdisant cette circulation avaient été installés, mais face à la protestation immédiate des transporteurs, la décision a été suspendue le mardi 18 février au soir.
Les professionnels du secteur, bien que mobilisés, se disent prêts à discuter de solutions permettant de trouver un équilibre entre les exigences de sécurité, la fluidité du trafic et les besoins spécifiques du transport routier. Une réunion devrait se tenir prochainement pour tenter de parvenir à un consensus.
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