Le Maroc recoit son premier drone turc Akinci
Les Forces royales air ont récemment reçu la première unité de drones de combat lourds Akinci, en prévision de l'entrée en service opérationnel de leur premier escadron.
Le Maroc a récemment franchi une étape majeure dans le renforcement de ses capacités militaires avec l’arrivée de son premier drone de combat Akinci, comme annoncé par Médias24 en novembre dernier.
Ce premier appareil, dont l'arrivée a été annoncée par le forum militaire FAR Maroc, a été ramené de la Turquie à bord d'un avion C-130 marocain. Il marque le début de la livraison de plusieurs autres drones, dont la remise complète devrait être achevée d'ici juin 2025. Selon l'expert militaire Abdelhamid Harifi, ce nouveau système de drones représente un tournant stratégique pour le royaume.
"L’Akinci est un véritable game-changer dans la région", explique notre interlocuteur. "Ce drone dispose d’une capacité d’emport comparable à celle d’un chasseur F-5, ce qui est considérable dans le contexte de la défense aérienne". Grâce à ses impressionnantes caractéristiques, l’Akinci vient renforcer l’arsenal du Maroc avec de nouvelles possibilités d’utilisation de types d'armements plus sophistiqués pour les drones, renforçant ainsi la dissuasion.
Une des grandes avancées de ce drone réside dans son rayon d'action étendu. L’Akinci bénéficie de la communication satellitaire, ce qui permet de guider l’appareil sur des distances pouvant atteindre jusqu'à 6.000 kilomètres. "Cela offre une portée stratégique inédite pour les Forces royales air, permettant des missions bien au-delà des frontières", précise Abdelhamid Harifi.
Outre sa capacité d’emport, l’Akinci peut rester en vol pendant près de 24 heures, une caractéristique qui permet au Maroc de mener des opérations prolongées, même dans des territoires ennemis. Cette avancée est particulièrement importante pour les opérations sécuritaires menées dans le Sahara, notamment pour sécuriser la zone tampon et contrer les menaces des groupes armés et des milices terroristes, y compris les éléments du polisario.
Une coopération renforcée avec Baykar
Ce projet s’inscrit également dans une dynamique plus large de coopération entre le Maroc et le constructeur turc Baykar, spécialisé dans la production de drones. Lors du Marrakech Air Show, l'entreprise a marqué les esprits en présence de son fondateur et PDG. Des discussions approfondies ont eu lieu lors de cet événement, visant à renforcer la coopération bilatérale entre les deux parties.
"Cette coopération se concrétisera par l'installation prochaine d’une unité de production de Baykar au Maroc, dans la région de Benslimane", souligne M. Harifi. Cette usine, loin d’être un simple centre de maintenance, sera chargée d’assembler et de produire un modèle inédit de drones, actuellement non opérationnel.
Elle représentera un atout majeur pour le système de défense marocain, une avancée technologique stratégique qui viendra renforcer l'arsenal militaire du pays. Contrairement aux rumeurs qui circulent, cette unité ne se limitera pas à l’entretien des drones, mais servira à produire localement de nouveaux appareils de pointe.
L'un des aspects les plus stratégiques de cette initiative pour le Maroc réside dans le transfert de technologie, qui ne se limite pas à la fabrication locale, mais vise également le développement de modèles adaptés aux besoins opérationnels spécifiques des Forces armées royales.
Le Maroc se prépare ainsi à devenir un acteur majeur dans le domaine des drones de combat, avec des capacités accrues et un partenariat fort avec l'industrie turque qui promet de redéfinir l’équilibre stratégique dans la région.
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