Aziz Akhannouch : “Malgré les pressions économiques mondiales, le Maroc aborde 2025 avec ambition”
À la Chambre des conseillers, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a exposé les différents indicateurs économiques et financiers du Maroc, soulignant les programmes et mesures engagés pour soutenir la croissance économique, améliorer la compétitivité du Royaume et renforcer la résilience des secteurs stratégiques.
Lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, Aziz Akhannouch a été interpellé ce mardi 4 février sur les "indicateurs économiques et financiers et le renforcement de la position du Maroc sur l'échiquier international".
Le chef du gouvernement a exposé les avancées économiques et institutionnelles réalisées, tout en soulignant "l'engagement continu de son gouvernement envers la modernisation et la durabilité du développement du pays".
Il a ainsi insisté sur l'importance de la politique royale en matière de développement, définie par le Roi Mohammed VI, qui a conduit le Maroc à une "dynamique de croissance et de réformes ambitieuses". "Ce chemin de transformation a permis au Maroc d'améliorer son positionnement sur la scène internationale".
Trois piliers
Le chef du gouvernement a exposé trois axes majeurs qui ont guidé cette transformation :
– Renforcement du modèle social : le Maroc a opéré une révision complète de ses politiques sociales pour instaurer un environnement social plus responsable et plus réactif aux besoins de la population.
– Maintien des équilibres économiques : le gouvernement a déployé des réformes structurelles qui ont renforcé la résilience de l'économie nationale face aux défis économiques mondiaux.
– Internationalisation de l'économie marocaine : l'intégration accrue du pays dans son environnement régional et mondial a consolidé sa position stratégique et son rôle dans les dynamiques économiques internationales.
Ces efforts ont permis au Maroc de maintenir une croissance économique soutenue, malgré des défis extérieurs, tout en poursuivant des réformes dans des secteurs clés comme l'éducation, la santé et les infrastructures, a souligné Aziz Akhannouch.
Un nouveau modèle de gestion
Le gouvernement a mis en place un nouveau modèle de gestion basé sur des budgets-programmes, "combinant performance et résultats concrets". Cela s'est manifesté par :
– La généralisation de la couverture sociale : révision et rationalisation des programmes de soutien social pour une meilleure efficacité et un ciblage précis des bénéficiaires.
– Le renforcement du dialogue social : un coût de 45 milliards de DH.
– Les réformes dans l’éducation et la santé : augmentation des budgets et mise en œuvre de transformations structurelles.
– Les secteurs stratégiques : sécurité alimentaire, gestion de l’eau et développement de l’industrie nationale.
– L'investissement public : 340 milliards de DH en 2024 pour maintenir le rythme des projets structurants.
– La répartition régionale des investissements : un levier clé pour renforcer le développement territorial et l’équité régionale.
En dépit des pressions mondiales sur les systèmes de financement des politiques publiques, le Maroc aborde l’année 2025 avec ambition, a affirmé le chef de l'exécutif. L'objectif est de consolider les résultats positifs réalisés au cours des dernières années et de poursuivre les efforts pour garantir la durabilité des finances publiques du pays.
Amélioration des indicateurs économiques
Lors de cette séance, le chef du gouvernement s'est arrêté sur l'amélioration significative de plusieurs indicateurs économiques, notamment :
– La baisse de l'inflation : le taux d'inflation est passé de plus de 6% en 2022 et 2023 à moins de 1% en 2024.
– La croissance du PIB non agricole : +5,4% au T3 2024 (contre 3,2% en 2023). Croissance globale de 4,3% à fin T3 2024 (contre 3% en 2023).
– Le secteur secondaire : +7,6% de la valeur ajoutée au T3 2024 (contre 1,1% en 2023).
– Le tourisme : 17,4 millions de touristes en 2024 (+35% par rapport à 2019), avec des recettes touristiques de plus de 112 milliards de DH (+7,5% par rapport à 2023).
– Les investissements étrangers directs (IDE) : 43,2 MMDH à fin 2024 (+24,7% par rapport à 2023).
– Les transferts des Marocains du monde : 117,7 MMDH (contre 115,3 MMDH en 2023).
– Les exportations nationales : +5,8% à 455 MMDH à fin décembre 2024.
– La réduction du déficit budgétaire : stabilisé à moins de 3,9% à fin 2024 (contre 4,4 % en 2023), avec un objectif de 3,5% en 2025 et 3% d'ici 2026.
– L'augmentation des ressources fiscales ordinaires : +49 MMDH, avec un total de 372,6 MMDH en 2024 (+15,2% par rapport à 2023). Hausse des recettes fiscales de 37,6 MMDH (+14,3% par rapport à 2023).
Aziz Akhannouch a salué ces résultats qualifiés de "fruit d'une gestion prudente et d'une planification stratégique qui a permis au Maroc de surmonter les difficultés économiques mondiales et de renforcer sa stabilité financière".
À découvrir
à lire aussi
Article : Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil
ANALYSE. Après une première demi-heure très aboutie, l’équipe nationale a payé le prix de ses ambitions avant de se rendre à la raison face au Brésil, samedi 13 juin, lors de la première journée du groupe C. Si Ayyoub Bouaddi et Achraf Hakimi ont survolé la rencontre, le capitaine de l’EN n’est pas exempt de tout reproche sur le but égalisateur. Mais il n’est pas le seul.
Article : Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”
Rumeurs d’influence, projet sportif marocain, CAF, FIFA, binationaux… Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fouzi Lekjaa défend une vision globale du football national et un modèle structuré, fondé sur la formation, la performance et l’impact social. Il écarte toute idée d’influence occulte ou de “pouvoir caché”.
Article : Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc
Dans une position commune adressée aux députés européens, Renault, Stellantis et Volkswagen soutiennent le principe d’un contenu européen de 70% pour les véhicules électriques. Les trois groupes demandent que seules les activités réalisées dans l’Union européenne et l’Espace économique européen soient comptabilisées comme européennes. Le Maroc resterait donc en dehors de ce calcul, mais pourrait continuer à jouer un rôle dans les chaînes de production grâce à la marge de 30% prévue pour les pays tiers.
Article : Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?
À la suite de la qualification historique des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20 au Chili, près de 600 Marocains ont réussi à rejoindre Santiago en moins de quarante-huit heures. Derrière cette mobilisation exceptionnelle émerge une autre question : qui étaient ces femmes et ces hommes prêts à parcourir plus de 10.000 kilomètres pour assister à une finale mondiale de jeunes ? L’enquête révèle une réalité bien plus complexe et plus riche que l’image traditionnelle du supporter de football.
Article : Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly
Fiat élargit sa gamme avec deux nouveaux modèles destinés au segment C : les Fiat Fastback et Fiat Grizzly, dont le lancement est prévu en Afrique & Moyen-Orient au second semestre 2026.
Article : Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse
Les importations marocaines de gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) retrouvent une dynamique haussière, après un creux en mars et avril qui avait alimenté les craintes d’une crise d’approvisionnement. En cause, non pas les tensions au Moyen-Orient, mais une demande électrique saisonnière plus faible, accentuée cette année par une production hydroélectrique exceptionnelle. Explications.