La nouvelle feuille de route du commerce extérieur sera dévoilée avant fin janvier (Hejira)
PROMOTION DES EXPORTATIONS. Le contenu de la feuille de route du commerce extérieur pour la période 2025-2027 sera rendu public avant la fin du mois de janvier, nous révèle le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du commerce, chargé du Commerce extérieur, en ajoutant que la vocation de cette nouvelle stratégie consistera à booster le niveau des exportations, à l’origine d’un déséquilibre de la balance commerciale.
Tout en rappelant que les exportations marocaines ont atteint 430 milliards de DH en 2023, contre 716 MMDH pour les importations, le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Omar Hejira, estime que cet important déficit commercial de 286 MMDH doit faire l’objet d’une dynamisation des exportations, avec une nouvelle stratégie.
"S'appuyer sur les régions pour booster les exportations nationales"
Et d’ajouter que la priorité de ce plan d’action national, dont l'élaboration est en cours, sera d'accroître leur volume au niveau des 12 régions du Maroc. Une tournée régionale a ainsi permis d'identifier, en moins d’un mois, de nombreux freins à l’export, et de réunir 524 propositions, dont 80% émanant des régions et 20% du ministère.
Portées par 1.200 élus et opérateurs économiques, ces propositions ont pour objectif d’améliorer la compétitivité, de simplifier les procédures, d'accompagner les PME, de diversifier les marchés d'exportation et, enfin, d'équilibrer le tissu d'exportation monopolisé à 85% par 3 régions.
Sur les pistes qui permettront de multiplier les ventes à l’étranger de biens manufacturés et de services, le secrétaire d’État istiqlalien précise qu’un chatbot (robot informatique de chat) pour le commerce extérieur sera bientôt lancé afin que les acteurs concernés puissent interagir avec le ministère de tutelle concernant leurs attentes.
"120 milliards de dirhams de manque à gagner"
"Dans le but de promouvoir nos échanges commerciaux, cette nouvelle stratégie fera l’objet de plusieurs annonces relatives à tous les marchés extérieurs du Maroc, y compris les pays avec qui nous avons signé des accords de libre-échange (USA, Turquie, Union européenne, ZLECAf, Mercosur…)", indique Omar Hejira. Il ajoute que plusieurs mesures correctives seront bientôt annoncées pour renforcer la part des exportations vers les pays où le déficit commercial marocain est important.
Pour cela, il cite une étude ministérielle de 2020, actualisée en 2023, qui a montré que le Maroc affichait un manque à gagner de 120 MMDH, dont 10% concernent l’Afrique, et qui a surtout identifié les produits, les marchés et les destinations qui doivent faire l’objet d’efforts.
Afin de réduire, dans un premier temps, puis d’éliminer ce manque à gagner en capitalisant sur les nombreuses potentialités sous-exploitées, 12 bureaux régionaux dédiés au développement du commerce extérieur seront créés d’ici fin janvier, sur l’ensemble du territoire national.
S’appuyant sur ses résultats qui contiennent plusieurs pistes d’action, notre interlocuteur avance que la nouvelle stratégie 2025-2027 devrait permettre de rattraper, dans les prochaines années, la perte constatée en boostant tous les marchés étrangers, notamment sur le continent.
"Je travaille avec le ministre de tutelle en bonne intelligence"
Sur son apport pour développer le niveau des exportations et réduire les importations, Omar Hejira avance que le ministre [Ryad Mezzour, ndlr] et son secrétaire d’État, qui appartiennent au même parti, ne font qu’un, et que sa nomination aura pour effet d’accélérer le rythme de travail de son département.
"Sachant que l’industrie marocaine réalise des performances exceptionnelles en termes d’emplois et de ventes à l’étranger, nous nous devons de multiplier les exportations nationales avec une nouvelle feuille de route qui permettra de booster leur niveau", conclut Omar Hejira, pour qui les premiers résultats commenceront à se faire sentir d’ici aux prochaines élections législatives de 2026.
Rappelons que 92% des exportations marocaines sont concentrées dans six secteurs clés, à savoir l'automobile (34,4%), l'agriculture et les industries alimentaires (19,3%), les phosphates et dérivés (17,8%), les produits en cuir (10,7%), l'aviation (5,3%) et l'électronique (4,3%).
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