Les textiles indiens bientôt exonérés de droits de douane en Europe : quel impact sur le Maroc?
L'UE et l'Inde s'acheminent vers l'exonération des textiles indiens de droits de douane, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre échange. Aubaine ou coup dur pour le textile national, 8e fournisseur d'habillement dans l'Union européenne? Éléments de réponse.
L'Inde et l'UE devront négocier un accord de libre échange courant 2025. Les négociations en vue d’un accord de libre-échange commercial entre l’Union européenne et l’Inde, lancées en 2007 puis interrompues en 2013, ont repris en juin 2022, pour un nouveau cycle.
Les négociations incluent entre autres l'exonération des droits douaniers sur les textiles indiens, selon Fibre2Fashion. Sont concernés principalement les vêtements en coton et les T-shirts.
Grâce à cette exonération, l'Inde gagnera un avantage concurrentiel considérable sur d'autres pays asiatiques leaders du textile, notamment la Turquie, la Chine et le Bangladesh. Le bouleversement attendu des chaines mondiales d'approvisionnement en vêtements peut-t-il avoir un impact ou des incidences sur le Maroc, fournisseur important pour l'Europe?
Un avantage pour le Maroc en cas d'accord triangulaire
L'entrée en Europe de tissus indiens exonérés impactera sans doute les autres fournisseurs asiatiques leaders notamment la Chine, la Turquie, le Vietnam et le Bangladesh, confirme un acteur important du secteur à Médias24. Néanmoins, pour le Maroc, cette entrée peut être une aubaine si, demain, le Maroc arrive à conclure un accord triangulaire avec l'Inde et l'Union européenne, comme ce qui a été fait à l'époque avec la Turquie.
"Cet accord tripartite avantagera le textile marocain surtout en matière de produits en coton, puisque les tissus indiens en coton ont l'avantage d'être beaucoup plus compétitifs. C'est le rôle de la diplomatie, des pouvoirs publics et notamment du ministère de tutelle de prendre en charge ce dossier, qui peut aussi avoir des conséquences très positives sur l'emploi au Maroc", souligne-t-il.
Les besoins du marché européen détermineront si les chaines mondiales seront perturbées
Le président de l'Association marocaine des industries de textile et de l'habillement (AMITH) région Rabat, Hammani Amahzoune, estime de son côté qu'au delà de l'impact éventuel sur le Maroc, les concurrents classiques de l'Inde ne pourront être facilement déstabilisés suite à l'entrée en vigueur de l'accord de libre échange Inde-UE.
Il développe : "Le tissu turc à titre d'exemple est une base incontournable de tissus pour la zone euro-méditerranéenne. La Turquie ne peut ainsi être affectée à court ou moyen terme par l'accord de libre échange en question malgré l'importance et le poids du coton indien qui est très développé".
"Idem pour la Chine qui développe des tissus synthétiques plus performants que ceux développés en Inde. Déjà que les tissus synthétiques sont beaucoup plus utilisés que le coton, il va falloir en outre du temps pour que les Européens puissent se fournir en quantités et en volumes importants, exclusivement, auprès de l'Inde. Tout dépendra éventuellement des besoins du marché européen", conclut-il.
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