Tunnel de Gibraltar : location avec option d'achat de 4 sismomètres de fond marin
L'Institut Royal et Observatoire de la Marine est chargé de vérifier durant le premier semestre d'utilisation les conditions des sismomètres avant d'effectuer leur achat définitif auprès de TEKPAM Ingeniería, entreprise madrilène seule soumissionnaire pour l'appel d'offres lancé en septembre dernier.
Selon le journal ibérique Vozpopuli, l'Agence espagnole des études pour la communication fixe à travers le détroit de Gibraltar (SECEGSA) vient de signer un contrat de 486.420 euros (5,1 millions de DH) pour la location avec option d'achat de quatre sismomètres de fond marin, capables de se positionner jusqu'à 6.000 mètres de profondeur et de fonctionner pendant une durée de 6 à 24 mois.
Ce dispositif de mesure marque une importante reprise des études sismiques dans cette zone stratégique, où la dernière analyse, menée en 2014 par la professeure Elisa Buforn de l’Université Complutense de Madrid, avait révélé un risque de séismes de magnitude supérieure à 4 sur l’échelle de Richter et à des profondeurs dépassant 40 kilomètres.
Dans le cadre de ce nouveau dispositif, l’Institut Royal et Observatoire de la Marine espagnole sera responsable de la vérification et de la supervision des appareils durant les six premiers mois d’utilisation, afin de s'assurer de leur bon fonctionnement avant leur acquisition définitive.
Le projet bénéficie également d'un soutien scientifique significatif de la part du United States Geological Survey (USGS). Un protocole d’accord a été signé le 3 novembre 2023 entre SECEGSA et l’USGS, dans l’objectif de renforcer l’analyse des données géophysiques du détroit de Gibraltar. À cette fin, SECEGSA a alloué un budget de 178.915 euros (1,8 million DH) à l’USGS pour couvrir la première phase des prestations qui devrait se prolonger tout au long de l’année 2024.
Les géologues et experts américains contribueront à analyser l’environnement géologique complexe du détroit, offrant des informations cruciales pour les études de faisabilité du projet de tunnel.
L’entreprise publique espagnole Ineco, quant à elle, a été mandatée pour mettre à jour les études initiales réalisées en 2007 par une équipe internationale d’ingénierie. Ineco est chargée de préparer un nouveau projet de faisabilité du tunnel d'ici la mi-2026, en intégrant des financements européens, notamment les fonds Next Generation, pour soutenir les études de sécurité, d’ingénierie, et de viabilité financière.
Parallèlement, plusieurs institutions et entreprises partenaires se mobilisent à l'image de l’entreprise marocaine Ingema, le suisse Lombardi, l’espagnol Typsa, et l’italien Geodata, témoignant de la dimension internationale de cet ambitieux projet.
Ce nouveau plan doit répondre aux normes de sécurité les plus strictes, proposer des alternatives de construction viables et fournir une estimation budgétaire complète pour la réalisation des travaux, aussi bien du côté marocain qu’espagnol. Si elle se concrétise, la liaison sous-marine pourrait représenter une avancée géostratégique majeure, consolidant les connexions entre l’Europe et l’Afrique et ouvrant la voie à de nouvelles perspectives de développement transcontinental.
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