Chekhar à Jerada, un parc naturel pour redonner vie aux espèces menacées
Un programme de réintroduction des espèces menacées a été lancé le mardi 15 octobre au parc de Chekhar, dans la province de Jerada, avec le lâcher de 20 mouflons à manchettes, 15 gazelles de Cuvier et 8 porcs-épics. Ce geste symbolique marque une étape clé dans la restauration de la biodiversité locale. Bien que les animaux aient été introduits dans le parc, celui-ci ne sera pleinement opérationnel qu’à partir de janvier 2025.
Le Maroc veut renforcer son engagement en faveur de la préservation de la biodiversité à travers des projets de réintroduction d'espèces menacées dans des parcs nationaux et des aires protégées. Parmi ces initiatives, le parc naturel de Chekhar, situé dans la région de l’Oriental, symbolise les efforts de l'Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) pour restaurer les écosystèmes et réintroduire des espèces emblématiques comme la gazelle de Cuvier et le mouflon à manchettes.
Un projet phare dans la stratégie de préservation
Le parc de Chekhar, qui sera la première aire protégée à bénéficier de ce programme d’aménagement et de valorisation dans le cadre de la stratégie Forêts du Maroc 2020-2030, couvre une vaste zone de paysages diversifiés, allant des forêts denses aux steppes ouvertes. Ce parc s'inscrit dans un vaste réseau de 154 sites d’importance biologique et écologique, répartis sur environ 2,5 millions d'hectares, visant à protéger la biodiversité marocaine.
L’une des missions principales du parc de Chekhar est la réintroduction et la conservation d'espèces menacées ou endémiques, qui ont souffert de la dégradation de leur habitat et du braconnage. Dans cette optique, 15 gazelles de Cuvier (Gazella cuvieri), espèce classée vulnérable par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a été réintroduite dans le parc. Autrefois répandue dans le Maghreb, cette espèce fait l'objet d'un programme de conservation visant à reconstituer des populations viables en milieu naturel.
La gazelle de Cuvier : un retour attendu
La gazelle de Cuvier est l'une des espèces les plus symboliques de la région sahélo-saharienne, autrefois largement présente dans les montagnes et les forêts du nord de l'Afrique. Elle est aujourd'hui classée comme vulnérable (VU) au niveau mondial, et les efforts du Maroc visent à restaurer ses populations locales. Le parc de Chekhar, avec ses écosystèmes variés et ses vastes zones protégées, offre un cadre idéal pour la réintroduction de cette espèce.
Depuis 2024, des dizaines de spécimens ont été relâchés dans la nature dans l'objectif d'atteindre une population stable de plus de 200 individus d’ici 2030.
Le mouflon à manchettes : symbole de résilience
Autre espèce phare du parc, le mouflon à manchettes (Ammotragus lervia) est un herbivore robuste, adapté aux environnements arides. Classé comme vulnérable au niveau international et en danger critique au niveau national, le mouflon à manchettes avait presque disparu des zones sauvages marocaines. Grâce à des programmes de reproduction en semi-captivité et à des initiatives de réintroduction, l'ANEF a donné un nouvel élan à cette espèce. Le parc de Chekhar est désormais un des principaux sites pour ce programme, avec des individus relâchés progressivement afin de créer des groupes reproducteurs stables.
Porc-épic : une espèce essentielle à l’équilibre écologique de la région
Le porc-épic, présent dans le parc de Chekhar à travers la réintroduction de 8 individus, est une espèce nocturne et herbivore qui joue un rôle important dans l’écosystème. Cet animal, connu pour ses longs piquants, se nourrit principalement de racines, d'écorces et de fruits, contribuant à la dispersion des graines et à la régénération des sols.
Un modèle de gestion intégrée pour les aires protégées
La réintroduction de la faune n'est qu'un aspect du projet de Chekhar. En parallèle, un vaste programme de réhabilitation des écosystèmes naturels est mis en place. Cela inclut la restauration des forêts de chêne vert et de genévriers, ainsi que la gestion durable des ressources naturelles pour favoriser la coexistence des activités humaines avec la faune. Les autorités locales, en collaboration avec des ONG et des organisations internationales comme l'UICN, travaillent main dans la main pour faire de ce parc un modèle de gestion intégrée.
Un accent particulier est mis sur la lutte contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages, deux menaces majeures pour les populations d’animaux réintroduits. Des patrouilles régulières, des initiatives de sensibilisation auprès des populations locales et un cadre législatif renforcé ont été déployés pour assurer la sécurité des espèces protégées.
En plus de la conservation, le parc de Chekhar ambitionne de devenir un pôle pour l’écotourisme. Des infrastructures sont en cours de développement pour accueillir les visiteurs tout en minimisant l’impact sur l’environnement. Les activités incluront des randonnées guidées pour observer la faune, des circuits pédagogiques sur la flore locale, ainsi que des ateliers de sensibilisation sur l’importance de la préservation des espèces menacées.
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