Chaque année, la corruption coûte 50 MMDH au Maroc (Bachir Rachdi)
Malgré des arrestations et des efforts législatifs, le pays recule dans l'Indice de perception de la corruption, avec un score alarmant de 38/100 en 2023. L'Instance anti-corruption souligne des défis persistants, avec une mobilisation insuffisante des responsables et des objectifs encore inaccessibles.
La corruption au Maroc représente un coût annuel de 50 milliards de dirhams, selon Bachir Rachdi, président de l'Instance anti-corruption marocaine. Il s'exprimait lors de la présentation du rapport annuel de son institution ce 8 octobre. À l'échelle nationale, ce phénomène pèse entre 3,5 % et 6 % du PIB.
Le rapport confirme la dégradation, observée depuis deux décennies, des indicateurs de la lutte contre la corruption : en 2023, le Maroc a obtenu un score de 38/100 à l'Indice de perception de la corruption (IPC), enregistrant une baisse de 5 points en cinq ans, ce qui le place au 97e rang mondial parmi 180 pays. Ce recul, amorcé en 2018 avec un score de 43/100, souligne les défis persistants malgré l’entrée en vigueur de la nouvelle loi régissant (l’Instance Nationale de la Probité, de la Prévention et de la Lutte contre la Corruption (INPPLC).
Bilan des poursuites judiciaires et disciplinaires
Concernant les poursuites judiciaires, 243 arrestations pour corruption ont été effectuées depuis le lancement d’une ligne téléphonique directe auprès de la présidence du ministère public. Les signalements proviennent principalement des régions de Marrakech-Safi, Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra.
En 2022, 716 affaires ont été enregistrées par les sections des délits financiers. Dans le cadre de la discipline budgétaire, la Cour des comptes a traité 15 affaires avec autant de personnes poursuivies, totalisant des amendes de 1,372 million de dirhams. Les Cours régionales des comptes ont examiné 76 affaires impliquant 116 personnes.
Une interaction encore faible avec l'INPPLC, mais du positif
L’Instance a mis à jour son évaluation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, en se concentrant sur dix programmes clés, incluant l'amélioration des services aux citoyens, la digitalisation, et la transparence.
Malgré certaines avancées, le rapport conclut que les objectifs de la stratégie restent hors de portée, en raison de la "faible mobilisation des responsables", d'un "manque de coordination efficace" et d'une "gestion sectorielle inadaptée".
Au cours des cinq dernières années, l'Instance a travaillé sur des thèmes essentiels, notamment l'éducation, la sensibilisation et la lutte contre la corruption. Elle a formulé des recommandations à ce sujet, qui ont eu des échos relativement faibles auprès du gouvernement.
Néanmoins, l'INPPLC note des réponses positives de l'Exécutif sur des sujets comme la déclaration de patrimoine, le conflit d'intérêts et la protection des dénonciateurs. Des avant-projets de lois ont été soumis à l’Instance pour avis et qui a noté une certaine convergence avec ses recommandations, tout en proposant des amendements pour combler les lacunes identifiées.
à lire aussi
Article : En sept mois de 5G, IAM avance des résultats très probants
Lancée en novembre 2025, la 5G produit ses premiers effets mesurables chez Maroc Telecom. Les résultats semestriels de l'opérateur font état d'une consommation de data mobile en hausse et de nouveaux usages qui s'installent, chez les particuliers comme dans les entreprises.
Article : L'État devient le premier client du secteur bancaire
En quelques années, l'État et sa sphère élargie sont devenus le premier client des banques marocaines, par les bons du Trésor mais aussi par une série d'autres mécanismes de mieux en mieux rodés. Bank Al-Maghrib reconnaît un effet d'éviction, tout en le jugeant modéré. Mais son calcul repose sur un périmètre étroit.
Article : Tournée du RNI dans le Sud : trois meetings en un jour et une riposte au PAM signée Akhannouch
Aziz Akhannouch a clairement repris la main dans la campagne électorale du RNI en prévision des législatives de septembre. À Tan Tan, Laayoune et Dakhla, il défend la présence du parti dans des régions à fort enjeu politique et pas seulement électoral.
Article : Législatives 2026 : lecture de la première annonce des têtes de liste de l’Istiqlal
À moins de deux mois des élections législatives du 23 septembre, le Parti de l'Istiqlal a dévoilé une première vague de ses têtes de liste locales. Cette sélection, qui couvre une grande partie du territoire, traduit un équilibre entre continuité et renouvellement : le parti reconduit plusieurs figures expérimentées tout en faisant émerger de nouveaux profils.
Article : Rapport Banque Mondiale: des fragilités bien réelles sous les bons chiffres
La croissance a atteint 4,9% en 2025 et le pays est passé en catégorie investissement. Le rapport de la Banque mondiale dresse toutefois un tableau plus nuancé : un marché du travail que la refonte statistique du HCP montre bien plus fragile qu'on ne le pensait et une transformation numérique inachevée.
Article : PAM : 90 têtes de liste et une inconnue nommée Lekjaâ (liste)
Réuni le samedi 25 juillet à Salé, le conseil national du PAM a dévoilé ses têtes de liste dans 90 des 92 circonscriptions locales. Mais c'est une case restée vide qui a focalisé l'attention : celle de Berkane, où se présenterait Fouzi Lekjaâ, entré au bureau politique du parti sans que personne ne sache encore quel rôle il compte y jouer. Derrière ce ralliement et celui de Yanja Khattat, une liste qui confirme les ambitions du parti..