Tangier Logistics Days : entre géopolitique et climat, un nouvel ordre logistique émerge
Experts, professionnels et acteurs clés se sont rassemblés pour débattre des grandes mutations qui bousculent le secteur de la logistique pendant les Tangier Logistics Days tenues ce 27 septembre. Détails.
À Tanger Med, le cœur battant du commerce maritime marocain, les discussions ont rapidement pris une tournure géopolitique. Face aux guerres commerciales entre les grandes puissances, aux conflits armés et aux tensions autour des ressources naturelles, le constat est unanime : les chaînes logistiques, autrefois synonymes de fluidité, sont aujourd’hui secouées par des vagues de turbulences.
Philippe Chalmin, professeur à Paris-Dauphine et figure incontournable des matières premières, n’a pas mâché ses mots. "Le rêve des Trente Glorieuses de la mondialisation heureuse est derrière nous", a-t-il lancé lors de sa keynote. La guerre en Ukraine, la montée du protectionnisme et les nouvelles stratégies de friendshoring — où les entreprises cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en se rapprochant d'alliés — redéfinissent les routes commerciales et les priorités. "Il est temps de repenser nos dépendances et de préparer un monde où l’Afrique pourrait bien devenir un acteur clé", a ajouté Chalmin, soulignant l’émergence de nouveaux hubs économiques en Inde et en Asie du Sud-Est.
La logistique sous le prisme de la durabilité
Mais le séisme géopolitique n’est qu’un des volets des Tangier Logistics Days. Les supply chains, déjà sous pression, doivent aujourd’hui composer avec un autre enjeu de taille : la transition écologique. Face à l’urgence climatique, la logistique ne peut plus se permettre d’avancer en circuit fermé. "Nous devons passer du mode de production linéaire au modèle circulaire", a martelé Julianne Furman, directrice d'Exco Automotive Solutions Europe.
La logistique inversée, qui favorise la réutilisation et le recyclage, est désormais au cœur des stratégies des entreprises qui cherchent à minimiser leur impact environnemental. Plus qu’une tendance, c’est un tournant stratégique pour les supply chains globales. De plus en plus, la performance logistique se mesurera non seulement en termes de coûts, mais aussi de durabilité et de transparence.
Frédéric Vallet, président de DB Schenker France & Maghreb, a enfoncé le clou : "L’époque où l’on pouvait ignorer l’empreinte carbone est révolue. Les supply chains doivent désormais se plier aux exigences environnementales sous peine de perdre en compétitivité et en crédibilité."
La révolution technologique : IA, 5G et cybersécurité à la rescousse ?
Si l’avenir des supply chains semble incertain, une chose est claire : l’innovation technologique en sera l’un des principaux moteurs.
"L’intelligence artificielle, l’automatisation et la 5G représentent autant de leviers pour transformer radicalement notre manière de gérer les flux", a déclaré Yann de Feraudy, président de France Supply Chain, lors du panel sur les technologies émergentes. "Mais attention au mythe du solutionnisme technologique. La technologie seule ne suffit pas. Elle doit s’inscrire dans une stratégie globale, pilotée par une organisation agile et visionnaire.", a-t-il ajouté.
Le message est clair : l’innovation ne doit pas être perçue comme une solution miracle, mais plutôt comme un outil pour renforcer la résilience des supply chains. Cependant, les défis sont nombreux, notamment en matière de cybersécurité. "La digitalisation accrue des chaînes logistiques nous expose à des risques nouveaux, notamment les cyberattaques. Seules des entreprises bien préparées, capables d’anticiper ces menaces, tireront leur épingle du jeu.", a prévenu Sébastien Liorzou, vice-président de la transformation digitale pour la Supply Chain, Renault group.
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