Mauritanie. Comment ses dernières acquisitions d’équipements militaires sont une bonne nouvelle pour la région
La Mauritanie, vaste pays à faible densité de population, se trouve confrontée à des défis sécuritaires majeurs. Avec des frontières poreuses et une région marquée par l’instabilité, la protection des intérêts nationaux, des ressources naturelles et de l’intégrité territoriale est devenue une priorité. Selon l’expert militaire Abdelhamid Harifi, la situation actuelle nécessite des mesures de défense renforcées.
"La Mauritanie est un pays immense avec une faible population, située dans une zone désormais risquée. Les enjeux sécuritaires sont énormes pour sauvegarder ses intérêts, ses ressources naturelles et énergétiques ainsi que son intégrité territoriale", explique M. Harifi dans des propos recueillis par Média24.
Récemment, notre voisin du Sud a dû faire face à des problèmes frontaliers avec le Mali et à des incursions fréquentes de groupes terroristes. "Des groupes terroristes utilisent le territoire mauritanien comme passage pour attaquer d’autres pays, à l'instar des milices algériennes du polisario envers le Maroc", souligne l’expert militaire. Il note également que "l’armée mauritanienne, avec un effectif très modeste et un arsenal militaire limité, a du mal à couvrir un aussi vaste territoire".
En 2010, l’Algérie avait établi à Tamanrasset le Comité d’États-majors militaires opérationnel conjoint (CEMOC) en collaboration avec les pays du Sahel (Mali, Mauritanie et Niger). Cependant, ce projet s’est soldé par un échec. Selon M. Harifi, "l’Algérie n’a jamais véritablement œuvré pour une coopération authentique ni pour le partage d’expériences et d’expertises. Le régime militaire algérien a toujours cherché à imposer son hégémonie et une vision paternaliste de la région, sans respecter la souveraineté et l’indépendance des autres pays".
L’arrivée du président Ould El Ghazouani et les nouvelles découvertes de ressources énergétiques en Mauritanie ont marqué un tournant décisif. "Avec l’intérêt accru pour le renforcement de la coopération militaire et le dispositif de défense nationale, nous assistons à une transformation significative", avance notre interlocuteur. "Cela inclut l’achat de nouveaux équipements : navires de débarquement et de patrouille, avions de surveillance et de transport, ainsi que le renforcement des effectifs et des équipements de la gendarmerie nationale".
L’arsenal militaire mauritanien a également été considérablement renforcé. "L’acquisition de drones d’attaque et de surveillance, de blindés équipés de canons de 120 mm, de systèmes de défense aérienne, de systèmes de missiles anti-blindés et de lance-roquettes multiples marque une nouvelle étape. Tous ces équipements semblent avoir été achetés auprès de la Chine", constate l’expert militaire.
Cette modernisation militaire donne à l’armée mauritanienne une nouvelle dimension. "Cela procure des capacités opérationnelles accrues pour renforcer la maîtrise de ses frontières et sa dissuasion", explique M. Harifi. Selon lui, cette évolution est également bénéfique pour le Maroc. "Avoir un voisin capable de protéger ses intérêts et de limiter les risques d’intrusion depuis son territoire vers le Royaume est un atout considérable", considère-t-il.
En conclusion, Abdelhamid Harifi estime que "la Mauritanie entre dans une nouvelle ère de défense nationale, avec des capacités renforcées pour faire face aux défis sécuritaires de la région". La coopération internationale et les investissements en matière de défense semblent promettre une sécurité accrue non seulement pour la Mauritanie, mais aussi pour ses voisins.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.