Auto. Norme antipollution Euro 6b : “Le Maroc est prêt, les stocks non conformes seront liquidés fin juin”
À partir du 1er juillet 2024, tout véhicule neuf vendu au Maroc devra respecter la norme antipollution Euro 6b. Où en est le secteur de l’automobile face à cette échéance et quels seront les principaux changements ?
"Nous sommes préparés", nous assure une source professionnelle du secteur de l’automobile, sondée par Médias24. "Tout est en place pour l’application de cette norme, qui aura comme principaux impacts une hausse des prix des véhicules allant jusqu’à 7%, et la nécessité de la conformité des moteurs de tout véhicule neuf destiné à la commercialisation au Maroc, ce qui implique ainsi la liquidation du stock de voitures non conformes".
"Cela fait sept ans qu'on s'y prépare"
Comme prévu par l’arrêté du ministère du Transport et de la logistique daté du 5 août 2021, le Maroc a adopté le 1er janvier 2023 la norme antipollution Euro 6b, qui prend le relais de la norme Euro 4.
Concrètement, l’homologation de tout véhicule neuf destiné à une commercialisation sur notre marché est désormais conditionnée à la conformité de son moteur à ladite norme.
"L'entrée en vigueur de cette norme a été annoncée en 2017. Ce n'est donc pas quelque chose de nouveau", nous explique notre interlocuteur. "Cela signifie qu'il y a sept ans qu'on s'y prépare".
"C'est également une norme qui est entrée en vigueur en Europe il y a plus de six ou sept ans. On savait donc que son application allait arriver au Maroc", ajoute notre source.
Cette nouvelle disposition ne s’applique qu’aux véhicules légers, à savoir les voitures particulières (VP) et les véhicules utilitaires légers (VUL). Les autres types de véhicules, notamment les bus et les poids lourds, bénéficient d’un délai de deux ans avant d’être soumis à la même obligation. Une dérogation qui a été décidée par le gouvernement, à la demande des professionnels du transport routier.
Hausse des prix allant jusqu’à 7%
Le premier impact de cette nouvelle norme évoqué par notre interlocuteur dans le secteur automobile "sera sur nos véhicules, qui seront moins polluants. Les impacts sur la planète et la qualité de l'air ne sont ainsi que positifs".
En effet, la norme Euro 6b impose des seuils d’émission plus sévères que les précédents, visant essentiellement quatre types de polluants : le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures imbrûlés (HC), l’oxyde d’azote (Nox) et les particules fines (PM). Elle intervient dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
Cependant, il existe d’autres impacts que pourrait avoir cette mesure sur le secteur de l’automobile, notamment financier.
"Pour qu'une motorisation soit à cette norme-là, bien entendu qu'il y a eu de la recherche et développement, et bien entendu qu'il y a un surcoût. C'est toutefois un surcoût qui, lorsqu’on le compare à l'inflation qu'il y a eu du fait du Covid-19 et de l'augmentation des prix des matières premières, reste mineur, parce que sur les cinq dernières années, les prix de véhicules ont augmenté de plus de 25%. Et dans ces 25%, il y a peut-être entre 3% et 7 %, selon les constructeurs, selon les types de motorisation, etc., de surcoût du fait de la norme Euro 6b", souligne notre source.
Les stocks de voitures non conformes écoulés avant le 1er juillet 2024
"Cet impact financier, c'est le consommateur final qui le supportera", assure-t-elle par ailleurs, notant que "d'un autre côté, ce qu'il faut savoir, c'est que les motorisations Euro 6b sont moins gourmandes en carburant, à performance égale et à puissance égale. De ce fait, une partie de ce surcoût se retrouve rentabilisée par l'économie de carburant qu'elle va engendrer".
L’autre impact évoqué par notre interlocuteur a trait aux stocks de voiture. "On s'est préparé à cette phase. L'homologation des nouveaux types de voitures Euro 6b est valide déjà depuis janvier 2023. Tous les nouveaux types de voitures que nous avons ramenés respectent cette norme".
"Nous avions un moratoire d'une année pour liquider nos stocks de véhicules qui n'étaient pas Euro 6b, lequel a été étendu de six mois. Il se terminera à la fin du mois de juin de cette année, c'est-à-dire dans un mois [le 30 juin 2024, ndlr]. Toutes les marques ont alors pris leur disposition pour ne plus avoir de stock d'ici là, et nous y arriverons sans problème".
"À partir de juillet 2024, nous n'aurons donc plus la possibilité d'immatriculer un véhicule qui n'est pas Euro 6b", conclut notre source.
En effet, un délai de douze mois a été accordé aux opérateurs pour épurer leurs stocks de véhicules non conformes et homologués précédemment, qui a été prolongé de six mois à la demande de l'Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). Mais dès le 1er janvier 2024, il était déjà impossible d’immatriculer un modèle ne répondant pas à la norme Euro 6b.
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