Affaire Bioui-Naciri. Ce jeudi 23 mai, démarrage des audiences publiques
L’examen du dossier de trafic international de drogue impliquant Saïd Naciri et Abdenbi Bioui démarre ce jeudi 23 mai. En attendant de connaître l’issue de cette première audience publique, voici ce qu’il faut savoir sur cette affaire qui coche toutes les cases du grand procès criminel.
Ce jeudi 23 mai, la salle 8 de la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca connaît le démarrage des audiences publiques de l’affaire Naciri-bioui.
Médias24 est sur place. A 11h50, reprise de l’audience et appel des accusés. Le juge Ali Torchi vérifie leur présence. Nous avons compté 31 accusés au total, dont au moins deux poursuivis en état de liberté. Les accusés sont placés dans une box vitrée et surteintée. Ils ne sont pas visibles.
Accusés de piloter un vaste réseau de trafic de stupéfiants, Abdenbi Bioui et Saïd Naciri devront répondre, aux côtés d’une dizaine d’individus, d’une longue liste de griefs incluant l’exportation illégale de drogue, le faux et usage de faux, le trafic d’influence, l’escroquerie...
C’est la première audience d’un procès appelé à marquer la décennie.
Voici ce qu’il faut retenir sur ce dossier, en attendant l’issue de cette première audience.
- L’affaire a été initiée par une enquête de la BNPJ, elle-même impulsée par les confidences d’un certain El Hadj Ahmed Benbrahim, connu médiatiquement sous le nom du "Malien" ou "Escobar du Sahara".
- Les principaux accusés sont deux hommes politiques. Avant cette affaire, Abdenbi Bioui était surtout connu comme président de la région de l’Oriental et fondateur de Bioui Travaux, un des opérateurs les plus en vue du marché national des BTP. Son coaccusé, Saïd Naciri, est un parlementaire (PAM) qui, avant son arrestation, dirigeait le Wydad Athletic Club.
- L’enquête préliminaire avait été suivie d’une instruction judiciaire clôturée en mars 2024.
- Confidentielles en théorie, l’enquête préliminaire et l’instruction judiciaire ont été abondamment documentées par la presse.
Ci-dessous, la liste des accusations retenues à l’issue de l’information judiciaire contre Bioui et Naciri.
>> Abdenbi Bioui :
- Faux en écriture publique par la fabrication de conventions et usage de faux ;
- Extorsion par contrainte de deux écrits opérant une décharge et une disposition ;
- Complicité dans la falsification d’un registre public ;
- Complicité dans un acte arbitraire attentatoire à la liberté individuelle pour la satisfaction de passions personnelles ;
- Corruption ;
- Facilitation de l’entrée et la sortie des nationaux de manière clandestine du territoire marocain, de manière habituelle et dans le cadre d’une association et entente ;
- Participation à une entente en vue de la détention, le transport, l’exportation et la commercialisation de stupéfiants ;
- Recel de choses obtenues à l’aide d’un délit ;
- Participation à un faux témoignage en matière délictuelle en donnant des promesses ;
- Usage de faux en écriture publique (deux pièces utilisées) ;
- Usage de véhicules sans immatriculation ;
- Tentative d’exportation de stupéfiants sans déclaration ni autorisation et complicité ;
- Participation à des paiements directs par devise de marchandises et services à l’intérieur du territoire national ;
- Complicité de paiements sans autorisation de l’Office des changes par des étrangers en vue de l’achat de biens immobiliers au Maroc, et ce, par des moyens autres que la cession de monnaies étrangères à Bank Al-Maghrib.
Le juge d’instruction n’a pas retenu l’accusation de "violation des règles relatives à la circulation de marchandises dans la zone des douanes".
>> Saïd Naciri :
- Faux en écriture publique par la fabrication de conventions et usage de faux ;
- Participation à une entente en vue de la détention, la commercialisation, le transport et l’exportation de stupéfiants ;
- Escroquerie et tentative d’escroquerie ;
- Trafic d’influence par une personne investie d’un mandat électif ;
- Détermination d’autrui à faire des déclarations et attestations mensongères par l’usage de menaces et de pressions ;
- Recel de choses obtenues à l’aide d’un délit ;
- Falsification de chèques ;
- Tentative d’exportation de stupéfiants sans déclaration ni autorisation ;
- Exportation de stupéfiants sans déclaration ni autorisation ;
- Importation de devises étrangères sans autorisation ;
- Paiement direct par devise de marchandises et services à l’intérieur du territoire national ;
- Participation dans le paiement direct, par devise, de marchandises ou services à l’intérieur du territoire national.
Le juge d’instruction n’a pas retenu l’accusation de "violation des règles relatives à la circulation de marchandises dans la zone des douanes".
Vous pouvez consulter ici notre dossier consacré à cette affaire.
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