La situation de l'édition et du livre au Maroc en chiffres
La Fondation Al Saoud du Roi Abdelaziz Al Saoud vient de publier son bilan sur la situation de l'édition et du livre au Maroc dans les domaines de la création littéraire, des sciences humaines et sociales durant l'année 2022-2023. En voici les points saillants.
La scène éditoriale marocaine a connu durant l'année 2022-2023 la publication de 3.482 titres. Les publications en langue arabe dominent largement avec 78,29 % du total. Ceux en français suivent avec 17,72 %. Viennent ensuite celles en anglais à 2,58 %, précédant de peu l'amazigh qui représente 1,51 % des publications.
Selon les chiffres du rapport de la Fondation Al Saoud, qui publie annuellement un rapport sur le paysage de l'édition et du livre, les publications imprimées demeurent prédominantes, représentant 92 % de l'ensemble de la production éditoriale.
À l'opposé, les publications numériques, bien que moins nombreuses avec seulement 8 % du total, montrent une ouverture notable vers l'international, majoritairement en langues étrangères avec 67,02 % des publications en français et anglais qui sont issues d'organismes publics et d'entités officielles, ainsi que des institutions publiques actives dans la recherche. Quant à la production numérique en langue arabe, elle constitue environ un tiers de l'ensemble, avec une grande partie de cette production constituée de traductions des publications étrangères.
Les domaines de connaissances les plus présents dans l'ensemble des publications numériques sont l'économie (38,74 %), la politique et la stratégie (23,03 %) et les sujets de société (10,47 %). On observe également l'émergence de la philosophie qui représente 5,24 % du total des publications numériques.
Les chiffres de la création littéraire
La œuvres littéraires marocaines, notamment les romans, les nouvelles, les poésies et les pièces théâtrales, occupent une place non négligeable dans le secteur de l'édition, représentant 22,03 % du total des livres publiés pendant l'année 2022/2023. Cette production est principalement en arabe (74,77 %), tandis que la production littéraire en français est en baisse, représentant seulement 16,72 % du total de la création littéraire. Quant à la langue amazighe, officialisée en 2011, elle trouve difficilement sa place dans le lot, ne représentant que 6,53 % des œuvres publiées.
Les questions de prédilection
Le rapport indique que la production intellectuelle marocaine reste principalement centrée sur les questions nationales, une conclusion similaire à celle des rapports précédents, où plus de 74 % des publications marocaines sont concentrées sur des sujets relatifs au Maroc. "Les événements et développements dans le reste du monde reçoivent peu d'attention", font observer les auteurs du rapport.
Nationalités, genres et activités des éditeurs
Les données sur la nationalité des auteurs, au nombre de 2.556 couverts par le rapport, montrent que le champ de l'édition marocaine est principalement axé sur la publication de textes par des Marocains, représentant 86,23 % des auteurs.
En ce qui concerne la répartition des auteurs en termes de genre, il ressort des chiffres que l'écriture et la publication au Maroc restent dominées par les hommes, avec un pourcentage de 82,22%. Les publications des auteures marocaines durant la période couverte par le rapport sont principalement concentrées dans les domaines littéraires (182 œuvres littéraires), dont la langue d'écriture des auteures marocaines reste principalement l'arabe (64,64%), bien que la production féminine publiée en français (27,5%) dépasse la moyenne générale pour la production en cette langue, qui est de 17,72%.
Pour ce qui est de l'activité des éditeurs marocains, le total des publications au Maroc pendant la période couverte par le rapport a atteint 2.986 publications, avec la contribution de 141 éditeurs professionnels pour 1.329 titres (45%), et 239 éditeurs institutionnels pour 1.029 titres (34%), tandis que les publications à compte d'auteur ont totalisé 628 titres (21%) partagés entre 617 auteurs.
Régionalement, la région de Rabat-Salé-Kénitra arrive en première position avec 919 publications puis Casablanca-Settat avec 631 publications, tandis que la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima arrive troisième avec 367 publications.
Tendances des prix des livres au Maroc
Le prix moyen du livre marocain publié en 2022-2023 a atteint environ 83,70 DH, soit une baisse de 12,95 DH par rapport aux résultats du rapport précédent. En comparaison, le prix moyen d'un livre en Tunisie est de 121,21 DH. En outre, le prix moyen du livre publié au Maroc ne représente que 30% du livre publié en France.
Le ministère de la Culture est considéré comme le principal sponsor de l'édition au Maroc, ayant fourni un soutien financier à environ 66,45% des livres mentionnés dans le rapport cette année.
Les magazines en chiffres
Le nombre de revues imprimées et électroniques recensées cette année (2022-2023) était de 164, publiées dans 496 numéros, soit une moyenne de trois numéros par an pour chaque revue. Ces magazines sont réparties selon les langues comme suit : en arabe (73,19%), en français (26,41%) et en anglais (0,4%).
Concernant les domaines de connaissance couverts par les différentes éditions de magazines inclus dans les statistiques, les magazines juridiques arrivent en tête (35,28 %), suivis par les magazines économiques (14,11 %), les magazines historiques (13,31 %) et les magazines littéraires (8,87 %).
Les chiffres des MRE
Une nouveauté dans le rapport de la Fondation Al Saoud concerne les données relatives aux publications des Marocains résidant à l'étranger dans les domaines de la littérature, des sciences humaines et sociales. Le total de la production intellectuelle des Marocains dans ces domaines a atteint 653 ouvrages, dont 89 % sont des publications imprimées et seulement 11 % sont des publications électroniques.
L'arabe reste la langue de publication principale avec 71,16 %, suivie par le français avec 25,61 % puis les autres langues (anglais, espagnol et néerlandais), représentant seulement 3,22 %.
La production marocaine à l'étranger est dominée par la création littéraire à hauteur de 29,60 %, suivie par la philosophie à 15,64 % et la sociologie à 12,58 %.
Les statistiques montrent que la majorité des auteurs marocains résidant à l'étranger préfèrent publier leurs œuvres en arabe en Jordanie puis aux Émirats arabes unis, et se tournent vers la France pour publier leurs travaux en français.
à lire aussi
Article : Équipementiers : pourquoi le Maroc doit renégocier son contrat avec Puma
Signé en 2019, le partenariat entre la FRMF et Puma ne correspond plus au nouveau poids des Lions de l’Atlas dans le football continental et mondial. Entre le parcours historique au Mondial 2022, la place du Maroc dans le Top 10 mondial, le sacre continental et la perspective de 2030, la sélection nationale a changé de dimension. Puma paie-t-il encore le Maroc à sa juste valeur ?
Article : Réforme des prix des médicaments : les principales mesures de la version finale du décret
Près d'un an après son annonce au Parlement par le ministre de la Santé, le décret réformant les prix des médicaments est enfin inscrit à l'ordre du jour du Conseil de gouvernement prévu ce jeudi 9 juillet. Voici les principales dispositions de sa version finale.
Article : Mines : les projets de cuivre ouverts à l'investissement par l'ONHYM
Le cuivre n'a jamais valu aussi cher, et le Maroc entend en profiter. Autour du modèle de partenariat de l'ONHYM, projets d'exploration et unités industrielles dessinent une chaîne de valeur intégrée, de la mine à la cathode.
Article : École privée, logement, viande rouge : pourquoi les aides publiques peuvent nourrir la hausse des prix
Le crédit d’impôt pour les frais de scolarité proposé par le RNI relance une vieille question de politique économique. Une aide à la consommation améliore-t-elle réellement le pouvoir d’achat ou finit-elle par être absorbée par les prix ? Dans des marchés peu régulés, où l’offre est limitée et où la formation des prix reste opaque, la réponse n’est jamais automatique. L’argent public, censé soutenir les ménages, n’atteint pas toujours pleinement sa cible.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI recule de 0,93% le 8 juillet 2026
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 8 juillet 2026 en baisse. Le MASI a cédé 0,93% à 18.055,63 points, dans un volume global de 2,67 MMDH.
Article : Fonds des justiciables : la Cour des comptes contrôlera enfin les caisses des avocats
Les caisses des avocats, qui gèrent les fonds déposés par les justiciables auprès des avocats, seront désormais soumis au contrôle de la Cour des comptes, une mesure adoptée après de longs débats au Parlement.