La photo virale du Roi Mohammed VI, entre réalité et intelligence artificielle
La photo du Roi Mohammed VI circulant sur les réseaux sociaux dimanche 17 février a recueilli des dizaines de milliers d'interactions et de partages après avoir été diffusée par des pages marocaines affirmant que le palais royal l'avait récemment distribuée. Cependant, cette affirmation s'est révélée bien loin de la réalité : la photo a été créée par un photographe marocain à l'aide logiciels de retouche photo et l'intelligence artificielle.
Des internautes ont affirmé que le cliché, d'apparence très réaliste, était la dernière apparition publique du Souverain ou une photo récemment publiée par le palais royal.
La photo a suscité des dizaines de milliers d'interactions sur les réseaux sociaux, et a été repartagée par des artistes et des personnalités publiques, devenant également un sujet de discussion et d'interaction parmi les créateurs de contenu sur les réseaux sociaux, où la majorité des commentaires la traitaient comme une image authentique.
Mais est-ce réellement une photo authentique ? Le nom Taha Houssini Prod apparaît sur l'image partagée dans certains posts, permettant, par une recherche, de retrouver le compte Instagram de l'auteur où il a effectivement posté l'image sans fournir de détails sur sa véracité.
Le jeune graphiste Taha Houssini a expliqué sur sa page Instagram que "par amour pour Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu le protège, j'ai réalisé cette modeste œuvre comme un gage d'affection. Cette image n'est pas récente comme le prétendent certaines pages".
Il a précisé que l'image d'origine a été modifiée, déclarant : "Je n'autorise aucun journal ou magazine à la publier comme étant une photo exclusive ou nouvelle. Il s'agit d'une une création issue de mon travail dans ce domaine. Merci et vive le Roi".
Certains juristes mettent en garde contre la diffusion de l'image sans préciser qu'elle est "modifiée" et "non officielle", surtout que le Dahir n° 1.56.204 réglemente la reproduction des images du Souverain, de ses enfants et des membres de la famille royale.
Le premier article du Dahir stipule que "l'exposition, la diffusion, la mise en vente, la vente des photographies, gravures, dessins, peintures, estampes. sculptures, timbres, effigies et en général de toutes les reproductions des traits de Notre Majesté ou de leurs Altesses royales, doivent être soumises à l'autorisation préalable du directeur du cabinet impérial qui accordera son visa sur présentation de maquettes ou de photos conformes".
Le même source insiste sur le fait que "Ladite autorisation est également requise pour la reproduction, en dessin ou photographie, des traits de Notre Majesté ou de leurs Altesses royales sur les tracts et prospectus émis notamment à des fins sociales, politiques ou commerciales".
Dans son deuxième article, le Dahir affirme que "toutes les reproductions exposées, diffusées, mises en vente ou distribuées devront obligatoirement porter mention du nom de l'auteur et du numéro du visa accordé".
Quant au troisième article, il dispose que " toute infraction aux dispositions du présent dahir sera punie d'une amende de 500 à 50.000 francs et d'une peine d'emprisonnement de 8 jours à 3 mois, ou de l'une de ces deux peines seulement".
Au-delà du fait, évident, de la manière spontanée et immédiate dont la photo a été plébiscitée, cet épisode laisse perplexes les commentateurs qui s'intéressent à l'Intelligence artificielle et ses nombreux usages et détournements.
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