Mohamed Ouzzine : “Nous avons hâte de jouer un rôle de leadership, car le MP a rompu avec l’ère des seconds rôles”

Plus d'un an après son élection au secrétariat général du Mouvement Populaire, Medias24 a recueilli le point de vue du successeur de Mohand Laenser sur plusieurs sujets d’actualité comme le positionnement politique de son parti, l’enrichissement personnel ou la réforme de la Moudawana. Dans cet entretien, Mohamed Ouzzine qui tout en prônant des valeurs de modernité reconnaît être conservateur quand il s'agit de l'identité des Marocains affirme avoir de grandes ambitions pour son parti.

Rabat : Mohamed Ouzzine nouveau secrétaire général du Mouvement populaire

Mohamed Ouzzine : “Nous avons hâte de jouer un rôle de leadership, car le MP a rompu avec l’ère des seconds rôles”

Le 8 février 2024 à 13h36

Modifié 8 février 2024 à 21h25

Plus d'un an après son élection au secrétariat général du Mouvement Populaire, Medias24 a recueilli le point de vue du successeur de Mohand Laenser sur plusieurs sujets d’actualité comme le positionnement politique de son parti, l’enrichissement personnel ou la réforme de la Moudawana. Dans cet entretien, Mohamed Ouzzine qui tout en prônant des valeurs de modernité reconnaît être conservateur quand il s'agit de l'identité des Marocains affirme avoir de grandes ambitions pour son parti.

Conservateur, libéral, islamiste, populiste…, les qualificatifs accolés par les politologues à Mohamed Ouzzine ne manquent pas et sont d’ailleurs très souvent contradictoires. Après avoir sondé le secrétaire général du PPS sur son désir de rassembler la gauche pour les prochaines législatives, notre rédaction donne la parole à ce membre de l'opposition qui se fait notamment remarquer pour ses sorties à l’étranger qui défendent la cause nationale ainsi que ses interventions passionnées au Parlement.

Médias24 : C’est quoi l’identité et l’idéologie du Mouvement populaire aujourd’hui ?

Mohamed Ouzzine: Tout d'abord, je voudrais souligner que la question de l'identité et de l'idéologie ne se pose plus aujourd'hui comme elle l'était par le passé, et ce constat n'est pas seulement valable au Maroc mais aussi dans le monde entier.

Après la chute du mur de Berlin, la polarisation qui caractérisait le monde après la Seconde Guerre mondiale s’est effondrée, ce qui a incité certains à parler de la fin de l’idéologie.

Est-ce vrai ?

A mon avis, et c’est ce que j’estime être le plus vraisemblable, l’échec de certains modèles qui ont adopté le communisme ne signifie pas que le communisme est mort.

Il en est de même de certains modèles ayant adopté des orientations libérales qui n’ont pas nécessairement réussi.

En raison de la prise de conscience croissante des peuples, la politique a été contrainte de faire preuve de pragmatisme afin de pouvoir répondre aux aspirations des peuples et au déterminisme du développement.

Cette introduction était nécessaire avant de répondre à votre question concernant l’identité et l’idéologie du Mouvement Populaire qui nous renvoie au contexte et au référentiel de la fondation du parti.

Notre parti a été fondé dans le contexte des premières années de l'indépendance du Maroc, lorsque la tendance dominante dans les pays nouvellement indépendants était celle qui s’inspirait de la pensée socialiste et communiste ou de celle du panarabisme, ce qui a d'ailleurs souvent abouti à la consécration de régimes totalitaires et militaires qui ont évincé la liberté et la démocratie.

Ayant pris conscience très tôt du danger du système du parti unique, les pères fondateurs de notre parti étaient par conséquent déterminés à jeter les bases de la liberté et du pluralisme dans le cadre d'une monarchie tirant sa légitimité religieuse de son lignage noble et de la légitimité historique de sa direction a été en mesure, grâce a la révolution du Roi et du peuple, d'arracher l'indépendance et de se libérer du joug du protectorat.

Ainsi, le référentiel idéologique adopté par les fondateurs du Mouvement Populaire a été et restera un référentiel issu du sol marocain et des valeurs spirituelles et culturelles héritées tout au long de plusieurs siècles.

Ce référentiel n'est ni orientaliste ni occidentaliste, mais plutôt marocain qu'on appelle Tamaghrabite.

-Quelles sont les valeurs et la ligne politique que vous défendez ?

-C'est le même référentiel évoqué précédemment qui définit nos valeurs et notre orientation politique.

A savoir jeter les bases d'un Maroc fort, cohésif et solidaire, un Maroc ouvert au développement et à la modernité, capitalisant sur les acquis de l'humanité en matière de science, de technologie, de communication et de complémentarité et attaché aux affluents de son identité islamique-amazighe-arabe-africaine-méditerranéenne-hébreu, authentique et ancrée dans l'histoire, comme fondements authentiques et composantes essentielles de la personnalité nationale.

Contrairement à ce que certains tentent de promouvoir, être un notable n'a rien de péjoratif

-Partant de ce que vous venez de dire, qui sont les électeurs du Mouvement populaire ?

- Ce sont des Marocains de toutes les couches, zones et spectres, car le MP qui n’a pas été fondé sur la base de critères ethnique, régional ou lié à la classe sociale, est le parti de tous les Marocains.

Compte-tenu du contexte de sa fondation, le parti a pu,  dans le passé, être considéré comme un parti du monde rural et de la catégorie des notables.

Cela dit, contrairement à ce que certains tentent de promouvoir, être un notable n'a rien de péjoratif, car les notables ont toujours joui d’un statut symbolique au sein de leurs tribus et leur parole était très écoutée, quand il s’agissait de résoudre des conflits ou des différends entre les membres de la tribu.

En réalité, l'accélération des transformations que la société marocaine a enregistrées, ainsi que le transfert des problèmes du village vers la ville en raison de l'exode rural, sont autant de facteurs qui ont contribué au changement des masses électorales.

C'est ainsi que le parti du Mouvement Populaire a commencé à remporter de nouvelles voix dans les villes et les métropoles, qui étaient autrefois l’apanage de partis d’élites.

C’était avant la naissance de nouveaux partis qui puisaient dans les mêmes bastions du Mouvement Populaire et tirer profit de leur fraîcheur pour rivaliser avec lui localement.

A titre d’exemple, je rappelle les expériences de notre parti qui a géré de grandes villes comme Rabat et Salé lors de la première expérience de l'unité de la ville.

La tendance est fortement basée sur le renouvellement et le rajeunissement des élites, comme le montre la composition actuelle du bureau politique de notre parti.

-Y-a-t-il des jeunes qui votent pour le MP et avez-vous l’ambition de rajeunir ses rangs ?

-Comme je l'ai affirmé précédemment, la pensée harakie est répandue parmi toutes les catégories et générations, en particulier chez les jeunes.

Ces derniers ont en effet trouvé dans le parti un espace ouvert qui leur permet de développer leur personnalité, de s’émanciper politiquement et d’accéder à des responsabilités en un temps court à condition de disposer des compétences requises.

Personnellement, même si j'ai dépassé le stade de la jeunesse, je conserve encore l'énergie et la volonté des jeunes et je tiens toujours à les côtoyer de près.

C'est pourquoi la tendance est fortement basée sur le renouvellement et le rajeunissement des élites, comme le montre la composition actuelle du bureau politique de notre parti.

Je travaille avec une équipe proche dont la plupart des membres sont des jeunes; s’ils ne le sont pas au regard de leur âge, ils le sont au vu de leurs pensée vivace, enthousiasme, vitalité et convictions.

Nous considérons que la reconnaissance de nos idées est une victoire et une justice rendue à la pensée harakie

-Avec un paysage politique balkanisé qui compte près de 30 partis, y-a-t-il encore de la place pour un "petit" parti comme le MP ?

-Premièrement, j’émets de fortes réserves et je m'oppose au fait de qualifier le premier parti fondé au Maroc au lendemain de l'Indépendance de « petit parti ».

Ce type de classification est irrecevable si nous prenons en considération la nature du paysage politique national, voire les lois électorales et les méthodes utilisées lors des élections qui ont gravement porté atteinte au principe de la compétition loyale et ont eu pour conséquence de décimer toute concurrence sur les programmes et les idées.

Nos idées ont toujours eu un grand impact et ont d'ailleurs été adoptées aujourd'hui par ceux qui les combattaient hier.

J'en veux pour preuve le fait qu'elles sont désormais constitutionnalisées.

Ainsi, il me suffit de rappeler aujourd'hui que le Mouvement Populaire a été à l'origine de la promulgation du dahir sur les libertés publiques, dont jouit tout le monde aujourd'hui.

Un dahir qui plaidait en faveur de la régionalisation et qui avait été taxé à l'époque d’être ethnique et régional alors qu’aujourd'hui cette notion est devenue une option constitutionnelle.

Nous avons défendu le monde rural, et aujourd'hui le monde rural jouit de droits constitutionnels grâce à la régionalisation avancée.

Quand nous défendons notre identité, à savoir la langue amazighe, nous étions traités d'ethnicistes et de racistes.

Alors qu'aujourd'hui, tout le monde a adopté cette composante identitaire authentique, qui jouit désormais de droits constitutionnels.

Nous avons appelé à une relecture de l'histoire du Maroc à travers l’institution du Nouvel An Amazigh comme fête nationale et jour férié officiel.

Certains se moquaient de nous, jusqu'à ce que la Décision Royale intervienne et mette fin à toutes les surenchères qui ignorent l'histoire du Maroc sur cette question.

Nous considérons que la reconnaissance de nos idées est donc une victoire et une justice rendue à la pensée harakie.

Notre problème est que nos idées sont importantes, mais que la manière avec laquelle nous les avons promues était peut-être caractérisée par certaines carences qui s'expliquent par la faiblesse de nos médias.

J’estime qu'il serait objectif de ne pas se limiter, dans la classification des partis, au critère de la majorité numérique, mais de s’appuyer aussi sur les projets sociétaux, les alternatives et les idées produits par les partis

Surtout si l'on tient compte de l'atmosphère dans laquelle se sont déroulées les élections du 08 septembre 2021.

Vous avez également évoqué le phénomène de balkanisation des partis qui mérite une analyse sereine pour en relever les causes et s’interroger à qui en incombe la responsabilité.

Est-ce les lois régissant les partis ou les partis politiques eux-mêmes, dont certains ont connu des scissions successives qui ont donné naissance à des partis dont la plupart ne sont pas présents sur la scène politique et dont la création n’était motivée que par une lutte sur le leadership.

A ce propos, nous ne nions pas que le parti du Mouvement Populaire a également connu des scissions, mais le fait de faire prévaloir la sagesse et d’œuvrer pour parvenir à une véritable polarisation ont été à l'origine de la décision courageuse de fusionner en 2006 les trois partis à savoir le Mouvement Populaire, le Mouvement National Populaire et l’Union Démocratique.

Si cette décision a valu aux composantes de la famille harakie de perdre certaines positions électorales, nous estimons que c’était le prix à payer pour débarrasser la scène politique de la balkanisation.

Le problème ne réside pas dans la langue ou dans son alphabet, mais plutôt dans l’existence ou non d’une véritable volonté politique du gouvernement de mettre en œuvre le caractère officiel de la langue amazighe dans tous les aspects de la vie publique.

-Sachant que vous privilégiez l’amazighité, peut-on en déduire que le MP est un parti ethnique ?

-Nous avons été pionniers quand il s’agissait de défendre la langue et la culture amazighes, non pas au motif que nous sommes un parti régional, un qualificatif que certains tentent de nous coller, mais plutôt parce que nous étions conscients que la force du Maroc réside dans la consécration de son identité plurielle, riche de ses multiples affluents.

Nous avons beaucoup souffert de ce choix, avant que l'histoire ne nous rende justice et que tout le monde adopte la cause de la langue amazighe, même ceux qui jusqu'à récemment y étaient hostiles.

Aujourd’hui, tout le monde est conscient que notre traitement de la question amazighe n’a jamais été fondé sur des considérations raciales et ethniques, car les Marocains forment un seul peuple uni autour des constantes nationales et spirituelles et des valeurs de « Tamaghrabite ».

-Est-ce que la culture berbère est en opposition avec le panarabisme défendu par des partis à référentiel islamiste ?

-C'est une autre tentative d’altérer la réalité car les Amazighs n’ont jamais été hostiles à la langue arabe.

Pour eux, c’est la langue du Saint Coran qui est la voix de la religion à laquelle ils croient tous.

D’ailleurs, l'histoire et la réalité confirment ce fait à travers les écoles de mémorisation du Coran répandues dans la région du Souss et les œuvres de feu Mohamed Al Mokhtar Soussi qui sont la preuve éclatante que les premiers à avoir préservé et préservent encore la langue arabe sont les Amazighs.

C'est pourquoi, au sein du Mouvement Populaire, nous défendons la langue amazighe et l'activation de la mise en œuvre de son caractère officiel conformément à la constitution.

Dans le même temps, nous défendons la langue arabe officielle, qui a aussi été marginalisée ou absente dans un grand nombre d'administrations marocaines au profit de la langue française.

En d’autres termes, nous défendons l’identité marocaine qui est un trait de caractère du Mouvement Populaire que nous œuvrerons à mettre davantage en valeur.

-Pensez-vous possible de généraliser l’usage de cette langue aux 37 millions de marocains ?

-Votre question prend la forme d'un défi, mais c'est un pari qui peut être relevé, car la langue amazighe n'est pas une langue surannée.

En effet, elle est répandue dans de nombreuses régions et un grand nombre de Marocains sont amazighophones.

C'est aussi la langue de prédilection des poètes et des artistes pour créer, ainsi que la langue de production de films cinématographiques et télévisuels et de programmes dans tous les domaines.

Le problème ne réside pas dans la langue ou dans son alphabet, mais plutôt dans l’existence ou non d’une véritable volonté politique du gouvernement de mettre en œuvre le caractère officiel de la langue amazighe dans tous les aspects de la vie publique.

Je suis certain que s’il existe une volonté politique et des ressources financières, humaines et pédagogiques mobilisées, l’amazigh se répandra non seulement parmi les 37 millions de Marocains, mais attirera aussi de nombreuses personnes qui veulent l'apprendre dans d'autres pays.

-En quoi le MP de Mohamed Ouzzine est différent de celui de Ssi Laenser ?

-Les êtres humains ne peuvent pas être reproduits ou clonés et sachant que l’on dit que "le style c’est l’homme", chaque période a donc son contexte, ses particularités et ses nécessités qui dépassent l'individu.

Ainsi, la lecture de la transition à la tête du parti entre la période de Ssi Mohand Laenser et celle de Mohammed Ouzzine, ne doit pas se baser sur la comparaison, car il s'agit de renouvellement dans le cadre de la continuité.

Par conséquent, le parti de Ouzzine n'est pas parti de rien, mais a accumulé un capital sur plus de 60 ans, marqué par l'empreinte de Monsieur Laenser, tout comme celle du regretté Mahjoubi Aherdane.

Je ne vais pas me juger et je laisse cela à vous et aux autres, mais en ce qui concerne Ssi Laenser, je peux dire que c’est un homme d'État connu par ses positions modérées et équilibrées!

Il restera donc pour moi et pour tous les militants du MP une référence incontestable.

Dans le passé les Marocains étaient « gouvernophiles » alors qu’aujourd’hui ils sont devenus « gouvernophobes » en raison de ce qu’ils pensent être une "inaptocracie" manifeste.

-Sachant que votre parti n’a jamais été en position de mener une coalition gouvernementale, vers quelle formation politique importante (RNI, PI ou PAM) vous sentez-vous le plus proche ?

-Je rappelle une fois de plus que le système électoral, voire la nature du paysage politique au Maroc, ne permettent pas à un parti défini d'obtenir une majorité absolue qui lui permettrait de former un gouvernement à lui seul comme il le souhaite.

De même, l’amplification du phénomène de l’abstentionnisme aux élections, l’utilisation de l’argent et les promesses farfelues pour gagner les voix de catégories souffrant de pauvreté et de vulnérabilité sont autant de facteurs qui travestissent la réalité de la carte politique.

Au Mouvement Populaire, nous n’en avons pas les moyens et nous ne voulons nullement recourir à ce genre de méthode pour remporter des votes.

Notre parti n'a jamais été aux commandes d’une expérience de la gestion gouvernementale, mais nous avons souvent participé à des alliances sur la base d’un accord sur un seuil minimum commun avec nos alliés, sachant que le système électoral ne permet pas la conclusion d’alliances préalables.

Ainsi, nous constatons qu’on tente souvent de s’assurer une majorité numérique dans laquelle se retrouvent les libéraux, les socialistes, les communistes et les islamistes.

C’est pourquoi et sur cette base que nous sommes proches de tout le monde, car nous sommes un parti modéré.

-Que pensez-vous du gouvernement actuel ?

-Je ne vais pas me lancer dans la psychologie de l’exécutif, je ne suis pas habilité à le faire.

Mais une chose est sure, dans le passé les marocains étaient « gouvernophiles » alors qu’aujourd’hui ils sont devenus « gouvernophobes » en raison de ce qu’ils pensent être une "inaptocracie" manifeste.

Si nous n’avons pas le moindre doute sur leurs bonnes intentions, on doute par contre de leurs compétences pour honorer leurs engagements .

Et pour cause, c’est un gouvernement qui se veut celui des compétences mais qui cache bien ses compétences

De plus on ne peut pas dire qu’ils soient volubiles en termes de communication.

Nous sommes face à un gouvernement qui multiplie atermoiements, procrastination, tergiversation et n’arrive pas à donner le la face à la spirale inflationniste qui entraîne des dégâts collatéraux à l’image des hausses des prix qui ont un impact brutal sur le pouvoir d’achat des Marocains

Abandonnés à leur sort, les Marocains n’ont plus d’emprise sur leur destin face à cette démission gouvernementale.

Certes des mesures sont parfois prises mais le plus souvent sont anecdotiques et sans impact réel sur la vie des citoyens.

D’ailleurs pourquoi me posez-vous cette question alors que vous avez déjà la réponse puisque la discussion quotidienne des foyers marocains porte surtout sur la hausse des prix et l’absence de réponse gouvernementale.

J'ai hâte de voir, par exemple, le chef d'un parti de la majorité venir défendre le programme gouvernemental face au chef d'un parti de l’opposition.

-A part vous opposer aux partis de la majorité, quelles seraient vos priorités si vous étiez au pouvoir ?

-A supposer que nous parvenions à la gestion des affaires publiques en tant que parti en tête ayant la capacité de peser sur une coalition, j’estime que la priorité des priorités pour nous serait de réhabiliter l’action politique et de hisser le niveau de confiance dans la politique.

A travers l’adoption d’un discours clair et d’un programme précis et réaliste, loin du langage des promesses vaines.

Contrairement à certains hommes politiques de premier plan qui disent une chose et font son contraire avec des promesses jamais tenues, nous serons francs avec les Marocains.

Nous présenterons des programmes réalisables basés sur des études socio-économiques réalistes avec des sources de financement claires et des délais de réalisation précis.

Nous n’afficherons pas des chiffres au cours des campagnes électorales, mais nous mènerons plutôt des réformes fondamentales de nature à augmenter les chiffres et à leur donner une véritable valeur.

Nous espérons que l’efficacité de cette approche sera perçue par les citoyens pour ne plus être attirés et trompés par des chiffres faux et lénifiants, et afin de ne pas reproduire la même expérience que celle que nous vivons aujourd’hui.

C’est pour nous l’unique voie politique vers le succès d’autant plus que nous veillerons également à tirer profit des véritables compétences nationales pour faire face aux différents défis et enjeux.

-Comptez-vous rejoindre l’association en cours du PPS et de l’USFP qui veulent proposer une alternance au gouvernement actuel aux prochaines élections ?

-Je me dois de rappeler que nous avons organisé une rencontre de coordination avec les frères du PPS avant leur rencontre avec la direction de l'USFP.

Après cette rencontre, il s’est avéré que cette coordination, chancelante au début, commence à faire son chemin.

Mais des échanges intenses ont aussi lieu avec d’autres partis de l’opposition y compris le PJS, qui partagent notre mécontentement de la situation politique actuelle.

-Justement, seriez-vous prêts à gouverner à nouveau avec le PJD ?

-Nous avons déjà participé à deux gouvernements qui étaient dirigés par ce parti et nous étions d'accord sur des questions et en désaccord sur d'autres.

Je ne vois par conséquent aucune objection à rééditer l'expérience si les conditions sont réunies et si nous sommes d'accord sur un seuil minimum commun.

Nous avons hâte de jouer des rôles de leadership car le Mouvement Populaire, a rompu avec l’ère des petits rôles. Pour nous, c’est une question d’être ou de ne pas être.

-Vous considérez-vous comme un parti d’appoint ou pensez-vous pouvoir réunir suffisamment d’élus aux prochaines élections pour diriger un gouvernement ?

-Nous ne réduisons pas l'ambition de notre parti à la direction du gouvernement car notre priorité est plutôt de restaurer la confiance dans l’action politique et d’assumer notre rôle de parti national honnête et sérieux dans l’encadrement des citoyens, dans la sensibilisation et le renforcement de l’esprit de citoyenneté chez eux.

Aujourd'hui, nous sommes face à un grand défi.

Notre discours est entendu, nos positions sont sincères et audacieuses et notre parti est ouvert aux potentialités et compétences nationales.

Notre réussite demeurera cependant tributaire de notre capacité à assurer une forte organisation et à mobiliser la catégorie silencieuse et insatisfaite des conditions d’aujourd’hui conformément à ce que leur offrira notre projet sociétal et notre vision du Maroc de demain.

Nous sommes pleinement convaincus que nous réussirons à gagner ce pari.

-Comment voyez-vous le MP pour les prochaines élections législatives et dans 10 ans ?

-Nous avons hâte de jouer des rôles de leadership car le Mouvement Populaire, a rompu avec l’ère des petits rôles.

Pour nous, c’est une question d’être ou de ne pas être.

Aujourd'hui, nous travaillons donc en silence.

Nous restructurons, renouvelons, recrutons et mobilisons avec une nouvelle organisation des femmes, une nouvelle jeunesse, une nouvelle instance d'avocats, une nouvelle alliance d’ingénieurs, un nouveau forum des cadres et nous lancerons bientôt une instance de médecins et de pharmaciens ainsi que de professionnels.

Pour cela, nous entamerons bientôt un programme de sorties régionales pour faire en sorte qu’une nouvelle dynamique puisse caractériser un nouveau Mouvement Populaire.

Sans vouloir se livrer à des spéculations chiffrées sur nos intentions, notre ambition est grande, croyez-moi…

-Quel est votre projet de société pour le Maroc ?

-Nous sommes en train d’élaborer un projet sociétal que nous présenterons à la fin de cette année pour savoir de quelle société nous voulons à l’horizon 2050.

Nous ne voulons pas seulement investir dans l’élaboration d’une plateforme politique pour les besoins des élections qui sont un horizon et un plafond limité.

Aujourd’hui, nous voulons que les partis rivalisent non pas par leurs programmes électoraux, mais par leurs projets sociétaux, qui devraient être au centre de débats entre les chefs des partis, dont plusieurs fuient le débat public.

A ce propos, je reçois de nombreuses invitations à des émissions télévisées en tant que chef de parti.

Mais les interlocuteurs proposés sont toujours des parlementaires ou des membres des équipes dirigeantes des partis.

Si cela n’enlève rien à leur valeur ou à leur compétence, les Marocains ont le droit de suivre des débats entre des chefs de partis.

J'ai hâte de voir, par exemple, le chef d'un parti de la majorité venir défendre le programme gouvernemental face au chef d'un parti de l’opposition.

Mais malheureusement, ils préfèrent se cacher et c'est selon moi ce qui explique la faiblesse de nos acteurs politiques qui accèdent à la responsabilité sans l’assumer pour autant.

-A ce propos, que pensez-vous de la réforme de la Moudawana ?

-La réforme et l’amendement du code de la famille est une chose ordinaire et inévitable, car dictée par la loi de l'évolution.

Deux décennies après la publication de ce code en 2004, et comme indiqué dans le discours du Trône de 2022, il est devenu nécessaire d'évaluer l'expérience de 20 ans de sa mise en œuvre.

Afin d'en identifier les dysfonctionnements et les lacunes et œuvrer ainsi, selon une approche participative, à l’élaboration d’un nouveau code de la famille qui prenne en compte, d’une part, les dispositions de la Constitution mais aussi les évolutions survenues dans la structure familiale, tout en se conformant aux engagements internationaux du Maroc.

-Avez-vous des propositions concrètes pour faire avancer ce dossier ?

-Nous avons soumis à la commission chargée de superviser la réforme et l'amendement du code de la famille un mémorandum détaillé qui comprend des propositions d'amendement conformes à nos convictions de parti ouvert.

Il appelle à l'harmonie entre le sacré et la modernité à travers la consécration d’une jurisprudence qui ne contredise pas les textes coraniques formels tout en mettant à profit la religion au service des femmes et des hommes ainsi que l’intérêt suprême de l’enfant qui doit être pris en compte.

Je suis certain que grâce à l'esprit de consensus et à la vision sage et perspicace de Sa Majesté le Roi, Amir Al Mouminine qui est le Commandeur des Croyants, le Maroc réussira ce chantier social visant à consacrer la cohésion familiale comme base de la cohésion et de la stabilité sociétales.

-Quelle est votre position sur l’instauration d’une loi sur l’enrichissement personnel ?

-Le retrait par le gouvernement du projet de loi sur l’enrichissement légitime a provoqué une grande polémique en raison des mauvaises interprétations et des surenchères.

Selon moi, il suffit de clarifier le sens et les objectifs de ce projet de loi afin de mettre en oeuvre, le cas échéant, une loi incriminant l’enrichissement illicite.

-Sachant que vous préconisez la transparence et la reddition des comptes, avez-vous fait votre déclaration de patrimoine ?

-Pour vous répondre, je vous renvoie à la réponse du philosophe grec Socrate après qu'il ait été condamné à mort en buvant du poison et la tentative de certains de ses disciples de l'aider à fuir.

Il leur a dit « Les lois doivent être respectées même si elles sont injustes ».

Bien sûr que je pratique la politique dans le respect des lois en vigueur, et que j'ai fait ce que j'avais à faire en matière de déclaration de mon patrimoine afin de respecter la loi en vigueur.

-Quelles sont vos sources de revenus en dehors de votre siège de député ?

-Je n'ai pas d'autre revenu que les indemnités relatives à ma fonction représentative.

En effet, je ne suis pas un homme d'affaires et je ne possède pas des sociétés, des fermes ou des carrières.

Pour être franc avec vous et au risque de vous choquer, je pense que quiconque intègre le monde politique ou assume des responsabilités sans être un homme d'affaires, un investisseur ou un héritier et devint subitement propriétaire de biens (villas, appartements...) en montrant des signes ostentatoires de richesse doit automatiquement faire l’objet de suspicion et soulever plusieurs interrogations voire une enquête.

Pour en revenir à ma personne, vous pouvez passer en revue mon expérience : Sachant que j'ai occupé plusieurs fonctions gouvernementales et représentatives et que ma femme est directrice centrale, aujourd’hui notre seul bien, malgré nos postes de responsabilité, est un appartement dont nous remboursons toujours la dette en payant des mensualités.

Je sais que ça va vous choquer, mais si vous êtes propre, c’est tout ce que vous pouvez accomplir.

- Très suivies, vos interventions à l’étranger autour de la cause nationale vous valent le qualificatif de populiste sympathique, mais qui est vraiment Mohamed Ouzzine ?

-Mohamed Ouzzine est le fils du peuple qui a grandi, a étudié et été élevé au sein du peuple.

Il a fait ses études à l'école publique et acquis le cachet de Tamaghrabite au gré de ses chicaneries dans les quartiers populaires ainsi que la fermeté dans ses positions de la montagne dont il est natif.

Mohamed Ouzzine croit en la nécessité pour les jeunes d’exercer la politique afin que celle-ci ne soit pas exercée contre eux.

Mohamed Ouzzine est venu des marges vers le centre pour servir et faire entendre la voix de ceux qui sont dans les marges.

Quant à mes sorties médiatiques pour défendre la patrie et ses constantes, croyez-moi c’est la passion qui me fait parler .

C'est le langage du cœur qui me guide et me donne le courage de la franchise et la force de l’honnêteté.

Si c’est du populisme, alors je suis populiste et j’en suis fier!

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