Pour Nasser Bourita, l'Afrique du Sud n'a “ni poids ni influence dans le dossier du Sahara marocain”
Interrogé ce mardi 6 février sur la récente visite de l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, en Afrique du Sud, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, a déclaré que l'Afrique du Sud n'avait "ni poids ni influence dans le conflit du Sahara marocain".
Lors d'un point de presse en marge de la Conférence ministérielle de haut niveau sur les pays à revenu intermédiaire à Rabat, Nasser Bourita a déclaré que "le Maroc se concentrait sur trois éléments non sujets à discussion avec les responsables de l'ONU, commençant par les parties au conflit, donc il ne faut surtout pas essayer d'impliquer des parties qui en sont éloignées".
Il a poursuivi : "Le Maroc met également l'accent sur le mécanisme de travail pour résoudre le conflit, c'est-à-dire les tables rondes, une question déjà résolue pour le Royaume. Vient ensuite le plan d'autonomie, un principe qui ne peut être sujet de discussion ou négociation, que ce soit avec le secrétaire général, l'ONU ou les envoyés de l'ONU. Cette proposition est la seule solution à ce conflit artificiel".
Le chef de la diplomatie marocaine a également souligné que l'importance de l'Afrique du Sud ne devrait pas être surévaluée dans le conflit du Sahara marocain, notant que depuis vingt ans, l'Afrique du Sud a adopté une position hostile à l'intégrité territoriale du Royaume.
L'envoyé personnel des Nations Unies peut aller jusqu'à Mars... le même traitement sera réservé à l'Afrique du Sud, à sa juste mesure, sans qu'elle ait la capacité ni l'aptitude à influencer le dossier.
"Ce qui a changé, c'est que 27 pays ont retiré leur reconnaissance de l'entité fantôme, malgré les actions et les positions prises par l'Afrique du Sud", a-t-il fait observer.
"La moitié des pays amis de l'Afrique du Sud ont retiré leur reconnaissance, et un tiers de ces pays ont ouvert des consulats à Dakhla ou Laâyoune", ajoutant que "ces données confirment la taille réelle de cet État".
En outre, il a minimisé les conséquences de la visite "étrange" effectuée par l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies au Sahara, Staffan de Mistura, en Afrique du Sud, en tentant de "l'impliquer comme partie dans le dossier".
Si l'Afrique du sud avait pu influencer le cours du dossier, cela aurait été le cas depuis 2004 ou même dans son entourage
"L'envoyé personnel des Nations Unies peut aller jusqu'à Mars... le même traitement sera réservé à l'Afrique du Sud, à sa juste mesure, sans qu'elle ait la capacité ni l'aptitude à influencer le dossier. Si elle avait pu influencer le cours du dossier, cela aurait été le cas depuis 2004 ou même dans son entourage", a-t-il soutenu.
Nasser Bourita a rappelé que "l'Afrique du Sud a été membre non permanent du Conseil de sécurité à trois reprises depuis sa reconnaissance de l'entité fantôme et a accepté de ne s'opposer à aucune décision du Conseil de sécurité concernant le dossier, qui [les décisions] allaient dans le sens de soutenir l'autonomie, de définir les parties au conflit et de confirmer les tables rondes".
Et d'ajouter : "Si l'Afrique du Sud avait la capacité d'influencer, elle aurait empêché le Maroc d'intégrer l'Union africaine, dont il est membre depuis maintenant six ans", notant qu"'elle a tenté d'empêcher le Maroc d'entrer dans le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, mais le Maroc est également membre de celui-ci depuis cinq ans, depuis son retour à l'Union africaine, et le préside ce mois-ci malgré l'opposition de l'Afrique du Sud. Même chose pour l’élection du Maroc à la présidence du Conseil des droits de l’Homme en janvier dernier".
"Pirouettes et excentricités"
Le ministre des Affaires étrangères a conclu qu'"avec ses pirouettes et ses excentricités, l'Afrique du Sud n'affecte pas le dossier et ne sera pas en mesure de l'influencer, parce que sa taille au sein de la communauté internationale et africaine est désormais connue, faisant d'elle un acteur marginal dans le dossier du Sahara marocain".
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