Bank Al-Maghrib garde inchangé le taux directeur

Le dernier changement correspondait à une hausse du taux directeur de 50 points de base, le 21 mars 2023. Le taux directeur reste donc à 3%. Il est demeuré inchangé lors des deux conseils de la Banque centrale, en juin et septembre. Les prévisions de croissance pour 2024 demeurent stables par rapport aux anciennes prévisions de Bank Al-Maghrib en septembre dernier.

Bank Al-Maghrib garde inchangé le taux directeur

Le 19 décembre 2023 à 14h05

Modifié 20 décembre 2023 à 9h16

Le dernier changement correspondait à une hausse du taux directeur de 50 points de base, le 21 mars 2023. Le taux directeur reste donc à 3%. Il est demeuré inchangé lors des deux conseils de la Banque centrale, en juin et septembre. Les prévisions de croissance pour 2024 demeurent stables par rapport aux anciennes prévisions de Bank Al-Maghrib en septembre dernier.

"Le conseil a jugé que le niveau actuel de 3% du taux directeur reste approprié et favorise le retour de l'inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix", indique Bank Al-Maghrib (BAM) dans un communiqué publié à l'issue de la dernière réunion trimestrielle de son conseil au titre de l'année 2023.

Le conseil a décidé de maintenir inchangé le taux directeur tout en continuant de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et des pressions inflationnistes, tant au niveau national qu’international, précise le communiqué. Au regard de l’ensemble des données de conjoncture, dont l'évolution de l'inflation, du niveau élevé d’incertitude liée à l’évolution de la conjoncture internationale, le conseil de Bank Al-Maghrib, réuni ce mardi 19 décembre 2023, a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 3%.

Le conseil souligne qu'au niveau national, le bilan du séisme d’Al Haouz a été lourd sur le plan humain, mais ses répercussions sur l’activité économique devraient être faibles selon les différentes évaluations réalisées à ce sujet, y compris celle effectuée par BAM. En revanche, la concrétisation des nombreux chantiers d’envergure prévus, ou en cours de mise en œuvre, laisse espérer une nouvelle dynamique de l’investissement et de l’activité économique à moyen et long terme.

Voici ce qu'il faut retenir des observations et projections du conseil concernant les indicateurs macroéconomiques :

- Inflation domestique : Le conseil a noté un ralentissement sensible qui devrait se poursuivre à moyen terme. En effet, depuis le pic de 10,1% atteint en février dernier, l’inflation a décéléré progressivement pour revenir à 4,3% en octobre et terminerait l’année avec une moyenne de 6,1% contre 6,6% en 2022.

Tenant compte de la dissipation prévue des pressions inflationnistes d’origine externe, des effets directs des mesures fiscales de la loi de finances 2024 et du processus de décompensation graduelle prévu par la programmation budgétaire triennale 2024-2026, et sous l’hypothèse d’une quasi-stabilité des prix des produits alimentaires à prix volatils, l’inflation devrait enregistrer une nette baisse pour se situer autour de 2,4% en 2024 et en 2025. La prévision d'inflation pour 2024 est en léger retrait par rapport à l'ancienne prévision au mois de septembre qui se fixait à 2,6%. Sa composante sous-jacente connaîtrait une évolution similaire, passant de 6,6% en 2022 à 5,6% en 2023, puis s’atténuerait à 2,4% en 2024 et à 2,3% en 2025.

Le conseil a également relevé que les anticipations d’inflation à moyen terme, telles qu’elles ressortent de l’enquête trimestrielle de BAM, ont continué de diminuer au quatrième trimestre de 2023, et que la transmission cumulée de ses trois dernières décisions de relèvement du taux directeur aux conditions monétaires et à l’économie réelle se poursuit.

Vidéo de la conférence de presse de M. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib

- Croissance économique légèrement revue à la hausse : Au niveau national, tenant compte d’une production céréalière de 55,1 millions de quintaux au titre de la campagne précédente, la valeur ajoutée agricole devrait s’améliorer de 5% en 2023. Elle augmenterait ensuite de 5,9% en 2024 et de 2% en 2025, sous l’hypothèse de productions céréalières moyennes de 70 millions de quintaux et de la poursuite de la performance tendancielle des autres cultures.

Pour les activités non agricoles, le rythme d’accroissement de leur valeur ajoutée devrait ressortir à 2,5% cette année, à 2,7% en 2024, avant de s’accélérer à 3,7% en 2025, tiré par la reprise prévue dans les secteurs de l’industrie et du BTP. Au total, après un taux de 1,3% enregistré en 2022, la croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 2,7% cette année et s’améliorer graduellement à 3,2% en 2024, puis à 3,4% en 2025. À noter que lors du dernier conseil en septembre, BAM tablait sur une croissance économique de 2,9% en 2023 et 3,2% en 2024.

- Comptes extérieurs : Après la forte dynamique des deux dernières années, les échanges de biens devraient accuser une légère baisse en 2023 avant de reprendre leur hausse. En effet, après une contraction prévue de 2,6% cette année, les importations s’accroîtraient de 4,2% en 2024 et de 8,2% en 2025, résultat principalement des hausses des achats de demi-produits et de la facture énergétique qui se situeraient en 2025 à 179 milliards de DH et 136 milliards de DH respectivement.

En parallèle, les exportations seraient en quasi-stagnation en 2023, recouvrant notamment une progression soutenue des expéditions du secteur automobile et un repli sensible des ventes de phosphate et dérivés. Elles augmenteraient ensuite à un rythme autour de 7% annuellement, portées essentiellement par les ventes du secteur automobile qui atteindraient 190 milliards de DH en 2025, tandis que celles des phosphates et dérivés connaîtraient un léger redressement pour se situer à 72,2 milliards de DH la même année.

Pour leur part, les recettes voyages poursuivraient leur amélioration avec une progression de 13,2% en 2023 à 106 milliards de DH, une quasi-stabilité en 2024 et une augmentation de 6,5% en 2025 à 112,4 milliards de DH, et ce, à la faveur de l’accélération prévue de l’activité économique dans la zone euro, principal marché émetteur vers le Maroc. S’agissant des transferts des MRE, ils devraient s’établir à 112,8 milliards de DH en 2023, contre 110,7 milliards de DH en 2022, et atteindre 120 milliards de DH en 2025.

- Finances publiques : Tenant compte des réalisations 2023, des données de la loi de finances 2024 et de la programmation budgétaire triennale 2024-2026, le déficit budgétaire devrait se situer, selon les projections macroéconomiques de BAM, à 4,8% du PIB en 2023, à 4,5% en 2024 et à 3,9% en 2025. Au trimestre précédent, BAM prévoyait 5,1% en 2023, et 4,9% en 2024.

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