L'instance anticorruption dévoile sa première enquête de terrain et constate une détérioration

L'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption a publié une enquête de terrain qui expose la perception des citoyens et des entreprises au sujet du phénomène.

Bachir Rachdi, Président de l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (Photo Médias24)

L'instance anticorruption dévoile sa première enquête de terrain et constate une détérioration

Le 6 décembre 2023 à 18h33

Modifié 7 décembre 2023 à 2h19

L'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption a publié une enquête de terrain qui expose la perception des citoyens et des entreprises au sujet du phénomène.

L'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) a dévoilé les résultats de son enquête de terrain relative à la corruption au Maroc. Présentée ce mercredi 6 décembre, l'étude confirme un contexte de statu quo en matière de lutte contre le phénomène, ainsi qu'une régression dans la plupart des indicateurs.

Malgré les discours et les efforts législatifs, on n'observe pas d'impact concret et, pour la plupart des indicateurs, le pays enregistre même un recul. Le Royaume accuse une note de 38/100 dans l'indice de la perception de la corruption (Transparency), soit 5 points perdus depuis 2018. Une régression qui affecte son classement mondial dans le même indice (94e sur 180 pays, soit 21 places perdues depuis 2018).

Aujourd'hui, la corruption grapille entre 3% et 6% du PIB national, un manque à gagner considérable en matière de développement socio-économique, explique Bachir Rachdi, président de l'instance anticorruption. L'intervenant note une "situation insatisfaisante" qui dure depuis vingt-cinq ans.

Le constat est conforté par l'enquête de l'INPPLC, la première du genre pour l'institution constitutionnelle. Réalisé entre mai et décembre 2022, le sondage a couvert un échantillon de 5.000 Marocains résidant au Maroc, 1.029 Marocains résidant à l'étranger et 1.100 entreprises.

Un obstacle à l'investissement

La corruption ressort comme une des principales préoccupations chez les sondés. Après la qualité des services de santé, elle arrive 2e dans la liste des préoccupation des MRE. Elle est placée au 6e rang des préoccupations des citoyens locaux (après la qualité des services de santé, le pouvoir d'achat, l'emploi, l'éducation et l'habitat), tandis qu'elle arrive à la 8e place pour les entreprises (après l'informel, la concurrence déloyale, la compétitivité, l'insuffisance des ressources humaines qualifiées, les financements, le coût de l'énergie et l'impôt).

Les trois catégories sondées se rejoignent dans la perception du niveau de corruption. 72% des Marocains résidant au Maroc, 65% des MRE et 68% des entreprises interrogées estiment que le phénomène "est très répandu" ou "largement répandu".

L'étude s'attarde sur l'impact perçu de la corruption sur l'investissement. Elle constitue l'une des principales raisons qui empêchent la diaspora d'investir au Maroc. 26% des MRE la placent au 1er rang des obstacles à l'investissement, tandis que 63% la placent au 2e rang après la complexité des procédures.

La majorité acceptent de payer un pot-de-vin, une minorité porte plainte

18% des entreprises sondées ont affirmé avoir fait face à une forme de corruption, lors d'un investissement planifié ou réalisé durant les deux années précédant l'enquête. La santé, les partis politiques, le gouvernement, le Parlement et les syndicats sont, au yeux des sondés, les secteurs les plus touchés par la corruption.

Selon les entreprises interrogées, le niveau de corruption dans le domaine des autorisations et agréments est perçu comme particulièrement élevé. Il est suivi des marchés publics et de l'emploi dans le secteur privé.

En dehors de la perception, l'étude révèle également des conclusions édifiantes quant à l'exposition à la corruption. 36% des MRE, 26% des Marocains résidant aux Maroc et 24% des chefs d'entreprises interrogés disent avoir été exposés au phénomène. La plupart avouent avoir accepté de verser des pots-de-vin (entre 51% et 68%). Seulement 4% à 6% ont refusé la demande de corruption, tout en dénonçant l'infraction. 25% ont estimé "inutile" de porter plainte.

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