Il n’y a pas eu de chute de météorite près de Marrakech (Hasnaa Chennaoui)
En début de semaine, la "chute d’un objet non identifié près de Marrakech" a été signalée sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce qui a réellement été observé ? S’agit-il vraiment de météorites géantes ? L’éclairage de la professeure Hasnaa Chennaoui, présidente de la Fondation Attarik pour les sciences des météorites et de la planétologie.
Les Marocains ont été témoins d’un phénomène atmosphérique lumineux, qui aurait été suivi de "la chute de météorites entre Marrakech et Essaouira". L’information a été relayée par des médias locaux et les réseaux sociaux. Voici les explications de Hasnaa Chennaoui, professeure à la faculté des sciences de Aïn Chock, au département de géologie, et présidente de la Fondation Attarik pour les sciences des météorites et de la planétologie.
Selon elle, il s’agit plutôt d’un météore. "Manifestement, aucun morceau n’est tombé sur le sol marocain. On ne peut donc parler ni de chute, ni de son emplacement. La seule chose que les gens ont vue, c’est un phénomène lumineux dont on est d’ailleurs en train d’étudier la trajectoire", précise Hasna Chennaoui.
Ce n’est pas la première fois que des météorites, objets solides d’origine extraterrestre, ou des météores, phénomènes lumineux, sont observés sur le sol marocain. Toutefois, la différence entre les deux peut prêter à confusion.
Un météore est un phénomène lumineux dans l’atmosphère. Il peut désigner la traversée atmosphérique d'un morceau d'astéroides ou d'une étoile filante, explique Hasnaa Chennaoui. Lorsqu’un objet extraterrestre entre dans l’atmosphère terrestre, il la traverse à grande vitesse. Lors de cette traversée, se produit une friction qui fait chauffer l’objet au point de le vaporiser.
Si l’objet est petit, il sera complètement désintégré. S’il est plus gros, il résistera à la traversée de l’atmosphère, et par conséquent un ou plusieurs morceaux de ce météore pourront tomber sur terre. C’est ce que l’on appelle des météorites, précise-t-elle. En résumé, lorsqu’un météore est assez gros pour arriver au sol, il donne lieu à une météorite.
Interrogée sur la récurrence de ces phénomènes, Hasna Chennaoui explique que durant ses mandats en tant que membre du comité de nomenclature des météorites de la Meteoritical Society, une société savante qui regroupe douze spécialistes en météorites dans le monde, elle a constaté entre quatre et dix chutes de météorites au niveau international. "Ce ne sont pas des phénomènes récurrents, mais ils ne sont pas rares non plus".
Il existe par ailleurs deux types d’observation :
- L’observation directe à l’œil nu, par des personnes lambda, des amateurs, des nomades ou des chasseurs de météorites.
- L’observation et la détection grâce à des caméras professionnelles, notamment les caméras "All Sky" du réseau MOFID de la fondation Attarik, et ses partenaires de l'Université de Western Australia à Perth en Australie, de l'Observatoire de l'Oukaimeden, de l'université Cadi Ayyad à Marrakech, de l’université Al Akhawayn et de quelques particuliers.
L’objectif de ce réseau est d’"enregistrer les traversées lumineuses qui parcourent le ciel marocain afin d’étudier les météores et d’éventuelles chutes de météorites". Ce réseau permet également de calculer la zone de chute de la météorite si le météore est suffisamment gros pour arriver au sol.
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