Ouahbi : “Nous devons faire sortir le ministère de la Justice de l’âge de pierre jusqu’au XXIe siècle”
Une justice marocaine moderne, numérique et efficace, tel est le projet de Abdellatif Ouahbi, qui déplore que son département en soit encore loin. Voici ses principales déclarations lors d'une intervention à l’occasion des "Made in Morocco Days".
"La justice made in Morocco fait tout… sauf la justice", a déclaré Abdellatif Ouahbi lors des "Made in Morocco Days", organisés les 8 et 9 novembre à l’UM6P-Rabat par Afrique Advisors et Consensus Public Relations (CPR), sous l’égide du ministère de l’Industrie.
Pour le ministre de la Justice, le plus grand obstacle que rencontre son département est celui de la numérisation. "Les hommes d’affaires s’écrivent par mail, par WhatsApp et par SMS, et il nous faut quinze ans pour statuer sur la légalité de ce (message, ndlr) WhatsApp", déplore-t-il.
Et d’ajouter : "Tout est disponible dans les juridictions sauf ce que vous appelez 'la gouvernance'. On ne la connaît pas. On peut avoir dix fonctionnaires dans un bureau, et un seul ou aucun dans un autre. On peut retarder d’un an ou de quinze mois le jugement d’un seul dossier (…). On a besoin de modernité dans la justice."
"La justice que nous avons aujourd’hui est celle des Abbassides"
"Lorsque l’on a proposé les peines alternatives, on n'a entendu qu’une seule remarque : 'Vous allez vendre les jours de prison'. Le reste… on l’a oublié !", a déploré Abdellatif Ouahbi, qui a poursuivi son intervention en s’arrêtant sur la présence des femmes au sein de son département.
"Quand je suis arrivé au ministère, j’ai trouvé dix hommes à la tête de chaque direction. Lorsque j’ai nommé une femme inspectrice générale, tout le monde s’est offusqué : 'Comment une femme peut-elle inspecter des hommes ?!' À mon arrivée, j’ai trouvé un ministère conservateur à un point inimaginable. La justice que l’on a aujourd’hui est celle des Abbassides ; on ne peut gérer les juridictions de la façon avec laquelle on le fait aujourd’hui (…). J’espère que l’on va travailler tous ensemble."
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