L'INRA dévoile 7 nouvelles variétés de céréales et de légumineuses
À l’occasion de la parution de son nouveau catalogue recensant ses obtentions variétales, l’Institut national de la recherche agronomique a dévoilé sept nouvelles variétés de céréales d’automne et de légumineuses alimentaires, portant ainsi le total de ses créations variétales à 34.
L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a publié le catalogue actualisé de ses nouvelles obtentions variétales. Elles s'inscrivent dans la lignée de Génération Green 2020-2030, l'orientation stratégique agricole du pays qui mise sur des cultures à forte valeur ajoutée et peu consommatrices d'eau.
Ces nouvelles variétés répondent également à la volonté du gouvernement de réduire la dépendance du pays aux semences étrangères, en vue d’assurer une souveraineté semencière. Ainsi, depuis 2021, année de parution du dernier catalogue, on compte sept nouvelles créations variétales, dont :
- une variété de blé dur, inscrite au catalogue officiel en 2022, mais pas encore cédée (Jawahir) ;
- une variété de blé tendre, inscrite au catalogue officiel en 2022, mais pas encore cédée (Ibtissam) ;
- 3 variétés d’avoine (Hamdali, Niema, Nezha), toutes inscrites au catalogue officiel mais pas encore cédées ;
- une variété de fève (Yasmine) et une autre de pois chiche (Taounate), inscrites au catalogue officiel entre 2021 et 2022, mais pas encore cédées.
Ces nouvelles obtentions variétales, qui ont pour point commun une résistance à la sécheresse et aux ravageurs, enrichissent le portefeuille variétal de l'Institut désormais composé de 34 variétés, parmi lesquelles :
- 6 variétés de blé dur ;
- 6 variétés de blé tendre ;
- 4 variétés d’orge ;
- 2 variétés de triticale ;
- 5 variétés d’avoine ;
- 2 variétés de lentille ;
- 3 variétés de pois chiche ;
- 2 variétés de fève ;
- une variété de féverole ;
- 3 variétés de colza.
Du laboratoire à la multiplication
L’INRA précise que 13 des 34 variétés ont été cédées aux sociétés semencières pour leur multiplication, alors que 21 variétés restent à céder. Avant leur commercialisation, ces nouvelles variétés ont suivi un processus de sélection conventionnel nécessitant généralement 10 à 12 ans de développement.
"L’INRA a réussi à comprimer cette durée grâce à de nouvelles techniques d’amélioration qui permettent de réduire ce cycle à environ 5 à 7 années, notamment grâce à la technique du Speed Breeding et l’utilisation des marqueurs moléculaires, pour identifier des lignées prometteuses sans attendre l’évaluation au champ", se félicite le Dr Faouzi Bekkaoui, directeur de l’Institut national de la recherche agronomique. "La technique du Speed Breeding permet d’avoir quatre générations par an pour les cultures annuelles, ce qui réduit significativement la durée de développement des nouvelles variétés."
Une fois développée, la variété est d’abord proposée pour son inscription au catalogue officiel de l’ONSSA.
Cette étape prend généralement deux ans. Une période pendant laquelle la variété passe deux tests : le test DHS (distinct, homogène et stable) et le test VAT (Valeur agronomique et technologique). À noter que la sélection d’une variété testée est dépendante de ses caractéristiques.
"Elles doivent être supérieures aux variétés témoins dans les sites d’évaluation disséminés à travers le Maroc", précise le Dr Bekkaoui. Ces sites, au nombre de sept, sont représentatifs de différents climats : aride, semi-aride, bour favorable, irrigué et montagne.
"Si la variété est jugée performante, elle est inscrite au catalogue officiel de l’ONSSA", poursuit le Dr Bekkaoui. Ensuite, l’INRA transfère le droit de multiplication à une société semencière agréée par l’ONSSA à travers des appels d’offres. D'après le dernier catalogue, les semences vendues et cataloguées par l’INRA ont été acquises par deux sociétés : la Sonacos et Agrin Maroc.
Après la vente des variétés, l’INRA entame le programme de multiplication des semences de prébase (G1 et G2). Généralement, les semences G2 sont fournies par l’INRA aux sociétés semencières qui, à leur tour, produisent des semences de base (G3 et G4) et des semences de reproduction (R1 et R2). "Cette procédure est régie par des contrats de multiplication avec les multiplicateurs de semences au niveau national", conclut le Dr Faouzi Bekkaoui.
Voici les fiches descriptives des nouvelles obtentions variétales de l'INRA :
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