Les cafés et restaurants refusent toujours de payer les droits d'auteur sur la musique et les TV
Des propriétaires de cafés et de restaurants ont reçu des avis du Bureau marocain des droits d'auteur leur enjoignant de régler les redevances dues pour les droits d'auteur des morceaux de musique et des émissions télévisées diffusées dans ces établissements.
Ces avis, dont a pris connaissance Médias24, appellent les professionnels à s'acquitter de leurs obligations en matière d'exploitation des droits d'auteur liés à la musique enregistrée, au folklore, aux films et aux festivals, ainsi qu'à toutes les productions audiovisuelles et théâtrales.
Et ce n'est pas la première fois. Contacté par nos soins, Nour Eddine Harrak, président de l'Association nationale des propriétaires de cafés et de restaurants au Maroc, a rappelé que les cafés avaient déjà reçu des avis il y a de cela trois ou quatre ans, les notifiant de payer entre 6.000 et 7.000 DH de redevances. "Nous n'avions d'autres choix que de nous engager dans des batailles juridiques."
"Les décisions judiciaires avaient à l'époque donné raison aux professionnels, sauf que le bureau national est encore une fois revenu à la charge ces dernières semaines", a-t-il ajouté.
La loi marocaine sur les droits d'auteur et les droits voisins impose des redevances qui doivent être versées au Bureau marocain des droits d'auteur, au profit justement des détenteurs de droits.
Notre interlocuteur explique que cette situation constitue clairement un "abus envers les propriétaires de cafés et restaurants".
D'autre part, notre interlocuteur affirme que "les professionnels refusent de payer ces redevances et arriérés et insistent à nouveau sur leur droit de se tourner vers les tribunaux pour régler ce litige".
M. Harrak conclut en avançant que "les propriétaires de cafés avaient proposé au BMDAV de verser un montant symbolique annuel de 100 ou 150 dirhams par café pour encourager les artistes marocains, conformément à la loi régissant le secteur, sachant qu'il y a entre 200.000 et 250.000 cafés au Maroc, mais cette proposition a été refusée". Cette affirmation n'a pu être vérifiée par nos soins auprès du Bureau marocain du droit d'auteur et des droits voisins (BMDAV).
Le bureau des droits d'auteur rappelle le caractère légal de ces redevances
Face aux refus des propriétaires des cafés et restaurants de payer les redevances, jugeant "illégale" cette procédure, le BMDAV a émis un communiqué pour clarifier sa position.
Dans une mise au point diffusée jeudi 15 juin, le BMDAV rappelle ses missions en tant qu'"organisme mis en place par l'État pour la gestion collective des droits d'auteur et des droits voisins en vertu de l'article 1 de la loi 25.19 relative à l'Office marocain du droit d'auteur et des droits voisins".
Ses missions comprennent :
- La perception des redevances des droits d'auteur et des droits voisins liées à l'exploitation des œuvres et des performances, ainsi que celles liées à la reproduction mécanique, aux redevances pour la copie privée et aux redevances liées à l'utilisation des expressions du folklore, conformément aux dispositions légales en vigueur ;
- La distribution des redevances des droits d'auteur et des droits voisins perçues aux titulaires de droits conformément aux dispositions du chapitre 3 de ladite loi ;
- La réalisation de procédures de vérification de l'utilisation des œuvres littéraires, artistiques et des performances, et de la promotion de l'utilisation légale de ces œuvres.
Et d'ajouter : "Tout montant perçu par le bureau des droits d'auteur, conformément aux tableaux de perception publiés dans le journal officiel depuis 2014, est dû par les utilisateurs des œuvres littéraires et artistiques protégées. Cela inclut les cafés, les hôtels, les restaurants, les discothèques, les salles de concert, les salles de sport, les salles de cinéma, les grands magasins, les véhicules touristiques, les véhicules de divertissement tels que les carrousels..."
Le BMDAV insiste dans son communiqué sur le fait que l'adhésion des auteurs et des titulaires de droits voisins au bureau équivaut à une délégation au bureau afin d'assurer la défense de leurs droits matériels et moraux, la gestion des droits découlant de l'exploitation de leurs œuvres littéraires et artistiques, de leurs interprétations et exécutions, ainsi que la représentation devant les tribunaux compétents en leur nom, conformément à l'article 4 de la loi 25.19.
Par conséquent, conclut le communiqué, les utilisateurs des œuvres littéraires et artistiques protégées mentionnées doivent respecter les exigences légales, s'y conformer et s'abstenir de promouvoir des contrevérités éloignées de la réalité, ce qui fait obstruction au bon déroulement du travail du BMDAV.
À découvrir
à lire aussi
Article : Mines. Où se concentre la nouvelle richesse minière du Maroc ?
Porté par la flambée des cours des métaux et la mise en service de nouveaux sites miniers en 2025, le secteur minier marocain hors phosphates a accéléré sa cadence. Alors que le plan gouvernemental vise à atteindre 15 milliards de DH à l’horizon 2030, le secteur est d’ores et déjà en passe de franchir le cap historique du milliard de dollars de revenus dès cette année. Tour d'horizon complet.
Article : Label Vie-Retail Holding. Les dessous d’une fusion inédite qui veut redessiner le retail marocain
C’est une opération peu commune sur la place casablancaise : Label Vie, société cotée, doit être absorbée par Retail Holding, sa maison mère non cotée, appelée à devenir la nouvelle entité boursière du groupe. Derrière ce montage technique, l'ambition est plus large : transformer un ensemble d’enseignes en plateforme intégrée, capable de peser davantage au Maroc comme à l’international.
Article : Avec le Waldorf Astoria, Rabat veut changer de rang dans le tourisme haut de gamme (opérateurs)
L’arrivée du Waldorf Astoria marque un tournant dans le repositionnement touristique de la capitale, estiment la ministre de tutelle ainsi que les présidents, actuel et ancien, des CRT de Casablanca et de Rabat. Entre montée en gamme, attractivité accrue et effet d’entraînement sur l’ensemble du secteur, ce projet cristallise de fortes attentes chez les opérateurs concernés.
Article : Dans son bras de fer avec la BMCI, Abdelmalek Abroun obtient la suspension d’une saisie immobilière
Premier effet tangible du redressement personnel de Abdelmalek Abroun : le tribunal de commerce de Rabat a suspendu une vente aux enchères engagée par la BMCI sur un bien immobilier du dirigeant du groupe Abroun Gold TV Sat. Détails exclusifs.
Article : Au port de Casablanca, la congestion s’aggrave et inquiète toute la chaîne logistique
Au port de Casablanca, la congestion s’est installée dans la durée, entraînant une forte hausse des coûts pour les opérateurs et des temps d’attente particulièrement élevés pour les navires. Selon des sources jointes par nos soins, le phénomène est désormais visible à l’œil nu, avec des files qui débordent largement du périmètre portuaire. Le point.
Article : Football. La Ligue professionnelle et le casse-tête juridique de l'interdiction de déplacement des supporters
Après les incidents survenus en marge de plusieurs rencontres, la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a décidé de restreindre les déplacements de supporters visiteurs lors des prochaines journées de Botola. Présentée comme une réponse sécuritaire à la recrudescence des violences, cette mesure soulève aussi une question juridique sensible : jusqu’où une instance sportive peut-elle limiter la liberté de circulation des citoyens ?