Tourisme : une visite d’universitaires chinois relance la nécessité de former des guides sinophones
Une délégation de l'Université internationale de Pékin a rendu visite, le lundi 15 mai 2023, aux guides touristiques à Marrakech pour s’enquérir du déroulement de leur apprentissage du mandarin. L’occasion de faire le point avec le président de l'association régionale de cette profession, qui a exposé à Médias24 la pénurie actuelle et les besoins réels en guides sinophones à l'horizon 2026.
Dans le cadre du programme de formation continue en langue chinoise réservé aux guides touristiques de la région Marrakech-Safi, le président de l’Université internationale de Pékin, accompagné de la directrice de l'Institut Confucius de Rabat, a profité de sa visite dans la ville ocre pour évaluer le niveau atteint par les guides qui suivent un cycle de formation d’un semestre.
Un marché potentiel de 500.000 visiteurs pour seulement 100 guides certifiés
"La visite de la délégation d’universitaires chinois à Rabat où est situé l’institut de langue Confucius, puis dans la ville ocre, leur a permis de faire le point sur le cycle de formation destiné aux guides. Ces derniers sont en effet encore trop peu nombreux à parler mandarin, alors que le potentiel de ce marché est d’au moins 500.000 arrivées", nous apprend le président de l'Association régionale des guides de tourisme de Marrakech. Salah Ouahli rappelle que le chiffre actuel de guides sinophones formés à l’Institut Confucius et dans les universités marocaines ne dépasse pas la centaine.
Une partie des accompagnateurs en exercice ont obtenu dès 2018 une bourse accordée par l’ambassade pour poursuivre durant un an leur formation linguistique en Chine.
A leur retour, ils ont passé l’examen de guide officiel délivré par le ministère de tutelle, sanctionné par un diplôme certifiant leur aptitude à s’exprimer couramment dans cette langue encore trop rare dans la profession.
Organisé avec la délégation régionale du tourisme de Marrakech, le cycle d’apprentissage du mandarin qui dure 6 mois, de fin novembre à début juin, regroupe une soixantaine de guides issus de tout le Maroc, qui obtiendront un diplôme validé par l’Université internationale de Pékin.
Cette formation linguistique devrait se poursuivre durant les prochaines années pour satisfaire le nombre croissant d’arrivées de ce marché émergent, qui est non seulement l'un des plus importants au monde en volume, mais aussi un des plus dépensiers en devises.
20 Marocains seront envoyés chaque année en Chine pour parfaire leur formation
De plus, Salah Ouahli ajoute qu'un groupe d’une vingtaine de guides touristiques, qui souhaitent approfondir leur formation linguistique en mandarin, vont pouvoir la poursuivre durant trois mois en Chine grâce au soutien financier de la coopération chinoise.
En dehors du billet d’avion dont ils devront s’acquitter avec une aide substantielle de l’Association des guides ou des autorités publiques de tutelle, l’Université internationale de Pékin prendra en charge leur séjour sur place, à savoir les frais de logement, de nourriture, les déplacements…
Si la fermeture du vol direct Casablanca-Pékin de la RAM a entraîné une baisse sensible du nombre de visiteurs chinois, cette formation permettra de préparer l’important flux d’arrivées qui ne manquera pas d’accompagner la réouverture de la ligne aérienne prévue en 2024.
D'ici 2026, le secteur a besoin de 300 guides
D’ici là, le besoin en guides sinophones est toujours d’actualité sachant que de nombreux Chinois adeptes de voyages multi-destinations continuent de se rendre en groupe au Maroc, après avoir effectué une escale en Europe ou dans des pays du Moyen-Orient.
Entre le faible nombre d'une centaine d’accompagnateurs marocains parlant le mandarin et la concurrence croissante de nombreux Chinois installés au Maroc, notre interlocuteur affirme que la relance et le renforcement de cette formation deviennent vraiment urgent.
"Sachant que la majorité de notre profession n’est pas sinophone, les organisateurs d’excursions, dont sont friands ces visiteurs, sont obligés de faire appel à des expatriés à qui la loi impose d’être accompagnés par des guides officiels pour traduire leurs explications touristiques", conclut Salah Ouahli.
Ce dernier estime que le besoin national pour satisfaire l’importante demande, qui devrait exploser dans les prochaines années, est d’environ 300 guides dûment certifiés par le ministère du Tourisme.
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