Plus de 7 MMDH pour développer la filière des céréales et légumineuses d'ici 2030

CONTRAT-PROGRAMME. D’ici à 2030, l’État et la Fédération interprofessionnelle des activités des céréales et légumineuses ambitionnent d’améliorer la productivité des céréales et légumineuses. Une enveloppe de 7,3 milliards de dirhams est prévue à cet effet.

Plus de 7 MMDH pour développer la filière des céréales et légumineuses d'ici 2030

Le 11 mai 2023 à 13h01

Modifié 11 mai 2023 à 13h32

CONTRAT-PROGRAMME. D’ici à 2030, l’État et la Fédération interprofessionnelle des activités des céréales et légumineuses ambitionnent d’améliorer la productivité des céréales et légumineuses. Une enveloppe de 7,3 milliards de dirhams est prévue à cet effet.

  • Amélioration du taux d’utilisation des semences certifiées pour atteindre 40% contre 19% en 2020 pour les céréales et 15% contre 2% en 2020 pour les légumineuses ; 
  • Augmentation de la production des céréales à 95 Millions de QX et des légumineuses à 6,5 Millions QX ;
  • Extension de la superficie assurée contre les aléas climatiques pour atteindre 2,2 Millions ha contre 1 Million ha en 2020 ;

La filière des céréales et légumineuses est stratégique dans l’objectif d’assurer une souveraineté alimentaire au Maroc. Par conséquent, le contrat-programme signé par l’Etat et la Fédération interprofessionnelle des activités des céréales et légumineuses (FIAC), le jeudi 4 mai à Meknès, en marge du SIAM, est de la plus haute importance. 

Le document consulté par Médias24 promet un développement audacieux de la filière céréalière et légumineuse à l’horizon 2030. Pour ce faire, un investissement total de 7,3 milliards de dirhams est prévu. L’Etat y contribue à hauteur de 6,2 MMDH, alors que la participation de la FIAC s’élève à 1,1 MMDH.

Amélioration de la productivité

Dans la lignée des objectifs fixés par la stratégie Génération Green 2020-2030, le contrat-programme a pour finalité d’améliorer la productivité des céréales et légumineuses. Renforcer la qualité et la valorisation, structurer et moderniser les circuits de commercialisation et de distribution des produits de la filière concourent également en ce sens. 

Pour y parvenir, la feuille de route établie par le gouvernement et la FIAC vise à l’horizon 2030 : 

- l’amélioration du taux d’utilisation des semences certifiées pour atteindre 40% contre 19% en 2020 pour les céréales, et 15% contre 2% en 2020 pour les légumineuses ;

- un équilibre de l’assolement céréalier/légumineuses, sur une superficie de 5 millions d'hectares ;

- l’augmentation de la production de céréales à 95 millions de quintaux (Mq) et de légumineuses à 6,5 Mq ;

- l’extension de la superficie assurée contre les aléas climatiques pour atteindre 2,2 millions ha contre un million ha en 2020 ;

- la mise en place d’un stock de sécurité stratégique de céréales et légumineuses, ainsi que de capacités de stockage de proximité ;

- l’amélioration du taux d’incorporation du blé national dans la production des farines pour atteindre 50% pour le blé tendre et 10% dans le cas du blé dur ;

- la hausse du taux d’utilisation de la semoule nationale de blé dur jusqu’à 10% dans la production des pâtes et couscous. 

Promouvoir l’utilisation des semences certifiées 

Ces aspirations permettront de consolider les filières de production céréalières et légumineuses. A ce titre, la FIAC s’engage à sensibiliser les producteurs sur l’amélioration de la conduite des cultures à travers l’adoption des bonnes pratiques culturales et l’utilisation de l’irrigation d’appoint.

Il s’agira aussi de promouvoir l’utilisation des semences certifiées en partenariat avec la Fédération nationale interprofessionnelle des semences et plants (FNIS). Les agriculteurs seront également vivement encouragés à pratiquer la rotation céréales/légumineuses

En matière de recherche agronomique, la FIAC sera épaulée par l’Institut nationale de la recherche agronomique (INRA), l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et la FNIS, afin d’identifier et de développer des variétés adaptées aux différents écosystèmes agro-climatiques. La finalité est d’atténuer l’impact des changements climatiques et la recherche d’une meilleure productivité.  

Pour sa part, le gouvernement s’engage à maintenir son soutien au profit des semences certifiées de céréales et à mettre en place une nouvelle aide pour les semences certifiées des légumineuses. De plus, l’Etat engagera un dialogue avec les producteurs céréaliers à des fins de sensibilisation. 

L’idée est de convaincre ces derniers d’adopter de bonnes pratiques culturales, dont le semis direct et l’installation d’irrigation d’appoint. En ce sens, une cartographie des disponibilités en eaux souterraines au niveau des zones potentielles pour l’installation des pivots pour ce type d’irrigation sera élaborée.

L’objectif est d’atteindre 1 million d'hectares de céréales et légumineuses irriguées d’ici 2030 contre 400.000 ha actuellement, ainsi qu’une superficie d’un million d’hectares cultivée en semis direct.

Réduire les pertes post-récolte

La professionnalisation et la modernisation des capacités de stockage des céréales et légumineuses est la solution envisagée pour réduire les pertes post-récolte, préserver la qualité intrinsèque de la production nationale et mieux la valoriser. Pour y parvenir, la FIAC va contribuer à l’étude d’identification des besoins en capacité de stockage de proximité, et leur répartition sur les principaux bassins de production de céréales et légumineuses. 

L’encouragement des opérateurs à investir dans les unités de stockage de proximité est également un pan important de l’engagement de la FIAC. Tout comme la sensibilisation et l’accompagnement des céréaliculteurs sur les techniques de stockage respectueuses des bonnes pratiques de post-récolte. 

En outre, la FIAC prévoit l’identification des projets de l’agriculture solidaire relatifs au stockage de proximité, l’élaboration d’un cahier des charges sur les bonnes pratiques de stockage des céréales et légumineuses, ainsi que le respect de la réglementation sanitaire. 

Pour sa part, le gouvernement assure qu’il réalisera une étude sur les besoins en capacité de stockage de proximité et leur répartition par bassin de production. Il accordera également son appui à l’investissement en équipements de stockage et manutention modernes dans les bassins céréaliers, au profit notamment des collecteurs de proximité.

Au programme également, des projets d’agriculture solidaire pour le stockage de proximité identifiés et approuvés, l’élaboration d’un cahier des charges sur les bonnes pratiques de stockage des céréales et légumineuses, ainsi que le respect de la réglementation sanitaire. Une révision à la hausse de la subvention accordée au stockage des céréales pour passer de 10% à 25% est d’ailleurs envisagée. 

Développement de blés adaptés aux besoins des industriels

En matière de développement en matière de valorisation, toutes les phases de transformations des céréales sont visées. Dans le cadre du développement de la première transformation des céréales et des légumineuses, la FIAC s’engage à :

- la sensibilisation des industriels à l’amélioration du taux d’intégration des blés nationaux dans la production des farines et semoules, pour atteindre à l’horizon 2030 des taux de 50% et de 10% respectivement pour le blé tendre et le blé dur ;

- la contribution en concertation avec l’INRA et la FNIS à l’identification et au développement de variétés de blé adaptées aux besoins des industriels ;

- le renforcement de la communication entre les industriels et les producteurs sur les besoins des industriels en variétés adaptées et les contraintes de production des producteurs ; 

- le développement de la valorisation et de la transformation des légumineuses.

Dans l’optique de mettre en conformité les moulins artisanaux, la FIAC compte participer à la réalisation d’une étude de diagnostic des moulins artisanaux, leur part dans le marché domestique des farines et semoules, ainsi que les scénarios de mise à niveau. 

Sur le plan financier, une révision de la subvention accordée aux unités de valorisation des légumineuses de 20% à 30% du coût de l’investissement est prévue. Idem pour l’élaboration d’un programme d’accompagnement pour la mise à niveau des moulins artisanaux. 

Elaboration de référentiels des produits

S’agissant de la seconde phase de la transformation des céréales et des légumineuses, la Fédération interprofessionnelle des activités des céréales et légumineuses (FIAC) entend renforcer le partenariat interprofessionnel pour développer une production locale de blé dur répondant aux exigences des semouleries industrielles.

Cette production devrait également concerner les pâtes alimentaires et couscous à base de blé dur. Une pâte dont la consommation sera bien évidemment promue auprès des consommateurs. En sus, la FIAC promet d’accompagner et d’appuyer le secteur de la boulangerie-pâtisserie pour sa mise à niveau et le renforcement de sa compétitivité à travers l’élaboration de référentiels des produits, d’un cahier des charges de mise à niveau et d’un guide de bonnes pratiques. 

Le tout dans le cadre d’une contractualisation avec la profession de la boulangerie, notamment afin d’accompagner les unités du secteur informel de boulangerie et pâtisserie pour leur migration vers le secteur formel. De son côté, le gouvernement aura à charge de mener une réflexion pour la mise à niveau du secteur de la boulangerie en vue de mettre en place un programme de développement dédié. 

Amélioration des conditions de stockage

En vue d’atteindre l’objectif de souveraineté alimentaire, la FIAC va concourir à la mise en place d'un stock de sécurité stratégique, en prévision des situations exceptionnelles menaçant lgularité des approvisionnements en céréales et légumineuses. 

En ce qui concerne l’amélioration des conditions de stockage, l'organisation professionnelle prévoit les mesures suivantes : 

- la mise en place de plateformes de stockage dans les bassins stratégiques pour dynamiser la collecte de la production nationale à travers l’accompagnement des agriculteurs directement ou à travers les collecteurs de proximité ;

- l’élaboration d’une grille de qualité basée sur le système de grades remplaçant le système du standard en vigueur et la vulgarisation de son utilisation auprès de tous les opérateurs ;

- la modernisation des circuits de distribution des produits de 1ère et 2ème transformation pour préserver leur qualité sanitaire et réduire les pertes ;

- la mise en place d’une bourse de céréales et légumineuses qui prendra la forme d’une plateforme digitale ;

- le lancement d’une étude de diagnostic et d’évaluation des conditions de transit portuaire des céréales, en vue d’identifier les solutions à déployer pour pallier les dysfonctionnements actuels.

Le gouvernement actionnera lui aussi différents leviers pour améliorer les conditions de stockage et de commercialisation, comme appuyer l’installation des grandes plateformes de stockage et mener une réflexion pour la mise en place d’un système de grades pour la normalisation de la qualité de la production locale. 

Il s’agira aussi de soutenir à travers l’ONSSA, la mise en œuvre du cahier des charges pour la modernisation des circuits de distribution des produits de 1ère et 2ème transformation. Des interventions sont également envisagées auprès des parties prenantes pour la mise en œuvre des solutions préconisées suite au diagnostic des conditions de transit portuaire des céréales. 

Outre le gouvernement et la FIAC, d’autres partenaires sont engagés dans le développement des filières céréalières et légumineuses. Ainsi, le Groupe Crédit Agricole du Maroc s’engage à :

- soutenir les opérateurs solvables de la filière des céréales et légumineuses en déployant des solutions de financement adaptées à leur situation et de nature à les encourager dans la poursuite et l’amélioration de leurs activités ;

- appuyer les différents opérateurs de la filière des céréales et légumineuses dans leur transition verte à travers une offre adaptée, notamment pour l’efficacité énergétique ;

- œuvrer pour la digitalisation de l’écosystème de la filière à travers le développement d’une plateforme digitale spécifique intégrée, incluant l’ensemble des transactions de la chaîne de valeur.

2,2 millions d'hectares couverts par l'assurance agricole

La souscription des agriculteurs à l’Assurance multirisque climatique et à la protection sociale sont des thématiques déterminantes de la stratégie Génération Green. A cet effet, la FIAC s’engage à inciter les opérateurs à adhérer au système de protection sociale avec l’appui et l’accompagnement de l’Etat, dans le cadre de la loi-cadre 09.21 relative à la protection sociale. 

L’organisation professionnelle garantit qu’elle communiquera au ministère de l’Agriculture les données et les informations relatives aux opérateurs et aux salariés éligibles à ce système. Pour sa part, l’État s’engage notamment à réviser et diversifier les produits d’assurance agricole concernant les filières précitées. 

Le but est de convaincre les agriculteurs d'adhérer aux produits d’assurance mis en place pour atteindre une superficie assurée de 2,2 millions d’hectares d’ici 2030. Dans le cadre de la protection sociale, le gouvernement va mettre en place une couverture sociale obligatoire pour tous les opérateurs de la filière dans le cadre de la loi-cadre 09.21 relative à la protection sociale. 

Promotion d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs

Pour éviter un exode rural massif et maintenir les terres agricoles dans le giron du secteur, la FIAC devra promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes ruraux et des femmes rurales. Le plan d’action mis en place prévoit l’identification des projets d’entrepreneuriat et le lancement d’actions de sensibilisation, d’accompagnement et de formation au profit des jeunes porteurs de projets. 

La concrétisation de cette volonté passe par l’incitation des jeunes entrepreneurs à investir dans la valorisation des terres collectives identifiées et disponibles. Pour ce qui est de la formation, de l’insertion professionnelle, de la mise à niveau des opérateurs et du personnel de la filière des céréales et légumineuses, les principales actions de la FIAC porteront sur :

- l’identification quantitative et qualitative des besoins des opérateurs de la filière ;

- la participation à l’élaboration et à la mise en œuvre des programmes de formation et des programmes d’apprentissage adaptés à chaque métier et catégorie professionnelle en partenariat avec les différentes institutions de formation ; 

- l’organisation de sessions de formation des opérateurs de la filière notamment les collecteurs de proximité en matière de techniques de collecte et de stockage respectueuses des bonnes pratiques ;

- l’organisation des journées techniques au profit des opérateurs de la filière sur des thèmes techniques se rapportant à la production, la valorisation, le stockage, la commercialisation, la transformation et la distribution ;

- la contribution au développement de l’Institut de formation de l’industrie meunière (IFIM) ;

- le renforcement des compétences des boulangers à travers l’organisation des sessions de formation à l’école de la boulangerie ;

- l’identification des entreprises pouvant accueillir les stagiaires de formation professionnelle agricole ;

- la promotion de l’insertion des lauréats dans le milieu professionnel ;

- la contribution au développement des outils de formation et d’accompagnement modernes et innovants ;

- l’évaluation annuelle de l’impact de l’ensemble des actions de formation et de sensibilisation.

Pour sa part, l’Etat s’engage à mettre en place au profit des jeunes ruraux et des femmes rurales un dispositif d’accompagnement pour le montage de leurs projets, le renforcement de leurs capacités entrepreneuriales et l’identification des créneaux porteurs de potentialités de création de PME et TPE, de coopératives entrepreneuriales et de sociétés de prestation de services.

Le gouvernement s’engage aussi à mettre à la disposition des jeunes entrepreneurs une partie du foncier relatif aux terres agricoles collectives identifiées pour la réalisation de leurs projets d’investissements. L’Etat accordera des aides spécifiques à ces jeunes entrepreneurs pour les inciter à concrétiser leurs projets.

A ce titre, les institutions compétentes s’engagent à dispenser des formations (techniciens, ouvriers qualifiés et apprentissage) en vue de répondre aux besoins en compétences nécessaires en matière de culture des céréales et légumineuses. Les programmes de formation professionnelle agricole seront adaptés aux besoins des opérateurs de la filière des céréales et légumineuses. 

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