Les recommandations d’un expert pour faire décoller le mobile money au Maroc
Plus de quatre ans après son lancement au Maroc, le mobile money reste peu adopté et ne parvient toujours pas à s’imposer dans les habitudes des Marocains. Faciliter le cash out et le transfert d’argent serait à même de doper l’adoption de cette technologie.
Si l’on veut que l’utilisation du mobile money décolle, il faut en faire une solution de transfert d’argent de faibles montants à haute fréquence, contrairement aux opérations de grands montants à faibles fréquences qui resteraient l’apanage des agences de transfert d’argent et des réseaux bancaires.
Adnane Hadj Messaoud
C’est l’avis de Adnane Hadj Messaoud, co-fondateur du cabinet de conseil fintech et retailtech Openadvizor Africa, contacté par Médias24. Avec une expérience sur le mobile money chez l’un des opérateurs télécom de la place, puis chez plusieurs opérateurs africains, il a suffisamment de recul pour comparer le cas du Maroc avec celui des pays africains, où le mobile money a beaucoup de succès.
Faciliter le retrait du cash
La possibilité de ressortir de l’argent liquide facilement et au plus proche de soi est une nécessité, car d’après lui, le Marocain est toujours très attaché au cash. Selon un rapport du GSMA (l’association mondiale rassemblant les opérateurs télécom), près des deux tiers de l’argent qui entre dans le mobile money en ressort sous forme de cash, alors que selon Bank Al-Maghrib, ce taux au Maroc n’est que de 1%.
"Si les gens ont la possibilité de retirer du cash facilement, avec des frais réduits et à n’importe quel moment au plus près de chez eux, alors cela peut inciter les gens à utiliser le service", déclare Adnane Hadj Messaoud.
Les opérateurs télécoms, à travers leurs vastes réseaux de revendeurs de recharge (plus de 100.000 au Maroc), sont l’outil naturel pour permettre le cash out. "D’ailleurs, le mobile money, c’est comme la recharge téléphonique, sauf qu’on peut tout acheter avec, et pas seulement les offres des opérateurs télécoms", explique-t-il.
Il raconte même comment, dans l’un des pays africains où il était en fonction, le principal concurrent au mobile money était la recharge téléphonique elle-même, car un business de transfert d’argent s’était construit autour d’elle.
Le transfert d’argent de faibles montants à haute fréquence
Selon Adnane Hadj Messaoud, réduire le mobile money aux activités de paiement de facture est une grande erreur. Dans les pays subsahariens, là où il rencontre beaucoup de succès, c’est le transfert d’argent qui constitue le principal service recherché par les utilisateurs. En République démocratique du Congo, il constituait 85% du chiffre d’affaires de l’activité mobile money des opérateurs.
D’après lui, pour les petits montants, les services de transfert d’argent disponibles sur le marché sont trop chers pour les consommateurs, alors que le mobile money, aux frais de service plus abordables, pourrait constituer une alternative naturelle.
Il estime qu’il y a un vrai besoin sur le marché marocain, que ce soit pour les transferts entre particuliers, pour les besoins familiaux par exemple, ou pour le paiement du commerce électronique sur les petits montants.
Il rappelle par la même occasion que le but du mobile money est l’inclusion financière, un sujet toujours aussi important quand on sait que le gouverneur de la Banque centrale suggérait, il y a quelques semaines, de taxer l’utilisation du cash.
En se spécialisant dans les transferts d’argent pour les faibles montants à haute fréquence, le mobile money ne constituerait aucune menace pour les réseaux d’agences de transferts d’argent ou les banques. Compte tenu du large pourcentage de la population non encore bancarisée, il pourra en revanche attirer l’argent qui est aujourd’hui dans des circuits informels, et ainsi favoriser l’inclusion financière.
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