Badr Ikken lance une usine de chauffe-eau solaires 100% marocains
Une usine de fabrication de chauffe-eau solaires et une entité de production de cellules photovoltaïques verront le jour à la fin du premier semestre 2023. Deux grands projets, portés par l’entreprise GI3, qui permettront aux utilisateurs de faire des économies substantielles et d'alléger à terme l'empreinte carbone.
Le lundi 16 janvier se déroulera la cérémonie de lancement des travaux de construction de l’usine Mysol chauffe-eau solaires (CES) au parc industriel de Aïn Johra à Tifelt.
Un investissement de 60 MDH
D’une capacité de production de 40.000 unités par an, cette usine nécessitera un investissement de 60 millions de DH, apprend Médias24 auprès de Badr Ikken, président exécutif de la société Green Innov Industry Investment (Gi3), qui porte le projet.
Badr Ikken est une figure connue dans le secteur de l'énergie verte pour avoir été pendant plus d'une décennie le directeur général de l'Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles (IRESEN).
En quittant l'IRESEN début 2022, il s'est lancé dans les activités de conseil et d'investissement dans le domaine des énergies vertes à travers deux véhicules respectivement Gi2 et Gi3.
Cette dernière est la holding dédiée à l’investissement et au développement des industries vertes innovantes au Maroc notamment le solaire thermique, le solaire photovoltaïque, le stockage énergétique (électrochimique, thermique et hydrogène), la mobilité électrique,...
Gi3 concrétise à travers ce projet, Mysol CES, "la première usine de fabrication de chauffe-eau solaires au Maroc", déclare Badr Ikken. "La capacité de production de 40.000 unités par an est celle à court terme, avant de passer à 90.000 unités par an sur le moyen et le long terme", précise-t-il.
"Ces chauffe-eau 100% marocains sont conçus et développés par des experts et des partenaires scientifiques locaux. D’ailleurs, lundi prochain (16 janvier, ndlr), lors de la cérémonie de lancement des travaux de construction, nous signerons une convention de partenariat scientifique avec l’Université Sidi Moulay Ben Abdellah de Fès, notre partenaire technologique. Et nous prévoyons par la suite de poursuivre notre collaboration avec un staff marocain, l’idée étant de continuer à innover et à optimiser notre produit."
Substituer l’importation
"Notre principale cible reste le Maroc. Actuellement, on ne produit pas de chauffe-eau solaires localement. On vise à substituer ce qu’on importe de l’étranger, notamment de Chine, de Turquie et de Tunisie. Nous prévoyons également rapidement l’exportation de notre produit, principalement en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique", poursuit Badr Ikken.
"Concrètement, ces chauffe-eau solaires permettront de réchauffer l’eau sanitaire à travers l’énergie thermique du soleil. Ils pourront ainsi se substituer progressivement au gaz butane. Plus besoin d’utiliser la bonbonne de gaz pour réchauffer l’eau sanitaire. Cet équipement aura ainsi un impact sur l’empreinte carbone, qui va baisser, mais aussi sur la pollution par rapport au secteur de l’eau sanitaire. La production locale de ces chauffe-eau permettra aussi de réduire la consommation d’un produit subventionné."
Un marché à fort potentiel
Concernant les produits commercialisés par Mysol CES, "nous allons proposer des solutions pour les systèmes unitaires, mais aussi pour les résidences collectives", nous explique le président exécutif de Gi3. "Le grand défi, est d’avoir une qualité qui permette de garantir une durée de vie plus longue de nos produits."
"Nous allons démarrer avec deux premières gammes à court terme. Elles seront complétées par une troisième plus tard. Les deux premières gammes seront dédiées au secteur résidentiel, à savoir les maisons et les immeubles. On proposera un produit de gamme moyenne, et un autre plus high tech, doté de plusieurs équipements de domotique qui permettront au client de suivre sa consommation principalement." Quid des prix ? "Ils seront compétitifs par rapport aux produits proposés actuellement sur le marché", assure Badr Ikken.
"Sur le moyen terme, nous allons proposer un équipement low cost qui sera très abordable. L’idée est de pouvoir l’intégrer à grande échelle, en particulier dans les logements économiques."
Mysol CES générera "une centaine d’emplois directs et plus de 1.000 emplois indirects. La création d’emplois se fera au fur et à mesure de l’élargissement de nos installations".
Concernant le potentiel de ce marché, Badr Ikken nous confie qu’au Maroc, "près de 900.000 m² de chauffe-eau sont installés sur les différentes toitures. Quant au potentiel technique, il est de 9,8 millions de m². En ce qui concerne la substitution, plus de 120.000 chauffe-eau solaires sont importés chaque année dans le Royaume".
Si l’on analyse ces indicateurs, "on peut dire que c’est un marché drainant", estime-t-il.
Mysol CES sera opérationnelle avant la fin du premier semestre 2023, selon notre source. L'achèvement des travaux de construction est prévue en avril 2023, pour un démarrage de production en mai 2023.
Bientôt une usine de production de cellules photovoltaïques
A la fin du premier semestre 2023, l’entreprise Gi3 ambitionne également de "lancer les travaux de construction de Mysol PV, la première usine intégrée de la région MENA et de l’Afrique, dédiée à la production de cellules photovoltaïques et de modules photovoltaïques d’une capacité de 1.000 mégawatts par an. La construction de cette usine – dont l’objectif final est la production du maillon fort de la chaîne de valeur industrielle solaire – nous permettra de créer une industrie photovoltaïque régionale compétitive, ce qui contribuera à la souveraineté industrielle et énergétique de notre pays".
"Nous nous sommes toujours intéressés au dernier maillon de la chaîne de valeur, alors que la partie la plus importante de cette industrie est relative aux cellules photovoltaïques. Nous allons ainsi créer une nouvelle filière au niveau régional, qui nous aidera à nous émanciper de notre dépendance des produits asiatiques."
Le directeur exécutif de Gi3 poursuit : "Le prix de l’électricité photovoltaïque a fortement baissé ces dernières années. Il y a dix ans, on était à 3 DH/kWh. A présent, ce prix est tombé à moins de 0,50 DH/kWh. Ce projet est donc très intéressant pour les industriels, les administrations et, de manière générale, pour toutes les entités dont la consommation d'électricité se fait principalement durant la journée."
"Aujourd’hui, plus de 80% de la chaîne de valeur du solaire photovoltaïque est portée par la Chine. La majorité des produits sont en effet importés de ce pays, avec tous les problèmes que cela implique, en particulier la dépendance, la complexité autour de la logistique et la problématique relative à l’instabilité des prix. Cette émancipation nous permettra d’avoir une forte valeur ajoutée, mais aussi de générer davantage d’emplois sur toute la filière ; la demande ne pouvant que progresser."
"La conjoncture actuelle et la crise énergétique poussent aussi à l’usage des énergies renouvelables. Dans ce domaine, la technologie la plus abordable reste le photovoltaïque. Le développement d’une filière dans ce sens est donc très important. On ambitionne de rendre cette industrie aussi importante que l’industrie automobile."
Et de conclure : "Cette usine, dont l’investissement est dix fois plus important que celui dédié à l’usine de production de chauffe-eau solaires, permettra de créer un millier d’emplois directs et plus de 30.000 emplois indirects."
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Coup de pioche inaugural de l'usine de chauffe-eau solaires 100% marocains
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