Examen du barreau : voici les questions de Médias24 à Abdellatif Ouahbi
Abdellatif Ouahbi signe une nouvelle sortie médiatique ce dimanche 8 janvier dans l’émission "Avec Ramdani". Pendant près de dix minutes, le ministre a tenté de se défendre et d’expliquer sa position, sans vraiment convaincre. Plusieurs questions persistent. Nous les posons publiquement au ministre et nous nous engageons à publier sa réponse.
"Je suis toujours ministre de la Justice et secrétaire général du PAM. Ce n’est pas un petit tourbillon qui va me pousser à demander ma démission. Le ministère est une responsabilité (...) peut-être que je me suis trompé, peut-être que j’ai été touché (...) mais je vais assumer mes responsabilités jusqu’au bout." Voilà le principal message transmis par Abdellatif Ouahbi au début de l’émission Avec Ramdani, dont il était l’invité ce dimanche 8 janvier.
Après les appels à la démission et les rumeurs insistantes sur son départ, le ministre réaffirme son maintien à son poste. Il adopte une posture qui minimise l’affaire de l’examen des avocats et répond avec moult détails en évitant l’essentiel.
Des propos déconcertants
Concernant la polémique des examens, qui ne cesse de prendre de l’ampleur, les propos du ministre sont assez déconcertants. Une déclaration pointe le nœud du problème :
"Tous ceux qui devaient réussir ont réussi, soit 800 candidats. Nous avons fait baisser la moyenne pour faire réussir plus de personnes. J’ai eu un débat houleux avec les membres de la commission de supervision des examens, en leur disant : 'S’il vous plaît, faites augmenter le nombre de personnes retenues à 2.000.' Pour cela, nous avons réduit la moyenne de réussite pour atteindre ce chiffre de candidats admis", explique le ministre.
Ainsi, de son propre aveu, Ouahbi confirme que sur les 2.000 candidats retenus pour passer l’examen oral, seuls 800 ont vraiment réussi.
Sur quels critères a été fixée la moyenne d’admission ?
Les 1.200 restants ont été retenus seulement parce que le ministre en a décidé ainsi, "au vu du faible nombre de candidats retenus après la fin des épreuves", selon lui.
Quelle est la base juridique de la décision du ministre de la Justice ? Une question à laquelle Ouahbi n’apporte aucune réponse. A aucun moment il n’évoque la base légale et juridique. L’examen, y compris la notation et la moyenne exigée pour réussir, ont été précisés par un arrêté signé par Ouahbi lui-même en septembre 2022.
Autre interrogation : sur quels critères a été calculée et fixée la moyenne d’admission ?
On déduit des propos du ministre que le curseur a dû être déplacé pour faire admettre un nombre suffisant de candidats. Or, il s’agit-là d’un examen d’aptitude qui doit évaluer la capacité des candidats à exercer le métier d’avocat, l’un des piliers de la justice. Et cela fait de l’examen un concours, puisque les 2.081 premiers ont réussi, même si 1.281 d’entre eux n’avaient pas obtenu la moyenne.
Une enquête menée par le ministre lui-même
Enfin, Ouahbi évoque sa prédisposition à ouvrir une enquête et à la mener... lui-même. Il soutient qu’il traite toutes les demandes de révision de copies.
Or, l’enquête doit concerner en premier lieu les décisions du ministre et les conditions dans lesquelles cet examen s’est tenu.
Elle doit donc être menée par une partie indépendante afin de restaurer la confiance. Sans cela, ce dossier (un de plus) sera classé sans en connaître le fond. Et la défiance continuera à creuser le fossé entre les citoyens et les politiques.
Voici donc les questions que Médias24 pose publiquement au ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi :
- Comment a-t-il pris connaissance du nombre de candidats admissibles ? Qui lui a fourni cette information ?
- Lui a-t-on communiqué le nombre de candidats admissibles, ou également la liste des noms ? S’il a consulté la liste des noms, l’a-t-il fait à sa demande ?
- Peut-il publier la liste de tous les candidats admis, dans l’ordre de la moyenne obtenue ? Cela permettrait de s’assurer que parmi les 1.281 repêchés ne figurent pas des noms de personnes proches de lui.
- L’arrêté organisant l’examen a été transgressé à la demande du ministre, puisque la moyenne a été abaissée à plusieurs reprises selon les propos de Ouahbi, jusqu’à atteindre la cible de 2.000. Quelle est la base juridique de ce changement qui a été effectué sur demande verbale du ministre ?
Abdellatif Ouahbi met en avant son souci de transparence et s’engage à répondre aux demandes d’explication. S’il répond à celle-ci, nous nous engageons à publier sa réponse.
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