Malgré le retour à la normale, les Marocains dépensent moins dans les voyages à l'étranger
En 2022, dans le sillage de la réouverture des frontières, les Marocains se sont remis à voyager à l’étranger. Mais, selon l’Office des changes, les dépenses liées à ces voyages n'ont pas retrouvé leur niveau d’avant-pandémie.
Les dépenses de voyages à l’étranger des Marocains se sont établies à 14,8 milliards de dirhams au cours des onze premiers mois de 2022 (de janvier à novembre), selon l’Office des changes. Des chiffres qui témoignent d’une réelle reprise par rapport à 2021, mais qui restent en deçà du niveau de 2019, c’est-à-dire avant la pandémie.
Il s’agit là d’une hausse de 50% par rapport à la même période de 2021, année durant laquelle les dépenses de voyages à l’étranger des Marocains étaient à peine de 9,9 milliards de dirhams, alors qu’elles atteignaient 19,3 milliards de dirhams en 2019. Notons que ce chiffre comprend également les dépenses liées à la scolarité qui, elles, ont poursuivi leur croissance durant la pandémie, à la différence de celles liées au tourisme et autres motifs de voyages.
Depuis la réouverture des frontières, le 7 février 2022, plusieurs facteurs ont modifié les habitudes de voyages à l’étranger par rapport aux années précédentes, selon Mohamed Semlali, président de la Fédération nationale des agences de voyages.
Voyageurs et opérateurs se convertissent au tourisme interne
Selon lui, les conséquences de la crise sanitaire sont encore présentes. Avec la pandémie, les voyageurs marocains se sont tournés vers le tourisme interne. Ils ont ainsi contribué au sauvetage d’un secteur en forte souffrance après la fermeture des frontières.
Les opérateurs touristiques et hôteliers ont, de leur côté, redoublé d'efforts pour attirer ce tourisme national. Cette tendance s’est poursuivie après l’ouverture des frontières. "Des chaînes hôtelières nous envoient des offres tarifaires promotionnelles spécialement pour le touriste marocain. C’est quelque chose qui n’existait pas avant, ou très peu", souligne Mohamed Semlali.
Ce résultat a été atteint grâce à un effort national soutenu, notamment à travers les campagnes promotionnelles de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), en partenariat avec les professionnels représentés par le Conseil national du tourisme (CNT). Les agences de voyages y ont également contribué en accordant la priorité aux destinations nationales, précise Mohamed Semlali.
Cependant, cette embellie du tourisme interne ne profite pas équitablement à toutes les régions, souligne-t-il. Des destinations comme Fès, Meknès, Ouarzazate et l’Oriental sont pénalisées par le manque de capacité hôtelière et l’offre d’animation limitée, en comparaison avec Marrakech ou Agadir.
Pour développer le tourisme interne, Mohamed Semlali recommande d’investir davantage dans une offre privilégiant le voyage en famille, qui a la préférence du touriste marocain.
Les difficultés liées aux visas détournent de l'Europe
Le problème des visas pour l’Europe a été ressenti dans la profession, selon notre interlocuteur, qui mentionne les difficultés liées à l’obtention des visas Schengen par le canal français.
Cette situation a bénéficié à d’autres destinations, comme la Turquie qui n’exige pas de visa pour les Marocains, les Emirats arabes unis qui facilitent son obtention ou encore le Qatar à l’occasion de la Coupe du monde.
Néanmoins, cette tendance a été limitée par l’inflation, qui n'a pas épargné les prix des hôtels, ce qui représente un frein supplémentaire au voyage à l’étranger, nuance Mohamed Semlali. A titre d’exemple, selon lui, "les prix des nuitées en Arabie saoudite ont augmenté de 40%".
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