Les apports du nouveau décret sur les marchés publics
Transparence, préférence nationale, nouveau barème de notation... Voici l’essentiel des nouveautés du projet de décret sur les marchés publics, adopté ce jeudi 29 décembre en Conseil de gouvernement.
Adopté en Conseil de gouvernement ce jeudi 29 décembre, le projet de décret 2.22.431, relatif aux marchés publics, vient répondre aux recommandations de la Commission spéciale pour le Nouveau Modèle de développement, et apporte ainsi des dispositions visant à renforcer la transparence, à améliorer le climat des affaires, à s’ouvrir aux petites entreprises et aux auto-entrepreneurs et à consacrer le principe de préférence nationale.
Présenté par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, le projet de décret a pour objectif d’adopter "un système unifié des marchés publics qui s’applique à toutes les entités publiques, aux collectivités territoriales, mais aussi aux établissements publics et autres personnes morales privées de droit public", indique le communiqué du porte-parole du gouvernement.
Le but est de "fournir une vision plus claire aux acteurs économiques, renforcer le mécanisme de préférence nationale en prenant en compte les engagements de notre pays dans le cadre des accords de partenariats stratégiques et de libre-échange", poursuit le communiqué.
Lors du point de presse suivant le Conseil de gouvernement, Fouzi Lekjaa a expliqué les points essentiels, les apports de ce projet de décret, soulignant qu’il était nécessaire de réviser celui en vigueur.
"Un saut vers l’avant"
"Le dernier décret (sur les marchés publics, ndlr) date de 2013. Il était nécessaire qu’un nouveau texte vienne accompagner les évolutions et les ambitions du pays. Le nouveau gouvernement a choisi de placer dans ses priorités, l’investissement de manière générale comme levier principal pour la création de la richesse et de développement (...). Ce projet de décret fait passer la gestion des marchés publics d’une situation à une autre, à travers des améliorations qui s’inscrivent dans une logique tranchante vers un travail positif", explique-t-il.
Les éléments qui représentent ce "saut vers l’avant" consistent, selon Fouzi Lekjaa, en l’unification du cadre des marchés publics et en la consécration de la préférence nationale, "qu’il s’agisse de la production locale, de l’artisanat traditionnel ou de toute production qui se fait au Maroc (...). On donne même la priorité à l’emploi de la main-d’œuvre (locale, ndlr) pour créer un équilibre dans la gestion des marchés publics".
Autre élément d’amélioration : l’octroi des opportunités aux PME. Celles-ci "vont trouver une place dans la toile entrepreneuriale", indique-t-il.
Un nouveau barème de notation
"Nous avions le problème du 'prix le plus bas'. Or, les capacités réelles de réalisation sont un facteur qui affecte la continuité des travaux et la finalisation des projets dans les temps. Aujourd’hui, nous avons mis en place un barème de notation qui garantit le choix du meilleur prix. Il y a d’autres facteurs déterminants (autre que celui du prix, ndlr). Nous allons inciter le gestionnaire public à choisir l’entreprise avec la meilleure offre pour exécuter les projets et éviter les problématiques", poursuit-il.
Ce projet de décret vise également à "consacrer les mécanismes facilitant l’accès des TPME, des auto-entrepreneurs et des coopératives aux marchés publics. Mais aussi à renforcer l’intégration des dimensions socio-économiques, environnementales et de développement durable dans les marchés publics".
Par ailleurs, le texte prévoit "la consécration de la transparence et la lutte contre toutes les formes de corruption dans la gestion publique. Nous avons fait en sorte que l’investissement public adhère à ces principes".
"Il était nécessaire de faire tout cela, dans le respect des relations qui nous lient aux institutions internationales et aux organisations économiques mondiales. Cela nous a poussés à travailler sur ce décret, tout au long de l’année 2022, dans le cadre d’une approche participative. Nous avons travaillé avec tous les départements ministériels, les institutions financières et les représentations professionnelles, et avons publié le projet de décret sur le portail du Secrétariat général du gouvernement, pendant deux mois. Nous avons reçu plus de 2.000 remarques et avis et avons interagi avec le tiers de manière positive", précise le ministre délégué chargé du Budget.
Selon lui, l’arsenal législatif "va permettre au pays de réaliser ce saut vers l’avant pour soutenir l’investissement interne dans le privé, en créant des richesses et des opportunités de travail, tout en s’adaptant aux normes internationales, en mettant fin à tous les fléaux portant atteinte à la gestion des marchés publics".
À découvrir
à lire aussi
Article : Botola : le MAS champion du Maroc, 41 ans après son dernier sacre
Vainqueur de l’Olympique Dcheira (2-0) lors de la dernière journée, le club fassi boucle la saison avec 59 points, deux longueurs devant Berkane, au terme d’un final à quatre.
Article : Mercato : Lille prévient l’Europe, Bouaddi ne partira pas à prix normal
Dans un entretien publié par Eurosport avant le huitième de finale gagné par le Maroc contre le Canada, Olivier Létang décrit le milieu de 18 ans comme un profil “unique”, déjà fort de plus de 100 matchs au haut niveau. Sans fixer de prix, le président du LOSC cite les transferts d’Anderson et de Tonali pour situer la valeur de sa pépite dans les très hautes sphères du marché.
Article : Immobilier. Les coûts de production et la pénurie de main-d’œuvre aggravent la situation du marché
Dans l’ancien, les ventes chutent sans que les prix ne cèdent vraiment. Dans le neuf, les dispositifs publics soutiennent la demande, mais ne compensent pas l’écart entre les prix proposés et les capacités d’achat. Entre les deux segments, c’est toute la chaîne du logement qui se retrouve sous tension, des ménages aux promoteurs. Décryptage.
Article : “Green Basin”, le projet stratégique qui veut faire du port de Jorf Lasfar un hub de batteries et de carburants verts
Jorf Lasfar n’est plus seulement le port des phosphates, du charbon et des grands vracs industriels. Alors que l’ANP prépare son extension, avec plus de 3.500 mètres de nouveaux quais annoncés, le site prend une autre dimension : autour de l’acide phosphorique, plusieurs projets liés aux batteries, aux électrolytes, au graphite et aux dérivés de l’hydrogène vert s’installent déjà dans son arrière-pays. Avec “Green Basin”, cette nouvelle vocation industrielle commence à trouver son débouché portuaire. Détails.
Article : Migration : la route des Canaries recule fortement, sur fond de coopération maroco-espagnole
Les arrivées irrégulières en Espagne ont baissé de 32,5% au premier semestre 2026, selon le ministère espagnol de l’Intérieur, avec une chute de 67,2% aux Canaries, tandis que certains itinéraires, notamment terrestres vers les présides occupés de Sebta et Mélilia, enregistrent des hausses localisées.
Article : Reportage. Jazzablanca : les Scorpions enflamment une soirée portée par la qualification du Maroc
Entre la retransmission de Maroc-Canada à La Place des Lions, les concerts de José James, China Moses, Brian Jackson, Hypnotic Brass Ensemble et Mehdi Nassouli, puis l’arrivée de Scorpions sur une scène Casa Anfa à guichets fermés, Jazzablanca a vécu samedi 4 juillet une soirée à part, où la ferveur du stade a fini par se confondre avec celle du rock. Récit d’une nuit où Casablanca a vibré deux fois.