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OCP en passe de réaliser un chiffre d’affaires historique de 130 milliards de dirhams !

Selon les estimations du marché, le groupe phosphatier se dirige cette année vers la réalisation d’un record jamais atteint dans son histoire. Des revenus qui représenteront 30 milliards de dirhams de plus que les transferts estimés des MRE ou du total des exportations du secteur automobile.

OCP International Coöperatieve envisage d’acquérir la société espagnole Global Feed.

OCP en passe de réaliser un chiffre d’affaires historique de 130 milliards de dirhams !

Le 30 novembre 2022 à 19h03

Modifié 30 novembre 2022 à 19h22

Selon les estimations du marché, le groupe phosphatier se dirige cette année vers la réalisation d’un record jamais atteint dans son histoire. Des revenus qui représenteront 30 milliards de dirhams de plus que les transferts estimés des MRE ou du total des exportations du secteur automobile.

Le déséquilibre mondial post-Covid, la guerre russo-ukrainienne et le retour d’une forte inflation n’ont pas que des mauvais côtés au Maroc. Si ces trois chocs ont, certes, fait exploser la facture énergétique du Royaume, réduit le pouvoir d’achat des citoyens et perturbé certaines industries dépendantes d’intrants provenant de l’étranger, elles ont permis au secteur des phosphates de vivre une embellie inégalée par le passé, grâce à la forte hausse des prix de la roche et des engrais au niveau mondial.

Sur les neuf premiers mois de l’année seulement, le groupe OCP a engrangé des revenus de 89,5 milliards, soit 4 milliards de plus que le chiffre d’affaires record qu’il a réalisé sur l'ensemble de l’année 2021 !

Et ce trend de croissance ne devrait pas changer au dernier trimestre de l’année. Si le chiffre d’affaires d’OCP continue de croître au même rythme que les neuf premiers de l’année (+55%), il atteindra en fin d’année la barre des 130 milliards de dirhams. Un scénario plus que réaliste, comme nous l’explique un expert du marché, malgré la baisse des prix de la roche et des engrais, les deux produits phares du groupe.

La baisse des prix va assurer une bonne relance de la demande

Après avoir atteint un pic moyen de plus de 1.000 dollars la tonne en avril 2022, les prix des engrais ont déjà subi une forte correction depuis, traitant à une moyenne située entre 700 et 800 dollars la tonne au troisième trimestre. Idem pour la demande, qui a fortement baissé sur la plupart des marchés clés (-38% en Europe, -8% au Brésil, -55% aux USA, -7% en Afrique) en raison des niveaux de stocks élevés, notamment au Brésil, des conditions météorologiques défavorables en Europe et aux Etats-Unis, et de la baisse générale du pouvoir d’achat des agriculteurs dans le monde. Seul le marché indien est resté solide, avec des importations qui ont progressé à fin septembre de 66% par rapport à la même période de l’année dernière.

Des facteurs qui n’ont toutefois pas empêché le groupe de faire croître ses revenus de 55% sur la même période. Pourquoi ? Pour la simple raison que les prix actuels restent toujours plus élevés que ceux de l’année dernière, en raison des tensions qui persistent sur l’offre. Un effet prix qui a largement compensé, comme le signale le groupe dans sa communication financière, la baisse des volumes exportés d’une année à l’autre.

Et la baisse des prix par rapport au pic d’avril 2022 n’a pas que du mauvais, comme nous l’expliquait le management du groupe fin septembre. Car qui dit baisse des prix dit automatiquement relance de la demande, surtout sur les engrais, matière essentielle pour l’agriculture mondiale, et produit qui représente actuellement 65% des revenus globaux du groupe.

"La fourchette de prix des engrais actuelle indique une amélioration significative de l’accessibilité pour les agriculteurs par rapport au premier semestre 2022. Nous prévoyons donc une certaine reprise de la demande au second semestre de cette année par rapport aux niveaux de demande au premier semestre, reflétant également les niveaux faibles de stocks d’engrais dans plusieurs régions importatrices", indiquait notre source au groupe OCP, qui prévoyait déjà un beau finish pour l’année 2022.

Des prévisions que les résultats du troisième trimestre confirment. Et que les données du marché sur les mois d’octobre et novembre appuient également, faisant dire à notre expert que la croissance annuelle des revenus d’OCP suivra le même trend que sur les neufs premiers mois de l’année, pour faire passer le chiffre du groupe à 130 milliards de dirhams à fin 2022.

Ce scénario reste minimaliste, selon notre source, puisque contrairement à la tendance observée depuis le début de l’année, la demande sur les engrais a renoué avec la croissance en cette fin d’année. OCP le signale aussi dans sa communication financière pour le troisième trimestre, expliquant que "l’évolution des prix pour la fin d’année devrait être similaire à la tendance du troisième trimestre, et la demande devrait s’améliorer à l’approche de 2023, grâce à une meilleure accessibilité des engrais pour les agriculteurs et des niveaux de stocks faibles à stables dans les principales régions importatrices".

Des perspectives positives pour la demande en cette fin d’année qui s’expliquent par plusieurs facteurs :

- les fondamentaux solides du marché des céréales dans le monde et la baisse des prix des engrais par rapport à la dernière année, qui devrait se traduire par des résultats favorables pour les importateurs et les agriculteurs ;

- le retour à des niveaux normaux des stocks au niveau du Brésil, grâce au faible niveau des importations au premier semestre 2022 ;

- le maintien des importations indiennes à un niveau élevé, compte tenu des bonnes conditions agricoles dans le pays et du niveau des stocks ;

- la reprise de la demande américaine et européenne, avec le retour de conditions climatiques plus clémentes par rapport à la dernière saison.

Un bénéfice net estimé à 23 milliards de dirhams à fin 2022 !

Dans un contexte où les prix vont rester stables, cette reprise de la demande plaide ainsi pour une accélération de la croissance du chiffre d’affaires du groupe sur les trois derniers mois de l’année.

Ce qui fera d’OCP en 2022 le premier pourvoyeur de devises pour le pays, dépassant les chiffres records attendus des recettes des MRE (100 milliards), et les prévisions à l’export de l’industrie automobile, qui devraient atteindre les 100 milliards à fin 2022, comme nous le confiait en août dernier le ministre de l’Industrie, Ryad Mezzour.

Mais ce n’est pas tout. Si OCP accélère la croissance de ses revenus, il opère également en parallèle des performances opérationnelles exceptionnelles, avec une forte progression des ses marges, grâce à la bonne maîtrise des coûts. Son Ebitda a ainsi évolué de 76%, faisant passer la marge d’Ebitda à 48% à fin septembre, contre 42% un an auparavant.

Ce qui signifie que la marge nette du groupe devrait suivre au moins le même trend que celle de l’année dernière. Dans un scénario minimaliste, qui s’appuie sur la marge nette de 17,7% réalisée en 2021, le groupe devrait finir l’année 2022 avec des bénéfices d’au moins 23 milliards de dirhams, contre 15 milliards en 2021. Un autre record pour le groupe qui devra renforcer sa capacité d’investir dans de nouvelles capacités de production, financer ses grands projets de développement durable, mais aussi contribuer de manière significative au budget public via les dividendes record qui seront versés à l’Etat actionnaire.

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