Tourisme israélite : un potentiel chiffré à 1 million d’arrivées en 2027 ?
Depuis la création du e-visa en juillet dernier, plus de 60% des demandes proviennent d’Israël. Selon plusieurs sources, le marché juif mondial, qui devrait générer entre 70.000 et 90.000 arrivées à la fin de 2022, pourrait représenter dans moins de cinq ans un million de visiteurs.
Depuis l’ouverture de lignes directes entre le Maroc et Israël et la récente mise en place d’un visa électronique qui a simplifié la procédure d’obtention, le nombre d’arrivées israéliennes a connu une hausse exponentielle qui n’en serait qu’à ses débuts au regard d’un potentiel estimé à un million de visiteurs.
Une croissance de 65% entre janv-sept 2019 et janv-sept 2022
En effet, les chiffres officiels du ministère ont recensé 42.666 arrivées israéliennes aux postes-frontières aériens du Maroc entre janvier et septembre 2022, contre 25.802 pour la même période de l’année 2019 ; soit une croissance de 65% qui devrait encore s’accélérer durant 2023.
Alors que le Maroc n’a rouvert ses frontières qu’à partir du 7 février et que certaines lignes aériennes directes, notamment pour Marrakech, n’ont repris qu’en mars ou en avril, plusieurs hôteliers ont constaté un flux croissant d’arrivées israéliennes à partir du mois de juin.
Un engouement qui s’est traduit en chiffres avec un nombre de demandes de visas électroniques qui a atteint, selon le ministère, 60% de l’ensemble des demandes déposées par toutes les nationalités.
De 70.000 à 90.000 arrivées à la fin de 2022
Selon une source fiable, la moyenne mensuelle actuelle approcherait les 10.000 arrivées, ce qui laisse espérer un minimum de 70.000 touristes en provenance d’Israël, à la fin de l’année en cours.
A cette prévision, il convient d’ajouter les très nombreux binationaux (Israélo-marocains, américains, français, canadiens…) venus d’autres pays qu’Israël pour des célébrations religieuses. S'ils représentaient 20.000 arrivées avant la crise, ils pourraient atteindre le chiffre de 60.000 dès 2023.
A partir des témoignages de nombreux hôteliers de la ville ocre et du nombre croissant de cars transportant des touristes israéliens, Abdellatif Abouricha, porte-parole du CRT de Marrakech-Essaouira-Safi, nous indique que ce marché émetteur se distingue des autres marchés traditionnels par le fait qu'il s'adresse à toutes les catégories hôtelières (luxe, moyen de gamme, camping…).
"Un lien spécial unit le Maroc au marché juif mondial"
"Depuis leur ouverture, les 4 vols hebdomadaires venus d’Israël qui desservent Marrakech sont tous quasiment pleins et pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le nombre de restaurants et d’hôtels qui sont privatisés par la clientèle israélienne dans toute la région (désert d’Agafay, Essaouira…)."
"Ce marché constitue une manne extraordinaire encore sous-exploitée qui ne fait que commencer avec un nombre croissant de pèlerins venus du monde entier et pas uniquement d’Israël, ou simplement de retrouvailles familiales avec la terre de leurs ancêtres", avance Abouricha. D'après lui, ce marché émergent, qui a un lien particulier avec le Maroc, deviendra bientôt aussi important que ceux d’Europe grâce à une histoire exceptionnelle de cohabitation entre musulmans et juifs.
"Un potentiel d'un million de visiteurs dans cinq ans"
Selon le porte-parole du CRT, la stabilité du Maroc et la reprise des relations diplomatiques avec Israël ont permis de rassurer l’ensemble des juifs de la planète, et notamment ceux d’origine marocaine. Ces derniers peuvent organiser des mariages grandioses dans des palaces comme des séjours dans des établissements 1 ou 2 étoiles pour les jeunes Israéliens qui sont connus pour prendre une année sabbatique.
"Grâce aux arrivées israéliennes et à la diaspora, le potentiel d’arrivées est énorme et pourrait atteindre le million de visiteurs dans les cinq ans à venir ; mais pour cela, il faudra multiplier les lignes aériennes et mieux s’adapter aux exigences (culinaires, religieuses…) de ce marché", conclut Abouricha. Il ajoute qu’il faudra nécessairement augmenter le budget de promotion de l’ONMT pour arriver à capter l’énorme potentiel du marché juif mondial.
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