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ECONOMIE

Round-up : ce qu’il faut savoir sur le Fonds Mohammed VI

Initialement créé pour être l’un des véhicules de la relance post-Covid, le Fonds Mohammed VI vise désormais à être un catalyseur de l’investisseur privé de manière générale. Avec la nomination de Mohamed Benchaaboun à sa tête, le fonds est déjà doté de 15 milliards de dirhams. Son opérationnalisation est désormais imminente. Structuration, mode d’intervention, objectifs, taille ciblée… Round-up.

Round-up : ce qu’il faut savoir sur le Fonds Mohammed VI
Siège du ministère de l'Economie et des finances à Rabat. Photo Médias24
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Le 19 octobre 2022 à 19h20 | Modifié 19 octobre 2022 à 19h42

C’est en pleine crise du Covid-19 que la création du Fonds Mohammed VI a été annoncée par le souverain dans son discours du trône du 30 juillet 2020. Si l’objectif de départ était d’en faire un véhicule d’investissement pour soutenir une économie marocaine en récession et participer à sa relance, l’objet du fonds a depuis été élargi.

Durant ces deux dernières années, la réflexion sur l’objet du fonds, sur sa structuration et ses modes d’intervention a évolué pour se conformer aux nouvelles ambitions du pays ; à leur tête la stimulation de l’investissement privé pour porter sa part à deux tiers de l’investissement global dans le pays, contre un tiers actuellement.

Un objectif que vise la nouvelle Charte de l’investissement et sur lequel le Roi a encore insisté vendredi dernier, lors du discours de l’ouverture de l’année législative, en fixant un cap pour l’année 2026 : réaliser 550 milliards de dirhams d’investissements privés en quatre ans !

Plus qu’un outil de relance, un catalyseur pérenne de l’investissement privé

Gardant son ADN de départ de véhicule de relance, le Fonds Mohammed VI sera ainsi l’un des catalyseurs de cette dynamique, surtout que l’accélération de l’investissement privé ne peut se faire sans un appui fort de l’État, comme nous l’a dit, ce mardi 18 octobre, Ahmed Lahlimi dans une interview à Médias24.

Avec la nomination de Mohammed Benchaaboun à sa direction générale, à l’occasion du Conseil des ministres de ce mercredi 19 octobre, le fonds boucle aujourd’hui une grande phase de réflexion et de structuration juridique et réglementaire.

Créé comme une holding de participations, sous forme de SA, avec un conseil d’administration présidé par la ministre de l’Economie et des finances, le fonds a ainsi complété son board. Et dispose désormais d’un gestionnaire qui a été à l’origine de son amorçage, Mohammed Benchaaboun, ministre des Finances jusqu’à début octobre 2021. C’est lui qui a été derrière la structuration juridique du véhicule et les premiers contacts avec les investisseurs potentiels, marocains comme étrangers.

En juillet 2021, trois mois avant son départ, l’ancien ministre des Finances et actuel directeur général du fonds, nous parlait déjà du travail accompli depuis le lancement de ce véhicule.

- l’entrée en vigueur de la loi n°76-20 qui a doté le fonds du statut juridique de SA ;

- la publication d’un décret d’application permettant d’approuver les statuts du fonds et la fixation de son capital initial à 15 milliards de dirhams, entièrement souscrit par l’État. Ce montant a déjà été libéré et débloqué dans un compte distinct réservé au fonds, dans l’attente de son opérationnalisation effective ;

- l’inscription du fonds sur la liste des entreprises stratégiques de l’État, dont la nomination du directeur général relève des prérogatives du Conseil des ministres.

Fort engouement des investisseurs marocains et étrangers

En parallèle de ce travail juridique, des contacts ont été établis durant ces deux années avec les investisseurs potentiels pour atteindre la taille cible fixé par le Roi de 45 milliards de dirhams. Lever 30 milliards de dirhams sur le marché dans ce contexte d’incertitudes économiques et de crise n’est pas une sinécure.

Mais aussi bien Mohammed Benchaaboun que Nadia Fettah, la ministre de l’Economie et des finances qui a pris le relais de Benchaaboun pour “closer” le fonds, nous affirmaient que les premiers contacts témoignaient d’un fort engouement pour ce véhicule. Certains, comme l’Agence française de développement (AFD), ont d’ailleurs annoncé leur intention de rejoindre le tour de table. La Banque mondiale et la Société financière internationale (SFI) seraient également de la partie, comme nous le confiait tout récemment un responsable de la Banque mondiale.

En juillet 2021, Mohammed Benchaaboun indiquait à Médias24 que “des contacts soutenus sont établis avec des investisseurs nationaux publics et privés et avec des institutions internationales et régionales. Ces contacts ont permis de présenter le cadre juridique du fonds et les grandes orientations qui s’en dégagent, en matière d’objectifs stratégiques et de politique d’investissement, et d’identifier les attentes de ces investisseurs”.

Les questions abordées portaient déjà sur l’alignement sur les meilleures pratiques d’investissement à l’international, sur le niveau des rendements financiers potentiels, le dispositif de gouvernance, la politique de gestion des risques et le respect de durabilité et d’investissement responsable, nous disait alors l’ancien ministre des Finances.

Ces contacts avaient montré, selon lui, un grand intérêt de la part de ces investisseurs, tant nationaux qu’internationaux, à accompagner le déploiement du fonds et à l’inscrire dans leur priorité d’investissement, notamment sur le volet de la structuration et de l’investissement dans les sous-fonds thématiques à mettre en place.

Même son de cloche chez l’actuelle ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, qui a confirmé, lors d’une conversation avec Médias24, le 23 septembre dernier, cet engouement pour le fonds. Dans une autre sortie médiatique, la ministre s’est montrée très optimiste en termes d’ambitions, affirmant que l’objectif n’était plus d’atteindre 45 milliards de dirhams, mais d’aller au-delà pour faire de ce véhicule un outil pérenne dans le paysage de l’investissement au Maroc.

Un premier investissement réalisé dans l’usine de vaccins de Benslimane

Profitant également de sa rencontre avec le secteur privé lors des Régionales de l’investissement organisées à Tanger par la Banque centrale populaire (BCP) fin septembre 2022, Nadia Fettah avait annoncé que son ministère s’orientait actuellement vers la création des fonds thématiques sectoriels, auxquels devra contribuer le Fonds Mohammed VI, notamment dans les secteurs du tourisme et de l’agriculture, qui auront besoin d’un traitement spécifique.

Pour les autres secteurs comme les infrastructures, l’écologie et le digital, le fonds veut créer les conditions nécessaires pour amorcer l’activité, notamment en identifiant les expertises métier nécessaires, qui devront juger de la pertinence des investissements et assurer un accompagnement aux entreprises.

L’objectif est de disposer, selon la ministre, d’un portefeuille diversifié qui parvienne à intégrer les chaînes de valeur. C’est la raison pour laquelle les institutionnels marocains et internationaux ainsi que le secteur privé ont été associés à la démarche.

Aux côtés de ces secteurs déjà identifiés, le fonds interviendra également, comme nous le disait Mohammed Benchaaboun, dans la restructuration industrielle et la promotion des PME.

À noter que le fonds a déjà réalisé un investissement dans un projet stratégique et structurant : l’usine de vaccins de Benslimane, où il est présent dans le tour de table aux côtés de Bank of Africa, Attijariwafa bank et la BCP.

Fonds thématiques : plusieurs montages financiers envisagés

Mohammed Benchaaboun, qui vient de prendre ses fonctions à la tête du fonds, prendra donc le train en marche. Et devra boucler la structuration financière du fonds, et surtout, lancer les fonds thématiques, véritables bras armés de ce véhicule dans l’investissement.

Et ce ne sont pas les montages financiers qui manquent pour activer ce chantier. En juillet 2021, Mohammed Benchaaboun nous indiquait que plusieurs montages étaient possibles.

Pour le lancement de ces sous-fonds, le Fonds Mohammed VI, qui est la holding de tête, pourra soit opter pour le lancement de nouveaux fonds en sa qualité de sponsor officiel, mettre en place de nouveaux véhicules structurés sous forme de fonds publics-privés donnés en gestion à des sociétés de gestion, elles-mêmes sélectionnées sur la base d’un appel à manifestation d’intérêt ; soit intervenir et investir dans des véhicules de financement déjà existants ou en création, dont les équipes ont développé une expertise dans le capital investissement, et dont la stratégie d’investissement colle avec les objectifs du Fonds Mohammed VI.

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