Le Maroc, premier “partenaire vert” de l'Union européenne
Le Maroc et l'Union européenne ont signé, le mardi 18 octobre à Rabat, un mémorandum d'entente portant sur l’établissement d’un partenariat vert, ce qui fait du Royaume le premier pays à conclure un partenariat de ce type avec l'UE.
Paraphé par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le vice-président exécutif de la Commission européenne et commissaire pour la politique d'action sur le climat, Frans Timmermans, le mémorandum a pour objectif d’établir un partenariat vert entre les deux parties dans les domaines de la lutte contre les changements climatiques, de la transition énergétique, de la protection de l’environnement et de la promotion de l’économie verte et bleue.
“Pour nouveau qu’il soit, le partenariat vert n’est pas un terrain inconnu. C’est un nouveau levier dans notre partenariat global et multidimensionnel. Et de ce nouveau partenariat nous ferons un outil tout aussi pionnier, qui cherchera moins à rester unique dans le bassin méditerranéen qu’à y faire des émules”, a déclaré Nasser Bourita à cette occasion.
Il s'agit, selon le ministre, d'“un outil tout aussi adaptatif, qui saura s’ajuster aux mutations d’une conjoncture où les interdépendances entre le Maroc et l’UE n’ont jamais été aussi prégnantes. Et un outil tout aussi productif, qui trouvera les ressources pour ériger la relation Maroc-UE en un espace d’action stratégique de nature globale”.
Vers une industrie décarbonée
De nature stratégique et porteur de réelles opportunités de coopération politique, économique, technique et technologique, ce partenariat vert devra, entre autres, placer la lutte contre les changements climatiques, la promotion et l’avancement de la transition énergétique, la protection de l’environnement et la transition vers l’économie verte parmi les priorités des relations entre l’UE et le Maroc.
“En termes de moyens, mobilisons un appui politique et financier à la hauteur. De par sa nature systémique, le partenariat vert doit transcender la logique financière pure. Je me réjouis, à cet égard, que le prochain Programme d’appui à la transition énergétique au Maroc/Energie verte soit doté à ce stade de 50 millions d'euros”, a précisé le ministre.
Le mémorandum permettra aux partenaires de progresser vers leurs objectifs communs de devenir des économies sobres en carbone tendant vers une neutralité climatique, tout en assurant la sécurité de leurs approvisionnements énergétiques et sans laisser personne de côté. Il s'agit aussi de favoriser la transition vers une industrie décarbonée par l’investissement en technologie verte, la production d’énergies renouvelables, la mobilité durable et la production propre dans l’industrie.
Cet accord vise également la concertation et les échanges précoces des politiques, la prise en compte des intérêts, priorités et préoccupations de chacun des partenaires lors de l’élaboration des politiques en matière de changements climatiques, de transition énergétique, de protection de l’environnement et d’économie verte et bleue aux niveaux bilatéral, régional et multilatéral.
Renforcer l’implication du secteur privé dans les domaines verts
Ce mémorandum a en sus pour objectif de sensibiliser les populations, notamment les groupes les plus vulnérables, aux défis climatiques et environnementaux, en encourageant la contribution des différents acteurs pour la réussite de ce partenariat.
De même, il sera question de renforcer l’implication du secteur privé dans les domaines verts, y compris dans la mobilisation des investissements pour la transition verte de l’économie marocaine, et une collaboration plus étroite avec les organismes financiers et les institutions européennes de coopération.
En outre, ce partenariat pourra encourager une coopération privilégiée avec des agences européennes spécialisées, ainsi que la participation du Maroc aux programmes communautaires et initiatives européennes pertinents.
Ce partenariat vert, qui s'appuiera sur les multiples acquis de la relation bilatérale, s’inscrit dans le cadre existant des relations Maroc-UE, au sein duquel les partenaires pourront discuter d’égal à égal et examiner toute question d'intérêt commun.
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