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Sicpa, le spécialiste suisse de la traçabilité, inaugure son centre d’excellence à CFC

L’un des leaders internationaux des solutions de traçabilité a inauguré son centre d’excellence à Casablanca Finance City. L’événement a été l’occasion d’aborder les enjeux de la traçabilité en Afrique, plus nombreux et plus importants qu’on ne le croit.

Sicpa, le spécialiste suisse de la traçabilité, inaugure son centre d’excellence à CFC
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Le 12 octobre 2022 à 16h14 | Modifié 12 octobre 2022 à 18h34

La multinationale suisse Sicpa, spécialisée dans les solutions de marquage et de traçabilité, a présenté le jeudi 6 octobre son centre d’excellence de Casablanca Finance City (CFC). Situé au sein de la tour CFC First, il emploie une trentaine de développeurs marocains. Il fait aujourd’hui partie des six centres d’excellence de Sicpa dans le monde. Il a pour mission de déployer et d’assister de nouveaux projets en Afrique de l’Ouest et dans le monde.

Ce centre est l’un des deux engagements de l’entreprise suisse dans le cadre de l’appel d’offres qu’elle avait remporté en 2019 auprès de l’Administration des douanes et des impôts indirects (ADII). “La volonté de l’Administration des douanes, c’est que le partenariat apporte une valeur ajoutée au Maroc”, explique Eric Besson, président de Sicpa West Africa.

Le centre accompagne l’implémentation des projets Sicpa, du montage et de la constitution de l’entité locale au déploiement des solutions technologiques de pointe, en passant par le recrutement, la formation et l’accompagnement des collaborateurs jusqu’à ce que les équipes locales soient autonomes.

À titre d’exemple, les développeurs marocains de Sicpa ont contribué au déploiement de projets au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, au Togo et en République démocratique du Congo, mais aussi aux Émirats arabes unis, en Thaïlande, en Malaisie et en Géorgie. Cette équipe assure également des missions de support technique, de développement de logiciels, de business intelligence et d’assistance informatique pour le déploiement de projets de marquage, principalement en Afrique.

L’autre engagement de Sicpa vis-à-vis des autorités marocaines concerne la mise en place d’un centre régional de codage et d’impression de vignettes fiscales de haute sécurité, pour répondre à la fois aux besoins locaux et africains. Ce projet a été lancé en 2021 à Casablanca, à Aïn Sebaâ.

Le groupe Sicpa dispose aujourd’hui de deux entités au Maroc : Sicpa Maroc, en charge du développement des activités pour le Maroc et qui emploie 130 personnes, et Sicpa West Africa, en charge du développement des activités pour l’Afrique et qui emploie 30 personnes.

Les enjeux méconnus de la traçabilité au Maroc et en Afrique

La présentation du centre d’excellence de Sicpa a été l’occasion de dévoiler la nouvelle édition du rapport CFC Africa Insights, consacrée aux enjeux de la traçabilité dans les domaines de la transition énergétique, alimentaire et de santé en Afrique. Élaborée et présentée par Philippe Gillet, directeur scientifique du groupe Sicpa, elle traite des différents besoins de traçabilité qui émergent dans le monde, avec un focus sur l’Afrique.

Parmi les exemples présentés pour le Maroc, la nécessité de certifier la filière de l’huile d’olive, confrontée à la fraude, comme dans d’autres pays. Selon Brahim Laroui, directeur général de Lesieur Cristal – et l’un des intervenants du panel de discussion sur ce sujet –, la fraude concerne 80% de l’huile d’olive vendue sur le marché de l’informel au Maroc. Les solutions de traçabilité aideraient non seulement à garantir l’authenticité de ce produit, mais aussi à en valoriser l’origine dans une logique de marketing des produits du terroir.

Sur le front de l’énergie, le Maroc, qui nourrit des projets de développement d’hydrogène vert, aura également besoin de le certifier comme “vert”. Les autorités devront inciter la filière au niveau international à adopter ces solutions de traçabilité, pour éviter d'être confronté à la concurrence de l’hydrogène produit à partir d’une énergie fossile.

Dans le secteur de la santé, si le Maroc est certes épargné des fraudes aux médicaments, cette problématique reste très préoccupante en Afrique, où 30% des médicaments vendus sont des produits contrefaits. Ce phénomène provoque la mort de près de 200.000 enfants chaque année en Afrique, selon les chiffres présentés dans le rapport.

Trois questions à Eric Besson, président de Sicpa West Africa

Médias24 : Que représente le marché africain pour Sicpa ?

Eric Besson : L’Afrique n’est pas le seul continent concerné par les questions de traçabilité. Il faut dire cependant que la tentation de la fraude y est très forte, parce que très rémunératrice. Certains veulent échapper à la réglementation, à la fiscalité ou encore aux conditions sanitaires. D’où le besoin d’avoir une traçabilité, et donc de développer des certifications. 200.000 enfants meurent chaque année en Afrique après avoir consommé de faux médicaments. C’est un chiffre catastrophique.

Tout le monde veut désormais connaître l’origine des produits ; parfois pour des raisons de santé, parfois pour des raisons éthiques ou politiques. Vous aurez par exemple des gens qui n’approuveront pas des produits issus de la déforestation au Brésil. D’autres encore ne voudront pas de produits fabriqués par des prisonniers politiques chinois, etc. Dans un autre registre, une entreprise qui embauche peut avoir besoin de vérifier l’authenticité des diplômes d’un candidat. Dans le marché du bio, qui connaît une forte expansion, il est nécessaire de savoir si le produit est réellement bio.

C’est là un petit échantillon des problématiques pour lesquelles Sicpa propose des solutions qui répondent aux besoins de traçabilité des États, des entreprises, des consommateurs et des citoyens.

- Nombre de pays africains manquent de moyens. Avez-vous des difficultés à les démarcher pour ce genre de services ?

- On ne les démarche pas. Ce sont eux qui lancent des appels d’offres internationaux parce qu’ils veulent marquer un certain nombre de produits qui font souvent l’objet de fraudes. Je pense par exemple aux boissons alcoolisées et aux cigarettes. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs demandé à tous les États d’adopter pour les cigarettes un système de traçabilité indépendant des producteurs et des distributeurs. C’est donc un mouvement naturel qui se fait.

Les grands organismes de financement internationaux, tels que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, pour des raisons budgétaires, incitent également tous les États à augmenter la part de l’économie formelle par rapport à l’économie informelle. Tous les systèmes de traçabilité permettent aux États d’augmenter leurs recettes budgétaires. Ces organismes – qui prêtent d’ailleurs de l’argent aux États – en font presque, désormais, une condition. Donc nous, Sicpa, ne démarchons pas les États ; nous ne faisons que répondre aux appels d’offres internationaux.

- Quel est l'apport de cette nouvelle implantation au sein de CFC ?

- Nous avons une double implantation au Maroc. Nous sommes producteurs de services pour l’État marocain, dans le cadre d’un contrat qui nous lie au ministère des Finances et aux douanes. Nous marquons ici l’importation et la production des cigarettes, des boissons alcoolisées, des sodas et des eaux minérales.

Les jeunes développeurs de notre centre d’excellence vont aider au déploiement de solutions dans un certain nombre de pays. Car lorsque Sicpa remporte un contrat, il faut implanter la solution dans plusieurs pays d’Afrique. En Thaïlande et aux Philippines également, des développeurs marocains ont mis en œuvre nos solutions.

Ensuite, notre centre d’excellence de Casablanca nous permet de travailler sur des solutions d’avenir. Elles ne seront pas forcément développées au Maroc ou en Afrique, mais partout dans le monde ! Cela entre dans le cadre de la responsabilité globale de nos centres d’excellence.

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