Enseignement : les premiers résultats de la méthode d’apprentissage TARL sont très encourageants
Le ministère de l’Éducation nationale a présenté les résultats du projet pilote TARL, expérimenté au Maroc pour traiter l’accumulation des lacunes d’apprentissage chez les élèves du cycle élémentaire.
Les chiffres dévoilés ce mardi 11 octobre par le ministère de l’Éducation nationale, après une phase pilote de trois semaines durant laquelle s'est déployée la méthode TARL (Teaching at the right level), sont très prometteurs.
Cette méthode, développée par l’ONG indienne Pratham, a été adaptée au contexte marocain par les équipes du ministère, en partenariat avec l'INDH et la Fondation Sanady, qui avaient initié ce projet il y a deux ans, avec l'objectif de remédier à l'accumulation des lacunes scolaires chez les élèves. Ce modèle marocain s'est concentré sur l’apprentissage des langues arabe et française et des mathématiques.
Le processus commence par un diagnostic individuel. Le test donne lieu à un positionnement qui permet de répartir les élèves dans des groupes homogènes. La pédagogie de remédiation repose ensuite sur deux principes : l'interactivité et l'apprentissage par le jeu.
L'accumulation des lacunes d'apprentissage est parmi les grands maux de l'école publique marocaine. L'objectif du ministère à travers le déploiement de la méthode TARL est de contribuer à stopper l'hémorragie. À fin septembre, le ministère constate des résultats encourageants qui laissent penser que cette méthode peut grandement contribuer à la remédiation des lacunes d'apprentissage.
Au bout de trois semaines, une réduction importante du retard d'apprentissage
Ce projet pilote a été déployé dans 200 établissements scolaires au profit de 15.000 bénéficiaires, du 6 au 28 septembre. Il fait suite à une phase similaire qui a concerné 12.000 élèves pendant le mois de juin.
La méthode TARL a été appliquée à 50% des élèves présentant le plus de lacunes, suite au test qui leur a été administré. Les autres élèves ont reçu un soutien scolaire classique pendant la même période, servant ainsi d'échantillon témoin.
Les résultats de ce test ont également montré que la grande majorité de ces élèves n'avaient pas les prérequis pour démarrer la nouvelle année scolaire, ce qui est synonyme d'un échec assuré.
Après les trois semaines d'apprentissage selon la méthode TARL, le test a été refait et il a montré une amélioration certaine mais dont l'importance varie entre les différentes matières et niveaux. Ci-dessous quelques exemples présentés par le département de Chakib Benmoussa, pour des élèves de 4e année du primaire :
- le niveau de maîtrise de la soustraction est passé de 10% avant le déploiement de la TARL à 61% au 28 septembre ; l’écart de performance par rapport au groupe des 50% des élèves les plus forts est ainsi passé de 35% à 3%, ce qui est synonyme de plus d'égalité des chances au démarrage de l'année scolaire.
- pour la lecture en arabe, le taux de maîtrise est passé de 23% avant le 6 septembre à 54% après le 28 septembre. L’écart entre élèves TARL et les autres est, lui, passé de 54% à 33%.
Pour les élèves de la 5e année du primaire :
- le taux de maîtrise de la lecture en français est passé de 5% à 20%. L’écart TARL/non-TARL a été réduit de 51% à 36%.
Rattraper une année scolaire au moins
Selon le ministère de l’Éducation nationale, la méthode a démontré son efficacité dans la réduction de l’écart de performance entre les élèves TARL et non-TARL dans toutes les matières, à quelques nuances près :
- mathématiques : évolution sensible ;
- arabe : évolution importante ;
- français : évolution relative, avec possibilité d’amélioration.
Les trois semaines de soutien ont permis de rattraper au moins une année scolaire pour les élèves ayant des difficultés d’apprentissage, selon le ministère. Ce dernier se fixe désormais pour objectif l’élargissement du déploiement de la méthode TARL entre janvier et juin 2023, ainsi que la formation de tous les acteurs concernés, pour atteindre un effectif de 5.000 enseignants et 100.000 bénéficiaires sur l'année scolaire 2023-2024.
La remédiation, l'un des deux piliers de la réforme de Chakib Benmoussa
Selon une source proche de ce dossier, rencontrée par Médias24 à la marge de cet évènement, le ministère songe également à rendre cette phase de mise à niveau systématique avant le début de chaque année scolaire.
Selon elle, le mérite de cette expérience est d'avoir pu enfin pu entrer en classe en y apportant des changements dans la pédagogie avec l'enseignant, chose que les autres réformes n'ont pas réussi à faire.
La méthode TARL est importante, mais ce n'est pas une finalité en soi, précise-t-il. C'est un point d'entrée. Ce modèle va être améliorée et adapté au fur et à mesure. Mais la remédiation scolaire reste l'un des deux piliers sur lesquels s'appuie la réforme de l'école publique voulu par Chakib Benmoussa.
L'autre pilier est une réforme du système en profondeur, notamment durant les premières années, pour qu'il n'y ait pas le même besoin de remédiation pour les générations à venir. Suivant le même circuit expérimentation-amélioration-déploiement, d'autres projets vont être prochainement lancés par le ministère dans ce sens.
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