Nadia Fettah rouvre le chantier de la réforme des retraites
Nadia Fettah a présidé la première réunion de la commission en charge de la réforme des retraites. Une rencontre qui a tourné essentiellement autour de la mise en place d'une démarche de travail et de l'alignement des points de vue sur le diagnostic de départ.
Le chantier de la réforme des retraites reprend avec la reprise des discussions dans le cadre du dialogue social. Une première réunion de la commission en charge de ce dossier a eu lieu ce mercredi 5 octobre sous la présidence de la ministre de l'Economie et des finances, Nadia Fettah, en présence des principaux syndicats, de la CGEM, des directeurs généraux des caisses de retraite ainsi que les représentants du gouvernement concernés par ce dossier.
"C'est un moment important car on a reconfirmé que toutes les parties prenantes sont autour de la table pour gérer ce dossier complexe", déclare la ministre à la fin de la réunion. "On s'est mis d'accord sur une méthodologie de travail, et sur le fait qu'il est important et qu'il est de notre devoir de traiter ce dossier stratégique pour notre pays", ajoute-t-elle.
"Il est aussi important de se mettre d'accord sur le diagnostic. Chacun comprend les défis de la retraite selon les informations dont il dispose. On prendra le temps de se mettre d'accord sur le diagnostic. On ne démarre pas à zéro, car depuis 2013 il y a des acquis, mais il s'agit d'actualiser les données et se mettre d'accord", poursuit Nadia Fettah, en assurant que l'Etat a réalisé plusieurs études sur le sujet, dont les résultats seront partagés dans les prochaines réunions avec les syndicats et la CGEM.
Les travaux de cette commission devraient aboutir, avant le prochain round du dialogue social en avril 2023, à un scénario de réforme et à une feuille de route dont la mise en œuvre sera immédiate.
Vers un système de retraite à deux pôles
Comme le précise la ministre, cette commission entame ses travaux avec un historique qui remonte à 2013, où une feuille de travail avait été mise en place avec, comme principale recommandation, la création d'un système de retraite basé sur deux pôles, "public" et "privé", dans la perspective de s'orienter vers un système unique dans un second temps.
Des mesures de réformes paramétriques ont été déployées entre 2013 et 2021, avec pour objectif de retarder l'horizon de la faillite des systèmes.
La problématique majeure qui constitue le défi que la réforme doit relever, c'est l'hétérogénéité des systèmes en place :
| Les fonctionnaires | Les employés des EEP | Les salariés du privé | |
| Taux de cotisation | 28%
(1/2 adhérent, 1/2 employeur) |
18%
(1/3 adhérent, 2/3 employeur) |
11,89%
(1/3 cotisant, 2/3 employeur) |
| Taux de remplacement du revenu | 60% | 57% | 58% pour les salaires inférieurs à 2 x SMIG et 11% pour les salaires équivalant à 10 x SMIG |
| Plafond du système | Aucun plafond | 19.252 DH | 6000 DH |
Par ailleurs, les différentes caisses souffrent de déséquilibres financiers ou sont fortement menacées :
| CMR | RCAR | CNSS | |
| Le solde technique
(Différence entre les cotisations et les pensions) |
Déficit de 7,8 MMDH | Déficit de 3,3 MMDH | Excédent de 375 MDH |
| Date du premier déficit technique | 2014 | 2004 | 2021 |
| Les réserves | 68 MMDH | 135 MMDH | 61 MMDH |
| Date d'épuisement des réserves | 2028 | 2052 | 2038 |
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