Le Maroc envoie des engrais au Kenya, où l’ancienne technostructure essaie de freiner le changement
Le président William Ruto finalise la constitution de son gouvernement. Tous les indices confirment le lancement des axes de coopération avec le Maroc, mais aussi les velléités de sabotage menées par des membres de l’ancienne équipe.
Depuis les tweets et le communiqué commun entre le Maroc et le Kenya annonçant une nouvelle dynamique des relations bilatérales, de nombreuses tentatives pour saboter le rapprochement entre les deux pays sont constatées.
Selon nos informations, les anciennes équipes, et qui sont sur le départ, sont à la manœuvre. Le nouveau président William Ruto prend les rênes d’un pays divisé. De plus, il n’a pas encore constitué son gouvernement.
Parmi les tentatives que nous avons relevées, la fausse information selon laquelle Raila Odinga a critiqué la décision du chef de l’Etat kenyan. Odinga est le chef de l’opposition. Il a obtenu 48,5% des voix lors de la dernière présidentielle qui a donné vainqueur William Ruto.
Sur son compte Twitter, Raila Odinga, également leader de la coalition “Azimio La Umoja”, a démenti ces allégations. “Les rumeurs qui circulent selon lesquelles j’ai attaqué la décision de Ruto de revoir la politique du Kenya sur le +polisario+, sont erronées”, a écrit l’ancien Premier ministre kenyan sur son compte Twitter officiel. Il a également souligné l’importance des relations entre le Maroc et le Kenya, qu’il a qualifiées de “bénéfiques”.
Reports circulating that I attacked Ruto's decision to review Kenya's policy on Polisario are erroneous. I never mentioned Polisario and I know the important and beneficial relations between Kenya and Morocco.
I questioned the trend of roadside declarations on weighty issues.
— Raila Odinga (@RailaOdinga) September 16, 2022
Au ministère des Affaires étrangères, une note interne datée du 16 septembre
Cette note, datée du vendredi 16 septembre, est signée par le secrétaire général du ministère et adressée à tous les chefs de mission kenyans à l’étranger. En somme, elle affirme que la position du Kenya est inchangée et qu’elle s’aligne sur les résolutions de l’Union africaine et de l’Organisation des Nations unies. Elle cite comme référence une résolution de... 1991, relative au référendum. Bref, les données ne sont pas à jour.
Les différentes remontées du Kenya confirment cette résistance au changement de régime qui se manifeste sur différents sujets, et pas uniquement sur celui des relations avec le Maroc.
Mercredi 14 septembre, au cours de l’audience accordée à Nasser Bourita par le nouveau président kenyan, les deux pays ont convenu de hisser leurs relations diplomatiques bilatérales au niveau de partenariats stratégiques dans les six prochains mois. Le Kenya s’est engagé à ouvrir son ambassade à Rabat.
De même, il a été convenu d’accélérer immédiatement les relations économiques, commerciales et sociales entre les deux pays, notamment dans les domaines de la pêche, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire (importation d’engrais). Les secteurs de la santé, du tourisme, des énergies renouvelables, de la collaboration en matière de sécurité et des échanges culturels, religieux et interpersonnels, sont également concernés.
Notons qu’au Kenya, le chef de l’Etat est également chef du gouvernement.
Les engrais marocains arrivent
Ce dimanche 18 septembre, l’ancien ambassadeur du Maroc au Kenya, Mokhtar Ghambou, cité par le quotidien kenyan The Star, a annoncé que les premiers lots d’engrais arriveront au Kenya dans les prochains jours. La veille, samedi 17 septembre, il avait déclaré aux journalistes que les deux gouvernements, marocain et kenyan, avaient signé un accord qui permettrait au Maroc d’importer la marchandise dans le pays.
“A partir de la semaine prochaine, les engrais commenceront à arriver au Kenya par lot pour atteindre le prix bas promis par le président Ruto”, a déclaré Mokhtar Ghambou. Selon la presse kenyane, ce sera un soulagement pour les agriculteurs.
Ghambou, cité par le même journal, a déclaré que le Maroc avait initié des alliances régionales avec des comtés individuels. Jusqu’à présent, les comtés de Kisumu, de Mombasa, de Baringo et de Siaya ont des programmes en cours en partenariat avec différentes régions du Maroc. “Kisumu par exemple est en partenariat avec Rabat. Le Maroc offre des opportunités au pays, notamment des bourses d’études”, a-t-il déclaré.
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