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Béni Mellal-Khénifra veut devenir la première destination marocaine de tourisme de nature

À l'occasion des Régionales de l'investissement, les acteurs de Béni Mellal-khénifra ont présenté les opportunités d'investissement, ainsi que les projets structurants prévus au niveau de la région. Les secteurs de l'agriculture, l'agroalimentaire et le tourisme s'érigent en priorité pour dynamiser l'économie régionale.

Béni Mellal-Khénifra veut devenir la première destination marocaine de tourisme de nature

Le 15 septembre 2022 à 11h09

Modifié 15 septembre 2022 à 11h29

À l'occasion des Régionales de l'investissement, les acteurs de Béni Mellal-khénifra ont présenté les opportunités d'investissement, ainsi que les projets structurants prévus au niveau de la région. Les secteurs de l'agriculture, l'agroalimentaire et le tourisme s'érigent en priorité pour dynamiser l'économie régionale.

  • La région prévoit de créer deux SDR, l'une pour le tourisme et l'autre pour le foncier
  • Un fonds régional d'appui à l'investissement finance 50% du coût d'acquisition du foncier au niveau de l'agropole
  • Un milliard de dirhams d'investissement dans le cadre de la banques de projets vont créer 2.000 emplois

Le wali de la région Béni Mellal-Khénifra, Khatib El Hebil, a exprimé la volonté de la région de se positionner sur le tourisme de nature, avec l’ambition de devenir la première destination marocaine sur ce créneau.

Il a également annoncé l’intention de la région de créer une société de développement régional (SDR) spécialisée dans l’offre touristique afin d’étendre l’offre touristique et de régler les problèmes relatifs à la disponibilité du foncier dans ce secteur.

Intervenant ce mercredi dans le cadre de l’étape de Béni Mellal des Régionales de l’investissement, organisées par le groupe Banque populaire, le wali de Béni Mellal-Khénifra a présenté le potentiel de sa région en termes d’investissement dans différents secteurs, dont le tourisme.

La région veut capitaliser sur les ressources naturelles et la beauté de ses paysages pour devenir une destination de choix pour “un tourisme de nature écologique et durable”.

Parmi ces ressources naturelles figure le géoparc Unesco de M’Goun qui s’étend sur une superficie de 5.700 km2, comprenant plusieurs attractions naturelles dont le lac Bin El Ouidane, les cascades d’Ouzoud, la vallée des Ait Bouguemez, la vallée de la Tassaout, la Zaouiat Ahansal, le pont naturel d’Iminifri, etc.

La région Béni Mellal-Khénifra va d’ailleurs accueillir la 10e Conférence internationale sur les géoparcs mondiaux, mais cet événement aura lieu à… Marrakech. Le wali regrette que la conférence ne puisse avoir lieu dans une ville de la région, en raison notamment de la faible capacité hôtelière pour un événement d’envergure internationale. Voilà un des axes du travail qui attend les responsables de la région.

Dans le but de renforcer le positionnement de la région sur le tourisme de nature, le Centre régional d’investissement (CRI) prépare une étude qui a été confiée au cabinet McKinsey pour le développement d’une station touristique qui s’appuie sur ce potentiel naturel énorme.

Le wali a également fait part des efforts entrepris par les autorités locales pour redynamiser l’aéroport de Béni Mellal. Le directeur général des services du conseil régional de Béni Mellal-Khénifra, Driss Achbal, participant également à cet événement, a révélé que le conseil régional avait prévu un budget de 30 millions de dirhams pour accompagner les compagnies aériennes dans ce sens.

L’agroalimentaire, un potentiel inexploité

Outre le tourisme, la région veut développer ses activités en rapport avec l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Elle dispose d’environ un million d’hectares de surface agricole utile, dont 226.000 hectares irrigables – la plus importante au Maroc.

La filière oléicole y est parmi les plus importantes puisqu’elle occupe 73% de la surface agricole, produisant 30.000 tonnes d’huile d’olive, fournissant 3 à 4 millions de journées de travail.

La région dispose déjà d’une agropole d’une superficie de 200 hectares. Afin de dynamiser cette infrastructure stratégique, le conseil régional a mis sen place un fonds régional d’appui à l’investissement qui finance 50% du coût d’acquisition du foncier. Le prix du terrain coûte ainsi 350 DH le m2 au lieu de 700 DH. Grâce à ce soutien, la zone connaît un certain engouement de la part des investisseurs, assure le wali.

Khatib El Hebil invite les investisseurs à s’intéresser aux opportunités qu’offre le secteur dans la région, comme le manque de stations de conditionnement et d’emballage. La région ne dispose pour l’instant que de 15 stations, couvrant à peine 15% de la production régionale.

Un important programme d’investissement en infrastructures

La région Béni Mellal-Khénifra compte également un important programme de développement d’infrastructures. Le Schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) a été adopté pour la période 2020-2045, représentant un investissement total de 130 milliards de dirhams, précise Driss Achbal.

Le Programme de développement régional (PDR) adopté en 2017 représente, quant à lui, 36 MMDH d’investissements, dont 9,6 MMDH compris dans le contrat-programme 2020-2022 liant la région à l’Etat.

Parmi les investissements publics prévus, la restructuration de plusieurs zones industrielles et la création de nouvelles. La région prévoit également de construire une zone logistique munie d’un port sec au niveau de l’agropole, en partenariat avec la Société nationale de transport et logistique (SNTL). Il est également question de raccorder l’agropole à l’autoroute.

L’investissement en infrastructures concerne également les secteurs liés au développement humain, comme l’éducation et la santé. Cette dernière a fait l’objet d’une convention avec le ministère de la Santé qui prévoit des investissements estimés à un milliard de dirhams, notamment à travers la construction du CHU et de plusieurs centres hospitaliers provinciaux à Azilal, Khouribga, Khénifra, etc.

Une convention signée en partenariat avec le ministère de l’Éducation prévoit l’investissement de 1,8 MMDH dans des infrastructures relatives à l’éducation. Elle atteint actuellement 70% de taux d’avancement, révèle le wali. Quant à la Cité des métiers et compétences, elle est fin prête et pourra ouvrir ses portes dès le début de l’année prochaine, avec 7 pôles de formation et 77 filières.

CRI: record national de célérité?

Par ailleurs, le directeur général par intérim du CRI de Béni Mellal-Khénifra, Adil Azmi, a fait part de l’intention des partenaires régionaux, notamment du conseil régional et de la wilaya, de créer une SDR spécialisée dans la gestion foncière pour développer le foncier industriel et à caractère économique. Dans le cadre de ses prérogatives de veille économique, le CRI a également créé un observatoire de l’économie régionale.

Pour dynamiser les investissements, le CRI a travaillé sur le réduction du délai de traitement des dossiers soumis à la Commission régionale unifiée des investissements (CRUI). Comme dans les autres régions du Maroc, cette dernière contribue, depuis son instauration, à l’accélération du traitement des dossiers d’investissement. Adil Azmi assure que la région détient le record national, avec un délai de cinq jours maximum.

La région a enregistré la création de pas moins de 3.800 entreprises en 2021. Le wali espère voir ce chiffre passer à 5.000 à l’horizon 2023. La création d’entreprise a connu une croissance annuelle moyenne de 10%, soit le double du taux national, d’après Adil Azmi.

Le CRI œuvre aussi à développer l’entrepreneuriat, notamment avec les étudiants et les jeunes en partenariat avec l’université. Près de 1.200 porteurs de projet ont pu être accompagnés dans le cadre du programme Izdihar.

Le CRI a également préparé 200 fiches comprenant des données et des indicateurs économiques et financiers à l’intention des investisseurs. Ces fiches, qui présentent les opportunités d’investissement dans la région, ont été élaborées en partenariat avec Inforisk et seront complétées ultérieurement en partenariat avec l’Office marocain de la propriété intellectuelle et commerciale (OMPIC).

La part de la région dans la banque de projets de la ‘task force souveraineté’

Pour sa part, le responsable de la filière agroalimentaire au niveau de la ‘task force souveraineté’ au sein du ministère de l’Industrie et du commerce, Youssef Lakbida, a présenté les derniers chiffres relatifs à la banque de projets de substitution aux importations.

Ainsi, la ‘task force souveraineté’ a identifié 1.148 projets, dont 1.020 projets ont été jugés recevables. Ces derniers représentent un investissement total de 44 milliards de dirhams, créant à terme 88.000 emplois. Ces projets vont permettre une substitution aux importations estimée à 62 MMDH et vont générer près de 65 MMDH à l’export.

La part de la région Béni Mellal-Khénifra est de 46 projets, représentant un milliard de dirhams d’investissements et créant 2.000 emplois. L’agroalimentaire prédomine avec 21 projets, principalement en rapport avec la transformation des fruits et légumes et les produits d’origine animal.

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