Alger reçoit De Mistura, le processus politique semble bloqué
Langage à géométrie variable, contradictions : l’Algérie change de discours en fonction des interlocuteurs.
Les deux dernières années, depuis ce 13 novembre 2020, ont été celles de l'affirmation, aux yeux de tous, du caractère bilatéral algéro-marocain du conflit du Sahara. Le 13 novembre 2020 avait vu la sécurisation totale, par le Maroc, du passage frontalier de Guergarate entre le Maroc et la Mauritanie.
Après Guergarate, a eu lieu, une année plus tard, la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara. Ceci sans compter les avancées, symboliques ou concrètes, telles que différentes décisions onusiennes ou l'ouverture de nombreux consulats à Laâyoune ou Dakhla.
L'Algérie ne l'a pas admis ; chaque réussite du Maroc étant considérée par ses dirigeants comme une défaite personnelle. Elle s'est dès lors lancée dans une escalade marquée par des mesures hostiles allant jusqu'aux bruits de bottes. En d'autres termes, elle s'est départie de sa fausse neutralité dans ce dossier.
Aujourd'hui, le caractère bilatéral algéro-marocain du conflit est constaté chaque jour par la communauté internationale. Vocabulaire guerrier, hostilité permanente, le Maroc et le Sahara sont au centre de l'activité diplomatique algérienne et de sa vie politique.
Malgré cela, Alger reprend devant l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, Staffan de Mistura, l'ancien refrain des négociations directes entre le Maroc et le polisario. C'est ce qu'elle vient de faire ce lundi au cours des entretiens qu'il a eus à Alger avec Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a recommandé, dans sa dernière résolution du 29 octobre 2021, la reprise du processus de paix là où il s'était arrêté après la démission de Horst Köhler. C'est-à-dire par la tenue de la troisième table ronde.
De Mistura se rend le 10 septembre à Nouakchott. Il doit présenter un rapport au Conseil de sécurité au cours du mois d'octobre. Il constatera probablement l'absence d'avancées sur la voie politique, car jamais le Maroc n'acceptera de renoncer aux tables rondes qui avaient vu la participation pleine et entière de l'Algérie. Comme le dit Bourita, c'est l'Algérie qui arme, qui finance, qui héberge, qui fournit les passeports, qui se met en avant, qui s'agite. Son absence des discussions signifierait l'échec programmé de celles-ci.
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