ACECA. Contre l'avis du syndic, le tribunal opte pour un redressement
La sauvegarde d'ACECA convertie en redressement judiciaire. Le courtier d'assurance, aujourd'hui dépourvu de son agrément, échappe à la liquidation pourtant recommandée par son syndic et réclamée par des créanciers. Ces derniers comptent faire appel.
On la croyait vouée à la liquidation, ACECA s'en sort avec un redressement judiciaire. Le jugement a été rendu le 14 juillet par le tribunal de commerce de Casablanca.
Cette décision fait suite au constat, par les juges, de "la cessation de paiement" de l'entreprise dirigée par la famille Aouzal. ACECA avait préalablement bénéficié d'un jugement de sauvegarde, converti désormais en redressement.
Le choix du redressement vient à rebours des recommandations formulées par Adil Benzakour. Nommé syndic lors de la procédure de sauvegarde, il avait dressé un rapport concluant à la situation "irrémédiablement compromise" de la société. Et pour cause : depuis décembre 2021, ACECA ne dispose plus de son agrément d'intermédiaire en assurance, retiré par l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).
Ce retrait faisait écho aux nombreux griefs imputés à ACECA, dont le non-versement des primes encaissées pour le compte d’assureurs, mais aussi la « présentation de titres sans provision ». Ce volet est d'ailleurs au cœur d’une procédure pénale visant Khalid Aouzal, directeur général d'ACECA.
Dans son rapport, le syndic avait estimé que le retrait d'agrément "prive le courtier de ce qui fait son cœur de métier", et donc "de toute activité à revenus". Une lecture partagée par les créanciers, certains redoutant l'usage par ACECA de la procédure judiciaire pour se soustraire à ses engagements. Ces derniers contestent le redressement et préparent un recours en appel.
Tout en prononçant le redressement, le tribunal a nommé un nouveau syndic pour mener la procédure, en la personne de Abderrahman Amali. Ce dernier devra "contrôler la gestion" de l'entreprise et lui préparer "une solution" à ses difficultés. Il dispose d'un délai de 4 mois (prorogeable une seule fois) pour ce faire.
La solution consistera soit en l'adoption d'un "plan de continuation" (avec possibilité d'échelonnement des dettes sur une durée maximum de dix ans), soit en une "cession". Le troisième scénario est celui de la liquidation.
D'ici là, les créanciers ne seront pas en mesure d'initier des actions en paiement, cette possibilité étant suspendue avec le jugement de redressement. Pour l'heure, la liste des créances déclarées a été arrêtée à 236 millions de dirhams, dont 59 MDH émanant de créanciers privilégiés (DGI, CNSS, AWB, BCP etc.). ACECA n’en reconnaît que 120 MDH, et fait même valoir 36 MDH de commissions que lui devraient des compagnies d’assurance.
À découvrir
à lire aussi
Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.
Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.
Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.
Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.
Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.