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CESE : le sport ne représente que 0,5% du PIB, trois fois moins qu’en Egypte

DIAGNOSTIC. Afin d'améliorer la contribution du secteur sportif dans l'économie du pays, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) préconise de prioriser le sport scolaire et universitaire, de promouvoir la pratique pour augmenter le nombre de licenciés et d'harmoniser les cadres juridiques et réglementaires.

CESE : le sport ne représente que 0,5% du PIB, trois fois moins qu’en Egypte

Le 6 juillet 2022 à 17h01

Modifié 6 juillet 2022 à 17h15

DIAGNOSTIC. Afin d'améliorer la contribution du secteur sportif dans l'économie du pays, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) préconise de prioriser le sport scolaire et universitaire, de promouvoir la pratique pour augmenter le nombre de licenciés et d'harmoniser les cadres juridiques et réglementaires.

Dans un rapport présenté ce mercredi 6 juillet à Rabat, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a mis en lumière la faible contribution de la filière du sport dans l’économie nationale. Plusieurs recommandations d’ordre promotionnel, organisationnel et juridique ont été avancées pour l’essor économique du secteur sportif.

Désignant la contribution directe et indirecte des sports amateurs et professionnels dans l’économie d’un pays, l’économie du sport n’est pas à la hauteur des attentes qu’elle suscite au Maroc. En dépit des nombreuses activités qui y sont liées, comme le textile, le tourisme ou l’agroalimentaire, le sport marocain ne pèse pas lourd dans les indicateurs économiques du pays.

Selon le CESE, la participation du secteur sportif dans le PIB ne dépasse pas 0,5%, soit quatre fois moins que la moyenne mondiale (2%) et trois fois moins qu’en Egypte (1,6%). Les obstacles qui se dressent face au développement d’une filière « sport » lucrative sont multiples :

L’absence de statistiques officielles permettant d’évaluer avec précision la contribution du sport dans l’économie du pays ;

Un cadre juridique ne permettant pas d’attirer des investisseurs et d’augmenter les ressources financières ;

L’appui financier de l’Etat (3,5 MMDH/an), le plus important du continent ;

– Un calendrier et une répartition des subventions publiques contraignantes ;

– Un nombre de licenciés dans les fédérations qui ne dépasse pas les 350.000, soit moins de 1% de la population ;

– Une gouvernance des terrains de proximité ne favorisant pas la promotion de la pratique sportive.

Pour y remédier, le rapport du CESE a défini des leviers et axes stratégiques dont la mise en œuvre permettra au secteur sportif d’occuper une place de choix au sein de l’économie marocaine : l’amélioration de la perception du sport par la population, l’instauration d’un cadre organisationnel adéquat et la professionnalisation de la filière.

Promotion, formation et bonne gouvernance 

Pour le CESE, le lancement d’une campagne de sensibilisation à grande échelle est capital pour créer un cercle vertueux. L’idée est de promouvoir les bénéfices d’une activité sportive régulière, avec pour objectif d’attirer de plus en plus de licenciés dans les fédérations sportives, éléments catalyseurs dans le développement des infrastructures sportives et la professionnalisation du secteur.

Les terrains de proximité ont également un rôle à jouer dans cette promotion. Le CESE suggère l’instauration d’un mode de gestion unifié de ces infrastructures sportives, en opposition à la gestion actuelle, décrite comme opaque, n’offrant pas aux pratiquants une visibilité en termes d’accessibilité.

Dans le cadre de la mise en place d’une stratégie de formation efficace, la détection des jeunes talents dès le plus jeune âge est à encourager, tout comme la pratique des sports au féminin. Sans oublier d’investir dans la recherche et le développement.

L’efficacité de ces mesures dépend de l’instauration d’un cadre de gouvernance en phase avec les spécificités du secteur, notamment à travers l’amélioration du cadre juridique. A ce titre, un amendement de la loi 30-09 est souhaité en vue d’accélérer la transformation des associations sportives en sociétés pour attirer des investisseurs privés.

Cette avancée aurait pour effet l’amélioration des conditions d’hospitalité dans les stades et l’augmentation des revenus commerciaux des clubs, à travers notamment une ouverture du marché des droits télévisuels, tout en veillant à une répartition équitable des revenus.

Enfin, s’agissant des sportifs professionnels et de haut niveau, le CESE plaide pour l’élaboration d’un système en phase avec les spécificités de la vie d’un sportif et qui garantisse une stabilité financière et sociale. Ce statut leur offrira également la possibilité d’une reconversion professionnelle, de subvenir à leurs besoins en cas de retraite et de bénéficier d’une couverture sociale. Un tel changement pourrait inciter de plus en plus de jeunes à embrasser une carrière sportive.

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