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L’agroalimentaire, un secteur qui présente encore d’importantes opportunités d’investissement

ROUND UP. Malgré les avancées réalisées grâce au contrat-programme qui lie le secteur agroalimentaire à l'Etat, la marge de progression de l'industrie en matière d'intégration et de substitution aux importations est encore importante. Au moment où le Maroc vise la souveraineté alimentaire, ce chantier devient de plus en plus crucial.

L’agroalimentaire, un secteur qui présente encore d’importantes opportunités d’investissement

Le 17 juin 2022 à 12h01

Modifié 17 juin 2022 à 12h01

ROUND UP. Malgré les avancées réalisées grâce au contrat-programme qui lie le secteur agroalimentaire à l'Etat, la marge de progression de l'industrie en matière d'intégration et de substitution aux importations est encore importante. Au moment où le Maroc vise la souveraineté alimentaire, ce chantier devient de plus en plus crucial.

Le développement de la souveraineté alimentaire du Maroc passe par un meilleur niveau d’intégration dans la chaîne de valeur du secteur de l’industrie agroalimentaire. C’est l’idée que défend Hamid Felloun, directeur général de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI), rencontré par Médias24 en marge de l’étape Agadir des Régionales de l’investissement, l’événement organisé par la Banque populaire, le 8 juin dernier.

Pour lui, c’est la conjoncture liée à la crise sanitaire qui a mis en avant l’importance de cette industrie et de l’amélioration de sa compétitivité. Une nouvelle orientation qui est intimement liée à la substitution des importations par une production locale.

Un secteur à la recherche de plus d’intégration

Pour le directeur général de la FENAGRI, l’industrie agroalimentaire reste en deçà des niveaux d’intégration d’autres industries telles que l’automobile et l’aéronautique. Le secteur dispose d’un potentiel de substitution aux importations équivalent à 10 milliards de dirhams.

« Si on arrive à plus d’intégration, on va baisser les coûts et on va gagner en compétitivité, c’est très important. »

Il identifie le manque d’intégration dans des activités horizontales comme l’emballage, la logistique, mais aussi l’intégration entre l’amont agricole et l’industrie. Il déplore le fait que le Maroc n’arrive toujours pas à drainer des investissements importants dans l’emballage. La raison en est que le marché national n’assure pas un volume suffisant pour de tels investissements.

Le Maroc doit donc, selon Hamid Felloun, mieux faire valoir les accords de libre-échange afin d’attirer les investissements dans l’emballage destiné au secteur agroalimentaire.

Il cite également en exemple la logistique qui ne disposait pas d’opérateurs dédiés au secteur agroalimentaire, avant l’arrivée récente d’une filiale d’un groupe français à Mohammédia. « Chaque groupe ou entreprise a sa propre logistique, alors que c’est un métier à part, qui gagnerait à être externalisé. »

Le contrat-programme a été prorogé à 2023

Par ailleurs, Hamid Felloun ne tarit pas d’éloges sur le contrat-programme 2017-2021 qui a pu créer, selon lui, 83.000 emplois et qui a été prorogé jusqu’en 2023 pour poursuivre la même dynamique d’investissement.

Ce contrat-programme constitue une déclinaison de deux stratégies gouvernementales, celle du Plan Maroc vert et celles du Plan d’accélération industrielle, en faisant intervenir deux fonds importants, à savoir le Fonds de développement agricole (FDA) et le Fond de développement industriel et des investissements (FDII).

Grâce à ce contrat-programme, les filières agro-industrielles connaissent aujourd’hui une véritable dynamique en termes d’investissement, selon Youssef Fadil, directeur des industries agroalimentaires au ministère de l’Industrie et du commerce, également présent aux Régionales de l’investissement à Agadir.

« Avec les leviers que nous avons mis en place, il y a des opérateurs qui ont déjà compris les enjeux du secteur et qui ont commencé à saisir ces opportunités. Il y a beaucoup de projets d’investissement qui ont été lancés malgré la crise, malgré la pandémie, malgré cette perturbation au niveau de l’approvisionnement, surtout des matières premières ; il y a beaucoup d’investissement et d’engagement de la part des opérateurs », a-t-il souligné.

L’agroalimentaire représente 25% de la banque de projets

D’après Youssef Fadil, le secteur présente encore de nombreuses opportunités intéressantes car « même avec cette dynamique, on peut mieux faire ». Une importante marge de développement reste donc à conquérir.

Il cite en exemple des activités telles que les produits surgelés, les produits crus prêts à l’emploi, les produits crus sous vide, les produits déshydratés, les plats cuisinés, les produits agroalimentaires bio, l’alimentation dite de santé (sans gluten, compléments alimentaires naturels, l’alimentation infantile, …), etc.

Le développement de ces nouvelles niches se justifie par l’évolution des habitudes alimentaires des consommateurs, tant au niveau national qu’international. Le Maroc, grâce à son patrimoine culinaire et aux matières premières disponibles en quantité et en qualité, peut relever ce défi selon Youssef Fadil, à condition d’y inclure de l’innovation, de la recherche et développement, et donc de l’investissement et de la prise de risque.

« Nous sommes à côté des investisseurs pour les accompagner dans ces nouvelles filières et niches qui devraient constituer les relais de croissance futurs pour le secteur agroalimentaire marocain », a-t-il souligné.

Par ailleurs, il a précisé que la « war room » en charge de cette banque de projets, renommée « task force souveraineté », a identifié 1.071 projets tous secteurs confondus, représentant un investissement global de 46 milliards de dirhams, devant créer 100.000 emplois directs et 150.000 emplois indirects. L’industrie agroalimentaire représente 25% du total de ces projets.

Un secteur qui joue un rôle stratégique dans l’économie marocaine

L’industrie agroalimentaire regroupe plus de 2.000 entreprises, qui emploient 152.000 personnes, selon les chiffres de la CNSS de l’année 2020. Ces entreprises génèrent un chiffre d’affaires d’environ 160 MMDH, dont un chiffre d’affaires à l’export de plus de 36 MMDH, et créent une valeur ajoutée de près de 39 MMDH.

Ce secteur joue par conséquent un rôle stratégique dans l’économie marocaine, en termes de sécurité alimentaire du pays, mais aussi de valorisation et de régulation de la production agricole et halieutique, selon Youssef Fadil. Il figure aussi parmi les premiers secteurs industriels pourvoyeurs d’emploi du pays.

Entre 2014 et 2021, les exportations marocaines de produits agroalimentaires ont augmenté de 40%. Malgré ce progrès, elles ne représentent que 15% de l’ensemble des exportations industrielles du Royaume.

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