Un “small business act marocain” prochainement présenté par Younes Sekkouri
Ce "small business act" devrait se baser sur un cadre législatif plus encourageant, un dispositif de financement plus accessible et une commande publique comme levier de soutien aux TPME.
La ministre de l’Economie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, a confirmé une nouvelle fois la préparation d’un « small business act » marocain, dont les détails n’ont cependant pas encore été dévoilés. Il sera prochainement présenté et partagé par Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences. L’entrepreneuriat est désormais considéré par le gouvernement comme le principal levier de création d’emplois.
« Ce que l’on peut dire en toute honnêteté, c’est que ce n’est pas la fonction publique qui sera la solution pour créer de l’emploi. Ce ne sont pas non plus le patronat ni les grandes entreprises, même si nous allons leur demander de continuer à créer des emplois de qualité et pérennes. La solution, ce serait probablement l’entrepreneuriat ; c’est lui que l’on doit encourager », a déclaré Nadia Fettah Alaoui à l’occasion de la conférence régionale sur le futur de l’emploi et le rôle de l’entrepreneuriat et des TPME, organisée ces 7 et 8 juin en partenariat avec la Banque africaine de développement.
C’est désormais une orientation assumée par le gouvernement. Younes Sekkouri parle d’un choix de société. Il affirme que « cette génération d’entrepreneurs est aujourd’hui au cœur d’un modèle de transformation du pays », ce qui s’inscrit en droite ligne avec les orientations du Nouveau Modèle de développement.
Younes Sekkouri craint toutefois que les programmes d’aide à l’entrepreneuriat, qui offrent financement et accompagnement, ne soient suffisants. Pour lui, cela risque de créer de trop petites structures qui donneront lieu à un « entrepreneuriat de subsistance », notamment si la part de l’économie solidaire y est trop importante.
C’est la raison pour laquelle il veut soutenir cette orientation générale par la mise en place d’un « cadre qui encourage ». Ce nouveau cadre, dont le « small business act » pourrait constituer la pierre angulaire, passera par un cadre législatif qui encouragera l’entrepreneuriat, et par l’achèvement du dispositif de financement qui devra être plus volontariste et accessible aux différents types d’entrepreneurs.
Le ministre considère également la commande publique comme un levier important. Il a insisté sur la nécessité d’insuffler « un véritable effort d’investissement qui va générer de vraies commandes pour ces nouvelles entreprises créées ou petites entreprises existantes ».
L’autre levier cité par Younes Sekkouri est celui de la « transformation culturelle ». Il a rappelé « le poids du capital immatériel comme élément de transformation des économies et des processus de développement des Etats et des nations ». Il a également insisté sur l’importance de l’adhésion à cette démarche au niveau territorial des régions, et sur la nécessité de soutenir encore plus l’entrepreneuriat féminin.
En inauguration de cette conférence, Younes Sekkouri a invité les participants à challenger l’action et l’encadrement de l’Etat et des acteurs. Il a également appelé à la création de nouveaux types de partenariat "pour espérer faire du Maroc une vraie génération d’entrepreneurs".
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