Bonne évolution du Capital Investissement en 2021

M.Ett | Le 17/5/2022 à 17:39
1,15 milliards de DH d’investissement, 4 actes de désinvestissement, un TRI de 13%,… Voici les principales tendances du secteur qui sont relevées par l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital dans son rapport annuel de 2021. Détails.

2021 a été une bonne année pour l’industrie du Capital investissement au Maroc. C’est ce qui ressort du rapport d’activité annuel du secteur, présenté par l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital (AMIC) lors d’une conférence de presse, tenue ce mardi 17 mai.

A noter que cette étude est réalisée pour la 14ème année consécutive par le Cabinet Grant Thornton sous la houlette de la Commission Etudes & Statistiques de l’AMIC présidée par Farid Benlafdil, membre du Conseil d’Administration de l’association.

Le rapport d’activité couvre un périmètre de 28 sociétés de gestion (incluant des fonds) et 60 fonds (16 actifs, les autres en phase de désinvestissement ou désinvestis), et représente ainsi la quasi-totalité des sociétés de gestion ayant un bureau au Maroc.

En commentant l’évolution de l’industrie à fin 2021, Tarik Haddi, Président de l’AMIC, a déclaré : « Globalement, nous constatons une maturation en termes d’expérience et de professionnalisation accélérée de l’industrie ».

Ci-après les principales tendances relevées par l’AMIC dans son rapport :

Les fonds transrégionaux accaparent 80% des levées pour le Maroc depuis 2012 et adoptent tout naturellement une forme juridique étrangère pour des raisons liées notamment aux contraintes de change et de fiscalité. Les fonds locaux, représentant 20% (en valeur), privilégient les véhicules juridiques marocains (OPCC et SA).

En 2021, les capitaux levés enregistrent un record de 1,86 MMDH. Les levées de fonds atteignent un montant global de 6.996 MDH sur la période de 2017 – 2021 soit presque le double des fonds levés sur la période 2012-2016.

La part des organismes de développement internationaux est en forte hausse depuis la 1ère génération de fonds (2000-2005). La part des investisseurs marocains a connu une forte baisse entre la 1ère et la 4ème génération de fonds. Elle est passée de 73% des levées sur la période 2000 – 2005 à 37% sur la période 2017 – 2021.

2021, une année record en termes d’investissement

En 2021, les investissements réalisés par 12 sociétés de gestion, s’élèvent à 1,15 MMDH. Ils portent sur 22 nouvelles entreprises investies et 8 réinvestissements.

« C’était une année record en termes d’investissement (…) le dernier record a été marqué en 2018. Cela s’explique par la belle performance de l’activité et, aussi, par le fait que l’année 2020 a été marquée par la crise du Covid, du coup plusieurs transactions ont été étudiées mais elles n’ont pas été réalisées en 2020 à causes des incertitudes qui étaient présentes. Elles ont donc été décalées à 2022 », commente Hassan Berdai, membre du bureau de l’AMIC.

Les fonds restent généralistes. Avec 32% des investissements réalisés en 2021, le secteur industriel s’arroge encore la première place tandis que celui des services et transports arrive en seconde position et enregistre une hausse de 18% à 31% sur la période 2017 – 2021.

Plus de 71% des investissements sont réalisés dans la région de Casablanca-Settat et 9% dans la région Rabat-Salé-Kenitra.

« On constate que le Capital Amorçage et le Capital Risque commencent à connaître une bonne dynamique aujourd’hui  grâce aux nouveaux fonds d’investissement et à l’initiative de la CCG (devenue Tamwilcom, ndlr) », indique-t-il.

À fin 2021, les investissements en Capital Amorçage et Risque représentent 32% des investissements réalisés en nombre et 7% en valeur. Leurs parts sont passées de 26% sur la période 2006 – 2011 à 48% sur la période 2017 – 2021 (en nombre).

« Le marché marocain reste marqué par des participations minoritaires contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays », souligne-t-il.

Une augmentation du nombre de transactions de moins de 20 MDH entre la 3ème et la 4ème génération de fonds est constatée. Cette tendance s’explique par le développement de l’activité amorçage/risque.

La taille des fonds a permis de doubler, sur deux générations, les tickets moyens d’investissements pour le développement et la transmission passant de 55 (2012 – 2016) à 99 MDH (2017 – 2021). Le ticket moyen pour les entreprises en phase d’amorçage/risque est d’environ 8,6 MDH sur la période 2017 – 2021.

« On constate que les tickets ont grossi. Le capital-risque a pris une place importante. Mais la tranche 20 et 50 MDH ne connait pas d’investissement. Il y a donc une opportunité pour lancer des fonds qui peuvent s’y focaliser », indique Hassan Berdai.

4 actes de désinvestissement en 2021

L’année 2021 a connu 4 actes de désinvestissement, totalisant un montant 882 MDH. Ce résultat constitue le 2ème record après l’année 2017 (968 MDH) pour les sorties effectuées ces 10 dernières années.

Avec 3,18 MMDH, le montant des sorties effectuées en 5 ans (2017 – 2021) est plus important que le montant atteint (1,015 MMDH) lors de la période (2012 – 2016).

A fin 2021, les fonds ont réalisé 136 actes de désinvestissement. Les sorties sur le marché secondaire représentent 37% des montants désinvestis, suivies des sorties auprès des industriels qui représentent 28%, puis des sorties boursières qui représentent 18%.

Un TRI de 13% sur la période 2000-2021

Le TRI brut moyen calculé sur la base de 91 cessions effectives et de 13% sur la période de 2000 à 2021.

Le multiple global du secteur est de 2 (1,2 pour l’amorçage/risque – 2,3 pour le développement et 1,8 pour la transmission).

La durée moyenne de détention des participations est de 6,1 ans. Les secteurs de la santé, des services et de la construction affichent les TRI les plus élevés avec respectivement 26%, 18% et 17%.

Voici la retransmission Live de ce point de presse :

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