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Dessalement de l’eau de mer : une vingtaine de stations d’ici 2030 (Nizar Baraka)

Dans sa stratégie pour régler la problématique de la raréfaction de l'eau, le Maroc compte en grande partie sur le développement des ressources en eau non conventionnelles. Il s’agit principalement du dessalement de l’eau de mer et du traitement des eaux usées.

Photo : MAP

Dessalement de l’eau de mer : une vingtaine de stations d’ici 2030 (Nizar Baraka)

Le 14 mai 2022 à 11h14

Modifié 16 mai 2022 à 9h09

Dans sa stratégie pour régler la problématique de la raréfaction de l'eau, le Maroc compte en grande partie sur le développement des ressources en eau non conventionnelles. Il s’agit principalement du dessalement de l’eau de mer et du traitement des eaux usées.

Le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, a exprimé la volonté du gouvernement d’accélérer le développement des ressources en eau non conventionnelles, et notamment le processus lié au dessalement de l’eau de mer, lors de sa participation à la deuxième édition du Business Dialogue organisé par la CGEM en partenariat avec la Coalition marocaine pour l’eau (COALMA), ce vendredi 13 mai 2022 à Marrakech.

Il a considéré que ce choix se justifiait par la nécessité de sécuriser les besoins des populations vivant sur le littoral, mais également et surtout afin de libérer suffisamment d’eau pour les régions intérieures.

Il a donné en exemple, la station de dessalement de l’eau de mer prévue à Casablanca d’une capacité de 300 millions de m3 par an, qui permettra de libérer une quantité d’eau importante actuellement récupérée du barrage d’Al Massira, ce qui profitera à la région de Marrakech et du Tensift. 

L’appel à manifestation d’intérêt afin de former un partenariat public-privé pour ce projet, a comme date limite le 30 juin prochain. Nizar Baraka a invité, par la même occasion, le secteur privé marocain à participer à ce PPP.

En plus de Casablanca, 3 autres projets de stations de dessalement de l’eau de mer sont prévus à Safi, Dakhla et l’Oriental. Ce dernier qui, selon le ministre, sera probablement situé à Nador vient de faire l’objet d’un appel d’offres lancé par l’ONEE afin d’en réaliser les études. Il aura une capacité de 100 millions de m3 extensible à 200 millions de m3.

Nizar Baraka a annoncé que d’autres stations seront lancées au cours de ce mandat, l’objectif final étant d’arriver à une vingtaine à l’horizon de 2030 alors que le Maroc en compte neuf actuellement.

Les énergies renouvelables contribuent à la réduction du coût du dessalement de l’eau de mer

Le Maroc a une expérience non négligeable dans le domaine du dessalement de l’eau de mer. La première station a été construite dès l’année 1977 dans les provinces du Sud, a précisé Asma El Kasmi, la directrice de la coopération et de la communication à l’Office national de l’électricité et de l’eau (ONEE-Branche Eau).

La production de l’eau potable est faite à 98% à partir des eaux conventionnelles. Aujourd’hui, le dessalement de l’eau de mer devient une option de plus en plus présente dans les schémas de planification, a-t-elle expliqué, puisqu’elle permet de réduire cette dépendance aux eaux conventionnelles.

Ceci devient en partie possible grâce à la baisse des coûts des énergies renouvelables qui rendent le dessalement de l’eau de mer assez compétitif, l’énergie représentant près de 40% du coût du dessalement de l’eau.

En outre, le prix des membranes utilisées dans le processus de dessalement est en constante baisse. A mesure que la demande augmente, la technologie avance et les coûts baissent. Ceci s’applique particulièrement à la technologie de l’osmose inverse qu’utilise le Maroc depuis toujours. 

Les énergies renouvelables sont un secteur extrêmement prometteur et pour lequel le Maroc devient de plus en plus attractif pour les investisseurs, déclare Ryad Mezzour, le ministre de l’Industrie et du commerce.

« Les investisseurs se bousculent au Maroc car la compétitivité en matière de production de l’électricité à bas coût est parmi les meilleures au monde. Il n’y a que deux pays qui nous concurrencent dans notre coût de production des énergies renouvelables, c’est l’Australie dans sa côte ouest et le Chili. Le Maroc est donc le plus attractif pour certains bassins de consommation », a-t-il souligné.

Il a recommandé, par ailleurs, de « mieux fixer le prix de la consommation de l’eau », pour mieux orienter les investissements privés dans ce secteur, à l’image de ce qui a été fait pour l’électricité.

Traitement des eaux usées, un grand retard à rattraper

L’autre ressource non conventionnelle ciblée par le Maroc est le traitement des eaux usées. A ce sujet, Nizar Baraka regrette que les résultats à ce jour soient en deçà des espérances. Le Maroc a actuellement une capacité de 70 millions de m3 par an, ce qui est, d’après lui, très peu par rapport au potentiel dont dispose le pays.

L’objectif fixé était de 350 millions de m3 mais le ministre de l’Equipement et de l’eau veut le porter à 1 milliards de m3. Ces nouvelles capacités pourraient bénéficier au domaine de l’agriculture qui consomme aujourd’hui 85% des ressources en eau mobilisées au Maroc.

Ryad Mezzour a déclaré que son ministère s’assure désormais que toutes les nouvelles zones industrielles soient équipées en stations de traitement des eaux usées. Pour rattraper le retard, « un plan volontariste » a été mis en place pour le traitement des eaux usées dans les zones industrielles existantes, actives et polluantes. Cela passe également par le déplacement des activités polluantes, comme pour le cuir ou d’autres secteurs, vers des zones où il y a la possibilité de traiter les eaux, a-t-il expliqué.

Le développement des ressources en eaux non conventionnelles fait partie des axes les plus importants de la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2030 ainsi que du programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation pour la période 2020-2027.

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