BMW iX : Bavaroise aux électrons
Récemment commercialisée au Maroc, la gamme électrique de BMW a pour vaisseau amiral le iX, un grand SUV qui se veut le parangon du luxe "eco-friendly". Découverte d’un mastodonte au contenu technologique et aux chiffres de performance aussi impressionnants que les tarifs.
Entre BMW et l’électrique, l’idylle remonte à 2013 avec la naissance de la i3, premier modèle "zéro émission" de la marque. Un galop d’essai assez concluant : malgré son look peu conventionnel, et surtout un marché encore peu propice aux véhicules à piles, la compacte a connu une carrière honorable, totalisant plus de 220.000 exemplaires écoulés à travers le monde.
Aujourd’hui, le constructeur passe à la vitesse supérieure avec le iX3 (qui ne sera pas commercialisé chez nous), suivi de la i4 et du iX. Si les deux premiers sont extrapolés de modèles existants (respectivement le X3 et la Série 4 Gran Coupé), ce n’est pas le cas du iX dont la base technique inédite est exclusivement dédiée à la fée électricité.
Comme un concept-car
Comme pour marquer cette distinction, ses designers ont habillé ce grand SUV d’une livrée atypique. Certes, la face avant arbore bien la calandre verticale apparue sur la Série 4, ici plus imposante que jamais. Mais tout le reste est bien différent : entre les projecteurs ultra-fins, les feux arrière effilés, les flancs lisses et les poignées de portes affleurantes, le iX ne ressemble à aucun de ses congénères… et se rapprocherait davantage d’un concept-car.
Cette impression est encore plus présente dans l’habitacle. Massif dehors, l’iX fait plutôt dans le minimalisme dedans avec sa planche de bord au dessin épuré, surmontée d’un panneau incurvé abritant deux écrans. Placé derrière le curieux volant hexagonal, un premier écran de 12,3 pouces fait office de combiné d’instruments, alors que le second, s’étendant sur 14,9 pouces, affiche le système d’infodivertissement.
Cette présentation futuriste contraste avec les garnissages en plastiques recyclés, les cuirs à tannage végétal et l’élégante console centrale plaquée de bois certifié. Une somme de cautions "écolo", rappelant qu’on est à bord d’un véhicule zéro émission. Enfin, la touche luxueuse est apportée par des éléments en cristal poli, présents sur la commande rotative centrale, le sélecteur de vitesses ou encore les boutons de réglage des sièges et du volume de l’autoradio. BMW ne nous avait pas habitués à autant de sobriété dans le chic.
Un équipement pléthorique
Pas de surprise côté équipements. Digne représentant du premium à l’allemande, le iX propose le nécessaire et le superflu en matière de confort, de sécurité et d’assistance à la conduite. Et si cela ne suffit pas, il est toujours possible de piocher des suppléments dans la liste des options. À titre d’exemple, pour meubler le silence des propulsion électriques, les mélomanes fortunés peuvent s’offrir un système Hi-Fi Bowers & Wilkins doté de 30 haut-parleurs disséminés un peu partout dans l’habitacle, dont 8 intégrés dans les appuis-tête avant et arrière. Amateurs de pop commerciale s’abstenir…
D’un gabarit similaire à celui d’un X5 (4,95 m de long), le iX propose une habitabilité supérieure. Profitant de l’absence d’un moteur thermique et des éléments de transmission, il offre un espace particulièrement généreux, surtout à l’arrière où les passagers profitent d’un espace aux jambes royal, d’un plancher totalement plat et d’une garde au toit conséquente. En revanche, point de troisième rangée de sièges, et le volume de coffre s’annonce à 500 litres, une valeur tout juste correcte sur un grand SUV. Il fallait bien caser quelque part le pack de batteries et les électromoteurs.
Deux moteurs, et plus de 500 chevaux
Car oui, le SUV 'watté' de BMW s’équipe non pas d’un mais de deux moteurs électriques, placés chacun sur un essieu et offrant donc par défaut une transmission à 4 roues motrices. La gamme marocaine compte deux versions que distinguent le niveau de puissance et la capacité des batteries.
La première, baptisée xDrive40, affiche une puissance cumulée de 326 ch et une batterie de 76,6 kWh, pour une autonomie maximale de 425 km. Un cran au-dessus, la variante xDrive50 revendique une puissance de 523 ch et s’équipe d’une batterie de 111,5 kWh de capacité, poussant son autonomie jusqu’à 629 km.
Avec de tels chiffres, les performances sont évidemment au rendez-vous. Afin de préserver l’autonomie, la vitesse de pointe est certes bridée à 200 km/h, mais les chronos à l’accélération sont dignes d’une sportive : le 0 à 100 km/h exécuté en 6,1 secondes par le iX xDrive40, en seulement 4,6 secondes pour le iX xDrive50. Attendue dans les prochains mois, la version M60, forte de 619 ch (ou 455 kW), descendra même à 3,8 secondes et ira jusqu’à une vitesse maximale de 250 km/h… quitte à épuiser plus rapidement sa batterie.
Pour recharger cette dernière de 20% à 80% de sa capacité, il faut environ 4 heures sur le xDrive40 et 6 heures sur le xDrive50 avec la Wallbox 22kW fournie à l’achat. Des délais qui s’allongent jusqu’à 35 heures sur une prise domestique, mais qui se réduisent à près d’une petite vingtaine de minutes avec des superchargeurs 250kW, toujours inédits au Maroc.
Sans surprise, le BMW iX s’affiche à des prix à la hauteur de ses performances et de son contenu technologique, démarrant à 1.005.000 de DH pour culminer à plus de 1,3 million de DH. Sur le marché marocain, où l’offre 100% électrique est encore clairsemée, il a logiquement peu de concurrents. Seule la fratrie Audi e-tron et e-Tron Sportback se pose en rivale directe, plus précisément de la version xDrive40 aux caractéristiques et aux prix voisins. Avec sa puissance et son autonomie bien supérieures, la variante xDrive50 se retrouve, quant à elle, bien esseulée dans le haut du panier électrique. Pour l’instant du moins…
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