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Inflation et visas vont limiter les voyages des Marocains à l'étranger

Bloqués depuis deux années, les Marocains peuvent désormais voyager à l’étranger. Mais, selon plusieurs voyagistes, le durcissement des conditions d’obtention du visa Schengen et l’inflation mondiale ne profiteront qu’à la Turquie, qui devrait réaliser un niveau inégalé d’arrivées en provenance du Maroc.

Inflation et visas vont limiter les voyages des Marocains à l'étranger

Le 3 mai 2022 à 9h08

Modifié 4 mai 2022 à 16h00

Bloqués depuis deux années, les Marocains peuvent désormais voyager à l’étranger. Mais, selon plusieurs voyagistes, le durcissement des conditions d’obtention du visa Schengen et l’inflation mondiale ne profiteront qu’à la Turquie, qui devrait réaliser un niveau inégalé d’arrivées en provenance du Maroc.

Selon Khalid Benazzouz qui préside l’association des agents de voyages de la région Casablanca-Settat, avec la fin de la crise et le classement du Maroc en zone verte, ne nécessitant plus de contrôle aux frontières internationales, les Marocains devraient être nombreux à partir en vacances à l’étranger.

"Le maintien du test PCR encouragera les séjours en Espagne, mais…"

"Dès la fin du Ramadan, les nationaux vont commencer à se renseigner pour aller en Espagne et en France durant les vacances scolaires, mais le maintien du test PCR, qui coûte en moyenne 80 euros par personne, va en décourager une partie qui devra, s’il n’est pas levé entre-temps, le présenter au retour."

"Sachant que son coût financier n’est pas négligeable pour une famille de quatre personnes et que le résultat négatif de ce test n’est pas exigé par voie maritime, cela devrait certainement encourager les séjours touristiques vers l'Espagne qui est proche des côtes marocaines, mais il y a toujours un problème de visa."

"En effet, malgré le récent rapprochement politique du Maroc et de son voisin ibérique, nos clients font toujours face à des délais de rendez-vous longs pour déposer leur dossier de visa, sans compter qu’il y a de plus en plus de rejets inexpliqués ou injustifiés pour un pays comme la France."

« La destination turque va profiter des difficultés d’obtention du visa Schengen »

"A partir de là, la Turquie, sans visa pour les Marocains et qui avait déjà le vent en poupe avant la crise sanitaire, va largement profiter de cette situation qui décourage un nombre important de nos vacanciers. Située au carrefour de l’Europe et de l’Asie, cette destination offre en plus l’avantage d’être proche du Maroc et, surtout d’être très abordable au niveau des prix de transport aérien, d’hébergement, de shopping..."

"En effet, après deux années de quasi-confinement dans nos frontières, les gens ont très envie d’aller ailleurs même si, à titre personnel, je leur recommande les destinations marocaines qui sont très bien parties pour faire le plein aussi bien dans le Sud, le Nord et l’Oriental dans la station balnéaire de Saïdia », conclut Benazzouz. Il ajoute que malgré la crise internationale et l’inflation qui frappent leur pouvoir d’achat, « les nationaux se débrouilleront d’une manière ou d’une autre pour financer leurs vacances ».

« La crise a lessivé financièrement les nationaux souhaitant voyager à l’étranger »

Moins optimiste sur un rush des séjours marocains à l’étranger, l’ancien vice-président de la CNT, Fouzi Zemrani, pense que « les nationaux ont été lessivés financièrement par deux années de crise ».

"Ceux qui ont des moyens financiers partiront certainement à l’étranger, mais ils ne seront pas si nombreux, car les Marocains sont exténués et n’ont pas d’argent pour voyager comme avant la crise. De plus, comme il est très probable que les écoles ne fermeront qu'à partir du 1er août, la majorité des familles ne pourront pas voyager durant le mois de juillet et auront un temps de vacances limité à celui d’août."

« L’inflation des billets d’avion limitera le tourisme des Marocains à l’étranger »

"Il ne faut pas oublier que la guerre en Ukraine, qui est en train de provoquer une incroyable inflation mondiale, aura bientôt de graves conséquences sur les départs internationaux de touristes marocains."

"Si ce conflit devait s’éterniser, les prix des billets pour aller dans les destinations favorites des Marocains qui sont encore abordables vont flamber", conclut Zemrani qui ne croit pas à une hausse significative des séjours étrangers de Marocains, sauf pour les classes aisées peu nombreuses.

S'il est vrai que l'inflation mondiale des prix de l'énergie pourrait renchérir le coût des séjours à l'étranger, la dépréciation du cours de la livre turque favorisera les arrivées étrangères en Turquie, notamment en provenance du Maroc.

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